Pas besoin de faire des kilomètres dans la plaine pour constater l’avancée des cultures. La campagne est verdoyante et les semis de cultures de printemps lèvent. Avec les pluies, excessives parfois, de cet hiver et les températures élevées du mois d’avril, les plantes ont pu pleinement se développer. Pourtant, les agriculteurs le reconnaissent, les pluies de début mai ont soulagé leurs esprits. « Elles sont tombées à point nommé, avoue Benjamin Collin, ingénieur Arvalis en Bretagne, où sont tombés 50 à 100 mm récemment. Les céréales à paille commençaient à souffrir du sec, là elles ont repris de la vigueur et les grains peuvent se remplir. » Le point sur l’état des cultures de 2026.
Céréales 2026, un bon potentiel
Des pluies qui auront permis de valoriser l’azote apporté un peu tardivement à cause du sec. Mais la période sèche était nécessaire pour assainir les cultures après une douche intense en février et mars. « Les agriculteurs ont pu faire des impasses sur le premier traitement fongicide, ajoute l’ingénieur. Mais la pression est de nouveau là, notamment avec la fusariose, la rouille jaune et la septoriose. » Une vigilance à apporter donc pour pouvoir conserver le potentiel de la récolte.
« 80 % des surfaces de céréales à paille françaises sont dans de bonnes voire très bonnes conditions, estime Abir Mahajba analyste chez France Agrimer lors d’une conférence à la mi-mai. Le potentiel est davantage contrasté dans le Sud-ouest. Dans certains endroits, les céréales ont tout de même pâtis du sec. Les pluies y sont arrivés trop tard et ont subit un taux d’ensoleillement de plus de 50 % (contre 30 % d’habitude). » De quoi éviter un retard au développement des plantes. Début mai, 36 % des surfaces de blé étaient au stade épiaison, contre 12 % à date en moyenne.
L’état des cultures en 2026 : de bonnes conditions pour le maïs
Concernant les semis de maïs, ils ont été réalisés dans de bonnes conditions. « Le sec a permis aux agriculteurs d’épandre les effluents d’élevage, de préparer les sols, ou encore de récolter les dérobés en temps et en heure, explique Benjamin Collin. À ce jour, seuls quelques parcelles après CIVE ou dérobés sont encore à emblaver. Mais de manière générale, tout a été semé fin avril et en même temps. » Ce qui a permis de réduire la pression des ravageurs, des corvidés notamment. Les attaques ont été diluées. Les semis plus profonds, pour chercher l’humidité, ont rendu la tâche difficile. Seuls les sangliers font encore des ravages.
Les levées sont globalement homogènes. En Bretagne, toujours, les plantes ont tout de même souffert du temps froid de ces dernières semaines. Sans grand préjudice. La hausse des températures devraient faire repartir les plantes. « On note une avance de six jours dans les semis et les levées, fait remarquer l’analyste. Les récentes pluies ont sécurisés la levée et l’implantation des plantes. 86 % des surfaces emblavées sont dans de bonnes voire très bonnes conditions. » Le potentiel est là.
Recharge insuffisante
Pour l’heure, les agriculteurs devront chouchouter leurs cutures. « On note des attaques géomyze à certains endroits, a constaté l’ingénieur Arvalis. Le plus difficile reste de maîtriser les adventices. Avec le sec, les traitements en pré-levée contre les graminées n’ont pas toujours été efficaces, la pluie pourra peut-être arranger la situation. Si ce n’est pas le cas, il faudra se positionner en post-levée au risque d’être moins efficaces. » Il reste encore le désherbage mécanique mais il faut disposer de fenêtres météo propices et cela restera le dernier recourt pour lutter contre les graminées.
En tournesol aussi les conditions sont bonnes pour cette année. « Il n’y a pas eu de difficultés pour accéder aux parcelle et les semer mais le sol est resté motteux, annonce Terres Inovia dans une note. Les levées sont hétérogènes et propices aux ravageurs. » Toutefois, les pluies ont permis une levée rapide et ont limité les dégâts d’oiseaux.
Si la campagne s’annonce plutôt bonne pour les cultures, il faut rester prudent. « Le bilan hydrique reste très dégradé, annonce Abir Mahajba. Les récentes précipitations n’ont pas été suffisantes pour recharger les nappes. Leur évolution estivale reste très incertaine. On voit ici, les conséquences du changement climatique avec une accélération du cycle de l’eau. » En matière de météo, on passe d’un extrême à l’autre, avec la sécheresse de ces derniers jours par exemple et l’agriculture n’aime pas ça.
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