Eric “En ce moment, je n’ai pas trop le moral”

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Eric “En ce moment, je n’ai pas trop le moral”

Le moral agricole est un sujet peu mis en avant. Pourtant, Eric Noguès, éleveur à Uglas se livre sur une situation actuelle compliquée. ©Entraid Médias

Éleveur dans les Hautes-Pyrénées et président de la cuma des Bandouliers, Éric Noguès encaisse depuis plusieurs semaines une sécheresse qui rogne ses cultures et fatigue son troupeau. Manque de pluie, administration qui multiplie les contrôles et un moral en berne, portrait d'un agriculteur qui tient, mais qui ne cache plus rien de son épuisement.

Depuis le début de l’été, le sud-ouest n’a reçu presque aucune goutte de pluie. Sur l’exploitation, il faut faire avec. « On voudrait aller dans les champs ! Mais bon, ce n’est pas la peine de vouloir être plus fort que le temps parce qu’on n’y arrivera pas », résume Éric Noguès. Une philosophie qui sonne comme une résignation lucide, celle d’un homme qui sait qu’on ne négocie pas avec le climat. « Il faut attendre que la météo soit propice pour aller travailler et faire tout ce qu’il y a à faire. Par contre, on va tout avoir à faire en même temps », prévient-il avant les chantiers automnaux. Éric Noguès témoigne sur le moral des agriculteurs.

Le témoignage d’Eric Noguès sur le moral agricole en vidéo

« On est trop cadenassés par tout le monde »

Entre la hausse du prix du GNR et des récoltes en berne, le constat est sans appel : le ras-le-bol général pour Eric. « En ce moment, je n’ai pas trop au moral », admet-il sobrement, avant de penser à ceux qui viennent après lui : « Vendre du rêve à des jeunes pour reprendre des fermes, ce n’est pas une solution non plus. Ça se complique, et ça va être de plus en plus dur. Le temps ne se prête pas, et la politique actuelle ne s’y prête pas non plus. On ne peut pas dire que ça brille franchement. ».

Pourtant, aucune amertume définitive dans ses mots. On y retrouve plutôt de la lucidité d’un homme qui a vu le métier changer. « On est trop cadenassés par tout le monde. Il y a 35 ou 40 ans, on ne produisait pas à outrance » conclut l’agriculteur. Pour lui, seul l’avenir lui dira ce qu’il va se passer.

« On paye pour les autres des fois. »

Au-delà du climat, c’est un autre poids qui use le moral : l’administratif et les contrôles. Ces derniers jugés incessants et parfois absurdes. « J’ai été contrôlé au mois de juillet alors que normalement on n’aurait pas dû. C’était sur l’identification des bêtes, on avait autre chose à faire que compter les vaches au fond du pré. Moi ça m’énerve, ça.»

Une colère qu’il nuance aussitôt, refusant la généralisation facile : « Il y a des gens bien et d’autres pas. On paye pour les autres des fois. » Une phrase courte, qui résume à elle seule, l’exaspération d’une profession qui a le sentiment de porter les manquements de quelques-uns.

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