Ce n’est plus une impression, les chiffres l’attestent, les prix des presses haute densité en cuma ont bondi ces dernières années. L’importance donc, de bien les rentabiliser. “Depuis 2018, les données des cuma de Bourgogne Franche-Comté le prouvent, l’inflation est estimée à 40 %, lance Richard Wylleman, conseiller agroéquipement à la chambre d’agriculture de l’Yonne. Ainsi, à ce jour, il faut compter en moyenne 147 000 euros pour une presse à balles 70 X 120 et 175 000 € pour une 90 X 120.”
Presses haute densité en cuma, quelle stratégie pour les rentabiliser ?
En six ans, le prix de la première a progressé de 45 000 € tandis que pour la deuxième, c’est de près de 49 000 €. “Selon les marques, les options et les modèles, on peut constater une variabilité du prix avoisinant les 50 000 €”, estime le conseiller. La dimension de la presse impacte également le prix d’achat. “Là, il faut raisonner sur le chantier dans sa globalité, poursuit-il. La taille et le poids du ballot vont impacter le nombre de trajets de transport notamment.”
Ce sont souvent le résultat de choix commerciaux. Et les options qu’on propose aux agriculteurs sont aguicheuses :
- Pesée automatique ;
- Cartographie des rendements ;
- Isobus ;
- Avancement automatisé au flux de matière ;
- Hachage ;
- Éclairage led ;
- Type d’essieux ou de freinage…
Options mais pas gadget
“Toutes les options que présentent les commerciaux sont utiles, mais sont-elles utilisées massivement, interroge le conseiller. Sur un devis, on peut atteindre les 27 000 € supplémentaires très facilement. Dans tous les cas, on ne reviendra pas en arrière, les prix resteront au minimum à ce niveau. C’est aux groupes de s’adapter et de bien dimensionner leurs achats.” Faut-il acheter une presse d’une grande marque avec moins d’options ou une moins grande marque et un peu moins dépouillée ? Là encore, les calculs doivent guider les groupes.
Alors face au concessionnaire, il s’agit de ne pas se louper… Et d’avoir réfléchi à sa stratégie en amont. Cela passe par une bonne définition des besoins du groupe, mais aussi par des calculs. Tout d’abord, il s’agit de déterminer le coût d’utilisation de la presse. Et ainsi définir la décote de ce matériel pour éviter les plus-values. “On remarque grâce aux données terrain que le matériel perd la moitié de sa valeur les cinq premières années, fait remarquer Richard Wylleman. Les cinq années suivantes, le taux s’établit à 25%.” Cependant, si la perte de valeur se réduit chaque année, elle se compense en partie par l’entretien et les réparations de la machine. Les autres charges que sont le remisage, les consommables, les frais généraux et financiers sont quasi stables. (cf. graphique ci-dessous)

Coûts d’utilisation d’une presse à haute densité selon son usage. (© Chambre d’agriculture de l’Yonne)
Pas plus de 4€/balle
En découle ensuite le plan prévisionnel d’investissement. “Le point de repère, c’est 4 €/ ballot, estime le conseiller. Hors traction, main d’œuvre et carburant. Au-delà, le prix devient trop onéreux et n’est plus attractif pour les adhérents d’une cuma.” Pour atteindre ce niveau de prix, il faut viser le plein emploi. Deux options s’offrent alors au groupe : entretenir la machine pour allonger sa durée de vie ou augmenter les volumes. Mais chacune des stratégies présente des risques économiques ou techniques.
Ainsi, pour une presse achetée neuve 175 000 € et utilisée sept ans, “à moins de 5 000 ballots pressés chaque année, le risque est économique, explique Richard Wylleman. C’est-à-dire que les prix de revient oscillent entre 6,2 et 12 €/botte. À plus de 9 000 ballots, il devient technique, les bottes sont peu onéreuses, certes, autour de 4 €, mais le coût de l’entretien et des réparations pèsent.” Pour cet exemple, l’objectif est de trouver le volume idéal pour l’utilisation conseillée de la machine et celui optimisé grâce à l’organisation.
Volume ou faire vieillir la presse haute densité en cuma ?
L’autre moyen de réduire les coûts est de faire vieillir la presse. “C’est plus facile à mettre en œuvre que de presser davantage de volume, admet le conseiller. Car réaliser plus de bottes implique souvent d’élargir la zone géographique, ce qui va impacter le débit de chantier, mais aussi avoir d’autres utilisateurs de l’outil.” Dans le même exemple, la décôte de la presse est de 20 % lorsqu’elle presse 42 000 ballots pendant 7 ans, mais elle peut diminuer à 14 % pour 45 000 ballots pendant 9 ans.
Toutefois, avant le renouvellement, il faut que le groupe soit dans la prospective. “Il faut prendre en compte qu’avec les nouveaux niveaux de prix, la hausse étant d’environ 62 %, il va falloir l’amortir d’une manière ou d’une autre, ajoute Richard Wylleman. Si le groupe renouvelle sa presse actuellement, sans modifier les volumes et la durée de détention, le prix de revient passe du simple, 3,93 €/ balle à presque le double, avec 6,20 €/balle.” Là, c’est au groupe se déterminer la meilleure stratégie en mixant les deux options. (voir tableau)
Comparer les stratégies adéquate à l’utilisation de la presse (© Chambre d’agriculture de l’Yonne)
Saisir l’occasion
Par ailleurs, une autre opportunité peut s’offrir au groupe. L’achat d’occasion. Dans ce cas, pour Richard Wylleman, “il faut prévoir des coûts d’entretien plus élevés et restreindre les volumes annuels, conseille-t-il. Par ailleurs, il faudra sûrement mettre un peu la main à la poche avant d’acquérir l’outil pour le remettre en état. Entre 5 et 6 000 euros peuvent suffire.”
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