« Hier on a fini à 2 heures du mat, on n’a pas eu le temps de regarder le match », lance Vincent Lemaire, chauffeur de la moissonneuse-batteuse de la cuma des Quatre saisons. Egalement président de la cuma, Vincent Lemaire n’en est pas moins amateur de foot. La preuve avec les drapeaux qui flottent au-dessus de la cabine de son tracteur. « C’est vrai qu’on pourrait finir plus tôt et s’arrêter, mais on a gardé nos habitudes. » Celles de ne pas s’arrêter mais aussi de faire des grosses journées, qui s’achèvent par un barbecue avec les adhérents. « L’ambiance est sympa et les chantiers avancent bien« , admet une adhérente qui conduit la benne. Alors à la cuma des Quatre saisons, on conserve les habitudes, les bonnes comme les moins bonnes.
Moisson non-stop même avec de l’avance
Pour avancer, les chantiers, ils avancent. À 3 ha/h non-stop. Pas de pause casse-croûte et changement de parcelle le plus rapidement possible. « Chaque adhérent vient sur le chantier avec une benne et un tracteur, précise le président de la cuma. Les heures passées à la moisson sont comptabilisées dans une banque d’entraide. On essaye de se rendre des coups de main pour ne pas avoir à facturer nos heures. Le but n’est pas de gagner de l’argent. » Vincent Lemaire conduit les moissonneuses de la cuma depuis 35 ans. Il laisse volontiers sa place à son fils mais juste le temps du casse-croûte.
Sur les 150 ha que doit battre la machine, il n’en reste plus que 50. « Après, la machine va prêter main-forte dans un autre secteur, à 10 km de là, explique Vincent Lemaire. Nous finissons bien souvent avant eux. Du coup, notre machine moissonne environ 200 ha. » Contre en moyenne 150 pour les trois autres machines de la cuma. « On s’est réparti la quinzaine d’adhérents en quatre sections, explique le président. Chacune gère une moissonneuse et les chantiers. »
– 20 % de rendement
Quel que soit le groupe, les machines sont plutôt récentes et de même calibre. La plus récente est une John Deere, T660 avec une coupe de 7,5 mètres, qui fait sa deuxième campagne. Les deux autres, une New Holland CX 8,70 et la Claas Tucano 440, ont respectivement des coupes de 7,5 et 6,2 mètres et sont âgées de 3 et 5 ans. « La Claas Lexion 6600 que je conduis fait sa quatrième campagne, annonce le chauffeur. Nous essayons d’en renouveler une chaque année pour éviter les pannes ou des frais d’entretien trop élevés. Mais avec la hausse des prix, c’est de plus en plus compliqué. » Chaque groupe choisit la machine qu’il veut conduire avec un budget établi auparavant. Dans ce groupe, c’est la qualité de la paille rendue qui prime.
En ce 10 juillet, si le chantier se déroule comme d’habitude, ce n’est pas le cas pour la météo. « On ne moissonne que très rarement à cette date, se remémore Vincent Lemaire. Les blés sont mûrs, il faut y aller. » Une précocité au détriment des rendements ? Certainement. Le groupe est un peu déçu. Les techniciens de la coop où livrent les adhérents également. « Ici les rendements oscillent entre 88 et 103 q/ha, annonce Vincent Lemaire. C’est 20 % de moins. En revanche, le PS est autour des 79 et 84 et les taux de protéines plutôt élevés, entre 10,5 et 12 %. Ce sont les derniers coups de chaud qui ont abîmé la plante. Le potentiel était là mais on a fait les amendements nécessaire. Mais qu’importe, on a perdu 20 quintaux en fin de cycle. »
De la paille en quantité
Une maturité qui s’est faite au détriment des grains. Ce qui a surpris les agriculteurs du secteur. Le point positif, c’est l’absence de maladies et une réduction de l’utilisation de fongicides. Pour ce qui est de la paille, elle est mûre ou encore légèrement verte. C’est selon les variétés. « Elle est bien mieux que l’année dernière, reconnaît l’agriculteur. On estime le rendement à 3,5 t/ha. Si on bat la nuit, la paille n’est que meilleure. »
Outre ces résultats, rien ne change vraiment dans ce groupe. « Chaque année avant la moisson, on fait le tour des parcelles pour connaître la maturité des grains, explique le chauffeur. Ensuite, on essaye de moissonner chez l’un ou chez l’autre selon le pourcentage d’avancement de sa récolte. Ça nous permet d’être à peu près équitable. « Mais en fait, les tours n’évoluent pas beaucoup d’une année sur l’autre. La cuma des Quatre saisons tient à ses habitudes.
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