Le soleil et la chaleur alsacienne, inhabituelle du mois de mars, a accueilli la centaine de cumiste de la région qui se sont déplacée pour le traditionnel évènement Bouge ta cuma. Cette année, le rendez-vous avait lieu au lycée agricole d’Obernai. Pour l’occasion, huit cuma se sont dévoilées. Le parcours, nous a mené vers quatre d’entre elles.
La cuma de l’occasion
Premier arrêt au stand à la cuma de Condé située dans les Ardennes. Cette cuma a la particularité de proposer à ses adhérents un service d’atelier chiffré à 25 €/h. Une vraie réussite. « Nous avons deux bâtiments qui hébergent tout le matériel nécessaire à la conduite de nos exploitations, explique Luc Duthoit, son président. Il abrite deux mécanos assez polyvalents. »
Avec cette stratégie, la cuma a décidé de ne plus acheter de matériel neuf. « Ca nous arrive même d’acheter du matériel en panne que nos salariés réparent », avoue le président. Tout est remis en état, que ce soit un tracteur, un outil de travail du sol ou encore une presse. Certains de leurs tracteurs ont même atteint les 11 500 heures.
Être plus autonome
Car pas d’excuse, le matériel doit tourner. Pour certains outils où la panne pénaliserait trop le groupe, la cuma a des outils pour pièces détachées ou qui peuvent encore travailler malgré leur vétusté. « Lorsqu’une machine est en panne, on peut la réparer rapidement, sans attendre le mécano de la concession, précise le président. Si cela demande trop de temps, l’adhérent peut en utiliser une autre. Et finalement, quand on regarde la facture, on se dit que ce n’est pas cher ! » En contre partie, les matériels ne sont pas tous équipés du dernier cri.
Les occasions, c’est Luc Duthoit qui les cherche. Il privilégie les mêmes modèles de tracteur et préfère en acheter un de cinq ans qui a 2 000 heures, plutôt qu’un âgé de 10 ans et n’ayant travaillé que 3 000 heures. « On amorti le matériel aussi longtemps que du neuf, lance Luc Duthoit. Si bien, qu’avec la carburant inclus, on arrive à des tarifs compris entre 30 et 45 €/h. En plus d’être peu onéreux, on a davantage de matériel, ce qui permet de donner de la disponibilité aux adhérents. » C’est un choix stratégique assumé par les adhérents.
La cuma de presses
La cuma du Flambard, située en Haute-Marne, a quant à elle brossé une rapide présentation de son groupe. Son activité principale : les chantiers de pressage qui représentent environ 100 000 euros de chiffre d’affaires. Pour cela, le groupe s’appuie sur trois presses qui ensemble réalisent entre 25 et 30 000 balles carrés chaque année. « Ce sont trois presses du même modèle, chacune a un responsable qui gère l’entretien de la machine, nous le faisons nous-même. D’ailleurs, tous les ans, les presses sont révisées avant le coup de bourre, explique Hervé Larché, président. Il y a un chauffeur par presse, c’est souvent un adhérent. Les trois agriculteurs se dispatchent les parcelles selon le planning. »
Les presses sont utilisées pour le foin, à raison de 12 000 balles en moyenne chaque année et en enrubannées pour 2 à 3 000 balles. Pour la paille, avec 15 000 balles par an, la cuma a la particularité de se fournir assez loin, à une cinquantaine de kilomètres. « Chaque presse sort entre 60 et 100 ha par jour, soit environ 1 000 balles, compte le président. Il faut compter environ 4 €/balle sans le tracteur, le carburant et la ficelle. » Le groupe a choisi de renouveler les presses lorsqu’elles atteignent les 50 000 balles au compteur, soit tous les cinq ans environ.
La cuma qui se redynamise
La cuma du Verbach située en Moselle, regroupe neuf exploitations. En pleine transition dans sa gouvernance, elle subit le renouvellement des générations de plein fouet. Centrée sur la fenaison, les responsables peinent à ouvrir le groupe pour accueillir la nouvelle génération. « C’est vrai que c’est tout de même pratique d’avoir son propre matériel, estime Guillaume Barbier, le président. Mais qu’est ce que ça coûte cher ! »
La cuma est depuis quelques temps en pleine réflexion. « On tourne en rond, avoue Nicolas Monier, le trésorier. Si nous ouvrions notre groupe, si on accueillait des jeunes , cela apporterait une nouvelle vision, du dynamisme au groupe. Nous aurions besoins de nouveaux outils, de projets pour faire avancer la cuma et la rendre attractive. » Seulement, pour le moment, les adhérents de longue date restent réticents. Le changement de génération s’opère doucement à la cuma du Verbach.
La cuma du mélange
La cuma des prés verts, située dans le Bas Rhin, dispose de deux activités structurantes. La première est destinée aux éleveurs du groupe, une dizaine. « La cuma a investi dans une mélangeuse qui travaille 6j/7 de septembre à mai et 7j/7 le restant de l’année, explique Matthieu Litt, le président. Celle-ci distribue l’alimentation aux vaches des élevages dans un rayon de 10 km. » Pour faciliter son utilisation, la cuma a embauché un salarié qui travaille à 80 %. Le reste du temps, ce sont trois adhérents qui se répartissent la tache. « Nous avons voulu embaucher un second salarié mais ça n’a pas fonctionné, regrette le président. Nous n’avions pas bien défini nos besoins, nous n’étions pas prêts. »
L’autre partie des adhérents de la cuma des prés verts se concentre sur les activités autour du travail du sol, du semis direct, de la fenaison et de l’épandage d’effluents. « Nous avons acheté un tracteur ensemble afin de fluidifier les chantiers de semis direct principalement », précise Matthieu Litt.
GIEE en bonus
Depuis trois ans, une partie des adhérents se retrouve dans un GIEE. Ils consacrent leurs études à limiter leur utilisations d’intrants, sur la vie du sol, le désherbage mécanique et l’emploi partagé. Des sujets qui leur ont permis d’analyser leurs sols, de définir leurs besoins en matériel et de comparer les machines, entre autres.
« Nous avons investi dans un scalpeur, une herse rotative et deux bineuses, liste le président. Avec ce groupe de huit adhérents, nous avons acquis de nouvelles connaissances sur le nos sols et nous pouvons adapter nos usages de matériels à ce qui est nécessaire. »
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :





