Top 1. Anticiper la température du tas
La phase de refroidissement de la pomme de terre représente 40 % de l’énergie totale utilisée lors du stockage. C’est une phase importante qu’on peut essayer de maîtriser dès la récolte. En effet, en réalisant le chantier dans des conditions fraîches, la demande en énergie pour refroidir le produit sera amoindrie. “Il faut éviter les heures chaudes pour avoir une température initiale la plus basse possible, rappelle Jean-Yves Moreau, ingénieur chez Arvalis. En réduisant d’un degré les pommes de terre récoltées, on réduit de 2 % les besoins énergétiques.”
À cela s’ajoute la nécessité d’ajuster la température au débouché de la pomme de terre. “Il ne faut pas se tromper mais il s’agit ici de ne pas refroidir inutilement une pomme de terre destinée au marché de l’industrie, illustre l’ingénieur. En revanche, pour le marché du frais, la qualité visuelle doit être irréprochable. On aura donc tendance à maintenir une température plus fraîche.”
Top 2. Gérer les fuites
Ça paraît logique, mais il peut être bon de le rappeler : la première perte d’énergie se fait au niveau des ouvertures. “Il faut maintenir les portes fermées le plus possible, précise l’ingénieur. Encore plus s’il y a du passage. Pour cela, il peut être efficace d’investir dans des ouvertures automatiques. »
Par ailleurs, il peut être bon de traquer les fuites d’énergie. Pour cela, il y a l’utilisation des caméras thermiques. Mais d’un simple coup d’oeil, l’agriculteur peut aussi distinguer une fuite grâce au jour qui pénètre. « Les jonctions entre les plaques d’isolants sont les fuites les plus fréquentes », ajoute l’ingénieur.
Top 3. Varier le débit de l’air injecté
En adaptant le débit de l’air injecté dans le bâtiment, l’agriculteur est capable de faire des économies d’énergie. “On peut imaginer que l’agriculteur utilise un gros débit lors de la phase de séchage et de cicatrisation, préconise Jean-Yves Moreau. C’est une phase énergivore car on a besoin de sortir l’eau de la terre qui se trouve autour du tubercule. En revanche, lorsque cette phase est achevée et que la température est atteinte, on peut réduire le débit de l’air. Tout en maintenant une température correcte.”
Il existe aussi des variateurs de fréquence qui sont adaptés pour les groupes froids ou pour les ventilateurs. L’objectif, avec ces variateurs de fréquence, est d’ajuster le débit de l’air injecté dans le bâtiment selon les conditions climatiques extérieures. “En ne baissant pas trop rapidement la vitesse de brassage, on s’adapte aux besoins du tubercule, ajoute l’ingénieur. Pour avoir un ordre d’idée, en abaissant de 20 % la vitesse, on peut estimer le gain d’énergie autour des 40 %.”
Top 4. S’équiper d’une ventilation mixte
Entre choisir un système de brassage d’air avec des volets ou un groupe froid, les calculs ne sont pas si faciles. “Avec un groupe froid, on peut saisir des opportunités de marché, explique Jean-Yves Moreau. Mais c’est aussi un investissement qui ne permet pas de profiter des fenêtres de températures extérieures fraîches.”
A contrario, l’utilisation de ventilateurs est très dépendante des conditions météo. Le risque même s’il est de courte durée est présent. “En utilisant des systèmes d’aération mixte, l’agriculteur peut cumuler les avantages des deux techniques, fait remarquer l’ingénieur. Et ainsi espérer faire des économies d’énergie. Cependant, il faut bien calculer les retours sur investissements.”
Top 5. Produire son énergie et la consommer
C’est une autre paire de manches. Mais c’est une piste à étudier, surtout lors de la construction d’un bâtiment. “Le problème réside dans le fait que la production d’énergie ne correspond pas toujours aux pics de consommation, fait remarquer l’ingénieur Arvalis. Mais des solutions existent.” À l’image notamment d’un logiciel nommé Klimanager. Ce dernier permet d’optimiser la consommation et la revente d’électricité selon les prévisions météo. “Il permet d’affiner les stratégies de mise en route et en arrêt des groupes froids”, précise Jean-Yves Moreau.
Dès la conception, bien choisir son isolant
D’un isolant à l’autre, les perditions peuvent être plus ou moins importantes. “Une bonne isolation permet de limiter les transferts de chaleur vers le milieu extérieur et limitera les besoins de refroidissement, explique Jean-Yves Moreau. En passant d’un polyuréthane de 6 à 8 cm, on peut espérer économiser 24 % d’énergie. De 8 à 10, c’est 19 % supplémentaires et de 10 à 12 cm, ce chiffre s’élève à 16 %.”
Astuce : Bien négocier son contrat d’énergie
C’est peut-être là le premier poste d’économies d’énergie. Les contrats évoluent souvent. Il peut être judicieux de négocier son contrat. “Il existe des offres de délestage qui peuvent convenir à l’activité de stockage, illustre Jean-Yves Moreau. Attention toutefois, à ne pas altérer pour autant la qualité du tubercule.”
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