Renouvellement difficile pour l’ensileuse de la cuma du Mont d’Houdain

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Renouvellement difficile pour l’ensileuse de la cuma du Mont d’Houdain

La cuma du Mont d'Houdain ensile chaque année 350 ha de maïs avec une machine Krone BigX 530. Cependant, elle ne récolte pas assez de surfaces, pour le moment, pour permettre un renouvellement sans une hausse du coût de revient. © LD

La cuma du Mont d'Houdain cherche à renouveler son ensileuse de sept ans d'âge. Mais l'activité reste incertaine et la hausse des tarifs semble inéluctable.

Les devis sont encore sur la table pour le renouvellement d’une ensileuse en cuma. Tout est chiffré mais le groupe d’une quinzaine d’adhérents de la cuma du Mont d’Houdain, dans le Pas-de-Calais, n’a pas encore franchi le pas. Pour cause, l’activité ensilage à la cuma reste incertaine.

Objectif : renouvellement d’une ensileuse en cuma sans augmenter le coût de revient

Chaque année, l’ensileuse Krone BigX 530 achetée il y a sept ans récolte environ 350 ha de maïs. Si ce chiffre fluctue selon l’assolement des éleveurs, le volume reste relativement stable. Stable, mais limité pour assurer la pérennité du groupe. “Le groupe a tenté d’augmenter les volumes en proposant d’investir dans une coupe pour l’herbe, explique Antoine Huk, salarié de la cuma mais aussi chauffeur attitré de l’engin. Mais, le groupe n’aurait eu que 80 ha supplémentaires. » Pas assez pour rentabiliser l’effort.

Au delà de la typologie des fourrages, c’est l’avenir de l’élevage dans ce secteur et le renouvellement des générations qui est au coeur de la stratégie. « Il y a deux exploitations qui seront cédées dans les prochaines années, poursuit le chauffeur. L’un apporte environ 25 ha, tandis que l’autre 30 ha. C’est 50 ha qui pourraient potentiellement disparaitre. » Même si l’un d’entre eux poursuit son activité avec un élevage allaitant, seul la moitié des surfaces, soit 15 ha, seront ensilés.

Tasser à sa charge

Autre moyen d’augmenter les surfaces, l’activité de méthanisation. « Nous y avons bien pensé et même proposé nos services, se souvient Antoine Huk. Mais les agriculteurs ont préféré sollicité un jeune agriculteur qui se lance dans les travaux pour tiers. C’est bien, ils le soutiennent et il le faut, mais ça n’aide pas notre groupe. »

La solution serait d’attirer de nouveaux adhérents. Toutefois, selon le chauffeur, un point peut les freiner : le silo. « Je pense que si nous proposons l’activité d’ensilage avec le tracteur et le chauffeur pour tasser le tas, cela effrayerait moins les potentiels adhérents, estime t-il. De nombreuses prestations proposent l’ensemble. Les agriculteurs n’ont pas tous déjà tassé un tas. »

Projet reporté à cet hiver

En attendant, le groupe n’a pas le choix que de laisser vieillir son ensileuse. « On laisse les devis sur le côté et on se repenchera dessus cet hiver« , ajoute le président Patrick Galiot. Il n’y a pas d’urgence, avec 350 ha chaque année, la machine peut encore réaliser quelques campagnes. » Ce n’est pas une mauvaise chose pour son chauffeur qui affectionne la machine et la conduit depuis quatre campagnes. « Contrairement aux autres marques, la Krone coupe un peu moins bas les tiges de maïs, explique t-il. Ce sont les becs inclinés qui l’en empêche. En revanche, quand le maïs est versé, c’est plus facile. »

L’ensileuse est également équipée d’autoguidage, et de l’autoscan. Un système qui permet à la machine de définir la longueur des brins et l’éclatement des grains selon les conditions. Les adhérents ont également choisi l’option d’incorporation de conservateur dans l’ensilage.

Connaître sa machine

Un équipement mais aussi un entretien régulier qui facilite son utilisation. Peu de frais y sont consacrés. « Tous les ans, elle retourne à la concession en fin de saison pour bien l’hiverner et anticiper les changements de pièces, raconte Antoine Huk. Au printemps, je m’attèle à la révision et l’entretien avec l’aide du mécano de la concession. On peut changer les couteaux par exemple, certaines toles ou des courroies. Ca m’aide à bien connaître ma machine. » Et ca marche. Parfaitement à l’aise, Antoine Huk prend soin de la BigX. « Chaque jour je fais le plein de GNR, je graisse le cardan, rempli le bocal de graisse car le graissage est centralisé, j’affute les couteaux et les contre couteaux et fait attention à l’aspect visuel. »

Si le chauffeur apprécie l’ensileuse et que les adhérents également, ils n’excluent pas de choisir une autre marque. Celle-ci décote un trop rapidement à leur goût. « On s’était renseigné sur d’autres modèles, le groupe était même parti sur une Claas Jaguar, précise Antoine Huk. Equipée à l’identique avec l’option d’aide au remplissage avec une caméra à la goulotte. Mais le manque de volume les a freiné. »

Equité malgré le parcellaire

D’autant qu’il y a peu de concurrence sur le marché des ensileuses. « Les valeurs de reprise et d’achat sont sensiblement identiques quels que soient les concessionnaires, regrette le président. Les ensileuses valent toutes à peu près 300 000 € quand il y a sept ans, c’était 250 000 €. » Sans compter les taux d’intérêt qui progressent et pèsent davantage dans les investissements.

En effet, il est difficile à l’heure actuelle de renouveler une ensileuse sans impacter le prix de revient, tout en conservant les mêmes volumes. À la cuma du Mont d’Houdain, il faut compter 125 €/ha ensilé auxquels s’ajoutent 55 €/h de rotor. « C’est une manière d’être équitable selon les parcellaires des adhérents ou leur organisation.

Tout le matériel suit

« À un débit de 2 ha/h, cela équivaut à 25 €/ha, soit un total de 150 €/ha, GNR compris, calcule Antoine Huk. À ce prix il faut ajouter le tassage, avec l’utilisation du tracteur de la cuma, soit 20 €/h et et de la lame à 50 € par jour pour la lame. » C’est sans compter la main d’œuvre. Les heures d’Antoine Huk consacrées au chantier sont relevées et facturées. Quant à celles effectuées pour l’entretien, elles sont dispatchées au prorata des surfaces ensilées.

Pour le transport, une benne de la cuma de 21 tonnes est ajoutée au chantier. Elle est facturée 1 €/km. Le tassage avec le tracteur de la cuma est facturé 21 €/h auxquels s’ajoutent le coût de la lame de 50 €. Quant à la conduite des bennes, la cuma s’appuie sur une banque d’entraide. « C’est un avantage pour éviter de payer trop cher et cela rend les coups de main pus équitables et transparents, lance Patrick Galiot. Tout mis bout à bout, le maïs rendu silo coute environ 200 €/ha. »

Souplesse et disponibilité

Un prix compétitif et qui apporte quelques avantages. « Nous sommes dans un environnement semi-urbain, nous devons prêter attention à nos voisins, estime le président. Grâce au chantier d’ensilage en cuma, nous avons de la souplesse et de la disponibilité. Ce qui nous permet de ne pas travailler lorsque les conditions ne sont pas optimales. Comme lorsque les terres sont grasses afin d’éviter de salir les routes par exemple. »

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