Pourquoi le semoir polyvalent n’existe pas ?

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Pourquoi le semoir polyvalent n’existe pas ?

La mise en terre et l'atteinte d'une certaine population sont déterminants pour les cultures sans capacité de compensation comme le maïs, la betterave et le tournesol. (©Monosem)

L'équation du semoir polyvalent n'est pas encore résolue. En effet, difficile de concilier exigences des cultures, attentes des agriculteurs et solutions matérielles.

Le semoir « pour tout semer » reste aujourd’hui une chimère. Dommage, tant l’économie sur les charges de mécanisation serait appréciable. Pourquoi est-ce si difficile d’avoir un semoir polyvalent ? Considérons d’abord les semoirs en ligne. Ils sont très bien adaptés aux céréales, qui possèdent des capacités de compensation intrinsèques. Idem pour le colza, dans des contextes peu limitants. Mais leur distribution volumétrique, le transport des graines et leur mise en terre ne correspondent pas aux cultures exigeant précision de sélection et qualité d’implantation, maïs, tournesol et betterave en tête.

Cultures de printemps : mise en terre déterminante

Pour ce type de cultures, trois facteurs déterminants dépendent du semoir :

  1. La régularité de profondeur ;
  2. Le respect d’une densité cible ;
  3. La répartition des graines entre elles.

Une irrégularité génère des décalages de levées, responsables jusqu’à 10 % de pertes de rendement en maïs grain. Un maïs fourrage semé au semoir en ligne perd 5 à 15 % de rendement, selon Arvalis. Une minoration que bien des éleveurs ne peuvent pas se permettre.

Pour la betterave, une profondeur régulière favorise la qualité de l’arrachage. Concernant les densités de semis, respecter les recommandations des semenciers préserve le potentiel de rendement. Pour une population donnée, la répartition importe. Par exemple, Terres Inovia a abandonné ses essais en tournesol avec semoir en ligne dès le constat de répartitions des semences trop hétérogènes. Dans le sillon, les manques impactent aussi le rendement, de l’ordre de 25 % en maïs.

Céréales : l’enjeu des écartements

Et si l’on voulait tout semer avec un monograine, y compris les céréales ? L’offre du marché pêche sur les écartements proposés, supérieurs à 35 cm. Selon Arvalis, des inter-rangs supérieurs à 20 cm dégradent le potentiel de rendement des céréales de variétés conventionnelles dans les contextes pédoclimatiques français.

Ensuite, en conditions de semis automnales, les éléments semeurs risquent de créer bourrage et compaction.

Des constructeurs essaient encore

Väderstad et Horsch ont récemment communiqué sur le semoir polyvalent. Si le Horsch Solus reste à l’état de prototype, le Väderstad Proceed serait sur la voie de la commercialisation.

La disposition des éléments semeurs monograine sur deux poutres successives autorise des inter-rangs de 22,5 ou 25 cm. En rapport avec des céréales binées ou des variétés hybrides nécessitant une mise en terre plus soignée. L’outil sèmerait betterave, maïs ou autres tournesols un rang sur deux ou trois.

Väderstad Procced

Väderstad peaufine son Procced, capable de semer à des écartements multiples de 22,5 ou 25 cm. (©Väderstad)

De son côté, Pöttinger propose l’Aerosem PCS Duplex. Il est possible d’ajouter quatre distributions monograine sur ce semoir en ligne de 3 m.

Selon une étude du consultant en agroéquipement Julien Hérault, ce semoir atteint un taux de sélection du maïs comparable à celui d’un monograine. Mais la régularité de profondeur était à l’avantage de ce dernier (50 % des graines 4 mm autour de la consigne, contre 9,5 mm pour le Pöttinger).

À titre indicatif, ce semoir à céréales avec 4 distributions maïs vaut 67 445 €.

Pöttinger Aerosem PCS Duplex

Le semoir en ligne Pöttinger Aerosem peut recevoir un kit pour semer du maïs sur 4 rangs. (©Pöttinger)

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