Être autonome dans la gestion de sa cuma

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Être autonome dans la gestion de sa cuma

Certaines cuma ont choisi de maitriser leur gestion pour être plus réactif et pour fédérer leur groupe. ©Pixabay

Cela leur demande du temps, mais bien souvent, les bénéfices à gérer soi même sa cuma sont nombreux. Au-delà du plaisir qu’ils ont à manier les chiffres. Rencontre avec deux cuma qui ont choisi de se gérer en toute autonomie.

Depuis sa création en 2001, la cuma Fertichamp située en Côte d’or, est indépendante autant pour sa comptabilité que sa gestion. Elle a la chance de pouvoir s’appuyer sur Pascal Farcy, trésorier et adepte des chiffres. Outre le plaisir qu’il a de manier les chiffres, le groupe s’estime plus engagé dans le fait de maîtriser la gestion de sa cuma. « On comprend ce qu’on fait, cela engendre une maîtrise fine de nos coûts, estime le trésorier. On est beaucoup plus efficaces. Lorsqu’on doit faire un investissement un peu imprévu on n’attend pas les résultats comptables. »

Maîtriser la gestion de la cuma

En ayant suivi trois formations, Pascal Farcy se sent plus efficace. « Lors d’un achat, on peut optimiser la durée d’amortissement selon les frais financiers, gérer les plus values, illustre t-il. Mais aussi négocier les emprunts. » Son credo, plus on anticipe, plus on a le choix et moins on perd d’argent.

« Mais surtout, on peut être beaucoup plus réactif lorsqu’on constate des impayés, assure le trésorier. On a le nez dedans, ça se voit tout de suite. » Car la cuma tente de facturer seulement lorsqu’elle a besoin de trésorerie. La finalité ? Laisser l’argent aux exploitations. « Nous n’avons que 10 000 euros de réserve à la cuma, poursuit le trésorier. Lorsqu’une annuité tombe, il faut être réactif. »

Il essaie également d’être pédagogue avec ses collègues pour que chacun soit en mesure de comprendre les investissements. Car ce dernier ambitionne de laisser sa place. La retraite aura eu raison de sa passion pour les chiffres.

Fédérer le groupe

À la cuma des Grands bois en Haute-Saône, c’est l’expérience qui parle. Cela fait 14 ans que le trésorier, Etienne Tonnot suit les comptes avec rigueur. Mais il ne le fait pas seul. Chaque fin d’année, tous les adhérents se retrouvent pour relever les compteurs des outils, faire le point sur les financements mais aussi sur les projets d’investissements. « On y passe du temps, avoue le trésorier. Peut-être deux jours tout de même. Mais cela fédère notre groupe et crée de la confiance. »

Ces deux journées permettent à la dizaine d’adhérents présents de contrôler les comptes et fixer les coûts ensemble. « On relève les charges par matériels et les volumes pour définir le coût unitaire de chaque matériel, précise Etienne Tonnot. On définit ensuite les stratégies de renouvellement ou de financement. » Avec cette méthode, tous les adhérents sont informés de la même manière. C’est aussi l’occasion de mettre le doigt sur des dysfonctionnements.

Confiance comme maître mot

Sans carnet, ni boîtier, le groupe fait sa comptabilité à la confiance. « Comme on suit nos comptes, s’il y avait un problème, on le saurait tout de suite, révèle le trésorier. Tout comme les volumes travaillés. S’ils devaient beaucoup varier, on se poserait des questions. »

Outre l’aspect fédératif, tenir sa comptabilité pour ce groupe est nécessaire. Le trésorier le martèle, « nous devons maîtriser nos charges de mécanisation, nous n’avons pas le choix. C’est la pérennité de nos exploitations qui est en jeu. »

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