Semoir monograine : 10 façons de le rendre plus polyvalent

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Semoir monograine : 10 façons de le rendre plus polyvalent

Lors de l'achat ou sur un outil en service, il est possible d'équiper son semoir monograine pour gagner en polyvalence. (©Entraid)

Des équipements existent pour améliorer la polyvalence de son semoir monograine, qu'il soit neuf ou en service.

Les attentes des agriculteurs vis-à-vis de leur semoir monograine évoluent. Diversification des cultures, augmentation des surfaces, du nombre de types de sols et d’itinéraires techniques… Le semoir qui convenait hier peut ne plus satisfaire aujourd’hui. De quoi considérer toutes les configurations possibles pour qu’elles collent au cahier des charges dans le cadre d’un achat imminent. Et si une acquisition n’est pas à l’ordre du jour, bonne nouvelle : il est possible de faire évoluer son semoir de précision, même s’il affiche de nombreux hectares au compteur.

1/ Exploiter la distribution de son semoir monograine

En matière de sélection des graines, le semoir monograine à distribution pneumatique affiche une grande polyvalence. Il peut aller bien au-delà du seul semis de maïs ou de betterave. Encore faut-il disposer des disques semeurs adaptés.

Sorgho, silphie, féveroles, courges, les constructeurs proposent de nombreux types de disques. Petite mise en garde cependant : s’assurer que la turbine du semoir soit capable de suivre le rythme.

Par exemple, certaines souffleries adaptées à du maïs à 100 000 grains/ha peuvent être insuffisantes pour du soja à 500 000 gr/ha. Un changement de turbine pourrait alors être requis.

Semoir monograine Kuhn Maxima 3 TS photo detail

Les disques semeurs du marché permettent aux boîtiers de distribution pneumatique de sélectionner jusqu’à plusieurs dizaines de types de semences. (©Entraid)

2/ Jouer avec les écartements

Il est possible de trouver de la polyvalence avec un châssis à interrangs fixe. Dans la moitié Nord, une pratique consiste à semer betterave, colza et maïs à 50 cm. AuSud, l’inter-rangs fixe sera davantage de 60 cm. Dans les deux cas, l’avantage est de mutualiser des frais de mécanisation au semis comme au binage.

Parfois la difficulté à franchir le pas dépend des équipements de récolte. Parce qu’il admet plus de souplesse, le châssis indexable bénéficie d’une polyvalence accrue. Certes, cet avantage se paie : compter 15 à 20 % de plus à l’achat par rapport à un châssis à écartement fixe. Toutefois, varier les inter-rangs et les nombres de rangs semeurs élargit la plage de cultures et d’itinéraires possibles.

Un avantage pour diversifier des débouchés et des rotations. Un avantage aussi pour une cuma, l’inter-rangs fixe étant susceptible de ne pas convenir à tout le groupe.

Sky Agriculture Sonic

Varier les écartements entre éléments et le nombre de rangs augmente la polyvalence des semoirs monograines, notamment en cuma. (©Sky Agriculture)

3/ S’affranchir des résidus de surface

Augmenter la polyvalence du semoir monograine implique parfois de l’utiliser sur des itinéraires techniques plus variés. Le simple chasse-mottes provoque vite un « effet râteau » en présence de résidus végétaux. Les chasse débris rotatifs les écartent des sillons sur des préparations sans labour, ainsi que les mottes.

En forte présence de résidus, un disque de pré-découpe placé devant les organes de mise en terre sera pertinent.

chasse débris rotatif

Plus chers à l’achat que les chasse-mottes, les chasse-débris rotatifs sont plus polyvalents. (©Terres Inovia)

4/ Assurer la profondeur de semis

Semer sur des préparations grossières peut perturber la stabilité de l’élément semeur. Un phénomène qui compromet la régularité de profondeur de semis, critère primordial pour la dynamique d’émergence.

Sur certains modèles, il est possible d’opter pour un amortisseur d’élément à l’achat (Monosem), ou d’ajouter des ressorts d’appui complémentaires pour quelques dizaines d’Euros par rang.

Precision Planting propose de monter une solution plus sophistiquée sur des semoirs en service, le DeltaForce. Selon la consigne de l’utilisateur et les informations remontées par des capteurs, le circuit hydraulique alimente un vérin placé dans le parallélogramme pour garder la bonne profondeur de semis. Monter cet équipement sur son semoir coûte environ 500 € par rang. De nombreux constructeurs proposent cette solution sur semoirs neufs.

élément Monosem reconditionné avec équipements Precision Planting

Le système DeltaForce de Precision Planting régule la pression de l’élément semeur grâce à un vérin dans le parallélogramme, pour maintenir la profondeur de semis. (©Precision Planting)

5/ Fignoler le contact terre-graine de son semoir monograine

À l’achat comme en rééquipement, des accessoires accentuent le contact entre sol et graine. Ils consistent en une roue de rappui dans la plupart des cas, voire en une languette. Elles augmentent significativement le ratio et la vitesse des levées, surtout pour les petites graines (type colza, betterave) et les légumineuses.

roue Pro semoir monograine Monosem NG+4

Les roues de rappui améliorent le placement des graines et la dynamique de levées. Elles sont fortement conseillées sur petites graines et légumineuses. (©Entraid)

6/ Fermer tous les sillons

Si l’on diversifie les conditions d’utilisation du semoir de précision, mieux vaut s’assurer de la bonne fermeture de la ligne de semis en toutes circonstances. Outre le réglage de pression des roues de fermeture, des constructeurs proposent des blocs pour changer leur orientation. Cela augmente leur champ d’action, des terres légères aux sillons difficiles à refermer.

