Pour ce second épisode de Cum’apéro, Sébastien, le président, Franck et David nous ouvrent les portes de la cuma de Landelles. En 1964, cinq agriculteurs de la commune et des alentours décident de mettre leurs forces en commun. Le maïs vient d’arriver dans le secteur, personne ne peut s’équiper seul, et les entreprises agricoles ne sont pas encore au rendez-vous. La cuma de Landelles est née autour de l’ensilage, de la pulvérisation et du semi. De nos jours, la coma regroupe plus de 70 adhérents dans la polyculture élevage (laitier, porcin et volailles).
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Une histoire de famille à la cuma de Landelles
Soixante ans plus tard, certains noms de famille sont toujours présents « Mon grand-père était dans la cuma, mon père était dans la cuma, je suis dans la cuma, et j’ai même mon fils qui est rentré dernièrement. On est la quatrième génération. » déclare Sébastien.
Une anecdote qui en dit beaucoup sur l’ambiance de la cuma. Chaque année, elle organise au moins deux repas collectifs. En février, tous les adhérents, actuels et anciens, se retrouvent, à 80 personnes environ. L’organisation tourne entre générations, jamais le même groupe deux fois. Et après les moissons, un barbecue réunit toutes les familles !
Le matériel, une affaire sérieuse
La cuma de Landelles, c’est de la polyculture élevage :
- cochon ;
- volaille ;
- céréales.
Et le parc machine est à la hauteur. Six tonnes à lisier, réparties en deux groupes, toutes équipées en enfouisseur. Près de 90 000 mètres cubes par an sortent, porcs et bovins confondus. Six tracteurs complètent l’ensemble, utilisés par une douzaine d’adhérents réguliers.
Chaque machine a son responsable désigné. Ce n’est pas une règle anodine « Chaque matériel est géré individuellement, chaque matériel a un responsable de matériel. Ça, c’est primordial. » Précise Sébastien.
Si quatre adhérents s’engagent sur une machine pour 300 hectares et n’en font que 150, ce sont eux qui assument. « Ce sont les adhérents qui se sont engagés sur des surfaces qui sont obligés de mettre la main à la poche. » Pas question que les autres paient pour un engagement qu’ils n’ont pas pris.

La cuma de Landelles a un grand parc d’équipements avec plusieurs responsables. (©Entraid)
Une économie dynamique
Le chiffre d’affaires de la cuma reflète le dynamisme de ses activités : les tonnes à lisier comme le battage dépassent chacune les 100 000 €. Depuis 2015, la structure a franchi un cap en recrutant ses premiers salariés. Aujourd’hui, trois personnes sont employées, dont une secrétaire. Un quatrième poste se profile. « Il y a trop de boulot (rires)», résume Sébastien.
Pour la facturation, la cuma a mis en place un système malin : une facture annuelle établie en novembre, divisée en douze mensualités prélevées automatiquement. Avec des adhérents qui peuvent atteindre 100 000 € de facture annuelle, la souplesse est indispensable. Et si un prélèvement saute, on appelle avant que la situation ne se complique.
« Il faut quand même participer à la vie de la cuma »
Un jeune qui frappe à la porte de la cuma de Landelles ne se retrouve pas face à un mur de parts sociales et de paperasse. La première année, pas d’engagement financier : il essaie le matériel, prend ses marques, et la cuma l’observe. Une période de découverte mutuelle, en somme. Mais Sébastien est clair sur une chose : adhérer, ce n’est pas juste louer des machines. « La règle numéro un, ce n’est pas que de profiter du matériel. Il faut quand même participer à la vie de la cuma. Est-ce qu’à l’avenir, tu peux être responsable de matériel ? Est-ce que tu es prêt à rentrer dans le conseil d’administration ? »
L’idée, c’est que chaque nouvel arrivant trouve sa place dans le collectif, pas seulement dans le planning de chantier. Certains jeunes prennent des responsabilités rapidement, d’autres plus tard. L’essentiel, c’est de ne pas rester spectateur.
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