De plus, cette faculté permet de choisir l’état de surface le plus adéquat (en butte pour un réchauffement rapide de la ligne de semis, en creux pour son maintien au frais…). Il existe des kits plus perfectionnés comme le FurrowForce de Precision Planting. Ce système adapte sa pression à la résistance du sol pour assurer la fermeture, le contact sol-graine et éviter des poches d’air dans l’environnement des futures racines. Il faut compter 600 à 1 000 €/rang selon la configuration du semoir.

Precision Planting FurrowForce sur semoir monograine Gaspardo

Precision Planting reconditionne des semoirs en service. Ici, le FurrowForce automatise la fermeture du sillon en remplacement du bloc arrière d’origine. (©Precision Planting)

7/ Fertilisation solide ou liquide

À l’achat comme sur un semoir en service, l’ajout d’une trémie fertilisatrice est possible, sous réserve de compatibilités mécaniques.

Les constructeurs proposent des équipements pour engrais solides. L’intérêt d’un apport d’engrais starter est confirmé depuis longtemps. Certains les emploient, à titre plus ou moins expérimental, pour semer des plantes compagnes ou des plantes « appâts » (lutte anti-taupin) entre les rangs.

maïs et plantes appâts

Dans cet essai de lutte contre le taupin, des plantes appâts avaient été implantées entre les rangs de maïs grâce au fertilisateur solide d’un semoir monograine. (©Monosem)

Notons l’existence de solutions pour apport d’engrais liquides au semis de printemps. Une minorité d’agriculteurs français y recourt. Pour ce faire, ils font aménager leur semoir par des prestataires.

Installation d’une cuve frontale ou embarquée, d’une pompe, d’une régulation et des tuyaux coûte de 6500 à 9000 € HT pour des semoirs de 6 à 12 rangs, selon 2CS Agri.

Chez Precision Planting, trois kits existent, hors cuve et pompe. Cela va d’une simple application dans la ligne de semis (20 €/rang) à des équipements modulant au rang près un ou plusieurs intrants, pour 200 à 250 €/élément.

Väderstad (Tempo L de 8 à 24 rangs) et Horsch (Maestro SV L et SX L, de 12 à 36 rangs) proposent des fertiliseurs liquides sur semoirs de précision neufs, aux configurations davantage destinées à l’Europe de l’Est.

8/ L’équilibre d’une trémie frontale sur votre semoir monograine

Pour qui possède un relevage à l’avant du tracteur, la trémie frontale ouvre des perspectives.

Avec une caisse unique, elle fournit un fertiliseur à un semoir qui n’en aurait pas, tout en préservant l’équilibre du tracteur et en limitant la pression sur ses roues arrière.

Avec une caisse compartimentée, elle apportera plusieurs intrants. Elle peut aussi faire office de ravitailleuse.

Trémie frontale + semoir Kosma + herse rotative Kuhn

Une trémie frontale constitue une solution pour apporter de l’engrais au semis, avec un certain équilibre des charges. (©Kuhn)

9/ Combiner semis et désherbage

Aucun constructeur ne propose de kit de pulvérisation pour semoir sur catalogue. Cependant, des équipementiers installent des ensembles pulvérisant un herbicide derrière les roues de fermeture, en bandes de 20-25 cm ou en plein.

Les systèmes sont conçus pour des doses de 70 à 100 l/ha, de 4,5 à 13 km/h. Pour indication, compter 7 800 € (8 rangs) ou 8 100 € (12 rangs) chez 2CS Agri. Cumuler pulvérisation et fertilisation liquides au semis est possible.

Herbi-Semis 2CS Agri sur semoir Amazone Precea

Des équipementiers proposent des kits pour fertilisation liquide ou pulvérisation (ici) pour semoirs monograine. (©2CS Agri)

10/ Reconsidérer les microgranulateurs

Sauf incompatibilité mécanique, il est possible d’ajouter une rampe de microgranulateurs pour l’apport d’un produit au semis, sur un semoir de précision qui en serait dépourvu. Cela peut se corser lorsque l’on veut ajouter une seconde rampe de microgranulation, selon les configurations mécaniques du châssis et de l’entraînement.

Deux rampes de microgranulateurs autorisent l’application simultanée de deux produits à des doses distinctes, principalement insecticides et molluscicides, pour assurer les levées dans certains contextes. Un microgranulateur peut aussi implanter des cultures associées dans les lignes de semis.

semoir monograine Monosem avec double rampe de microgranulateurs

Deux microgranulateurs permettent l’apport de deux produits à des doses distinctes au semis. (©Monosem)

Pour plus d’information, retrouver aussi ces articles sur www.entraid.com :

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