Brice : « Le cycle de vie de l’orge de printemps est assez court, elle est peu gourmande en phyto »

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Brice : « Le cycle de vie de l’orge de printemps est assez court, elle est peu gourmande en phyto »

Brice Charlet, agriculteur dans la Marne, cultive 14 ha d'orge de printemps brassicole. Une culture qui assainit sa rotation déjà bien diversifiée. © Entraid

Brice Charlet agriculteur dans la Marne est retourné dans son tracteur pour la première fois de l'année. Après avoir fertilisé ses champs, il débute ses semis d'orge de printemps. Une culture aux nombreux atouts.

Allumer la clim dans son tracteur un 3 mars 2026, n’est pas dans les habitudes de Brice Charlet, agriculteur à Cuperly dans les environs de Châlons-en-Champagne. Malgré les pluies du mois de février 2026, les terres crayeuses de la Marne se sont vite ressuyées et se réchauffent avec les premiers rayons du soleil printaniers. « On est repartis dans une période où on va passer beaucoup de temps dans notre tracteur », annonce l’agriculteur, animé. Après avoir épandu les premiers apports d’azote dans ses champs de colza, l’heure est aux semis de l’orge de printemps qui ont débuté.

Les semis d’orge de printemps ont débuté

Pour cet agriculteur, les semis d’orge de printemps ont débuté la semaine dernière sur une parcelle située à une vingtaine de kilomètres. Les précipitations, même si elles ont été abondantes en février ont été suivies par deux semaines de soleil et de temps sec. Les sols crayeux de la Marne se sont donc vite ressuyés. « Ici nous sommes dans une parcelle se sol plus argileuse, fait remarquer Brice Charlet. La terre est rouge, elle se réchauffe vite. »

Les conditions sont optimales pour les semis, la terre s’est bien travaillée et colle juste à peine aux roues plombeuses du Sulky Tameline CX de quatre mètres du Marnais. Seuls les résidus du couvert implanté cet automne viennent contrarier un peu le travail du semoir. « J’ai semé un mélange de moutarde, de légumineuses et de phacélie fin juillet, après la récolte du blé, rappelle-t-il pendant qu’il règle son semoir. Je les ai broyé en décembre, ils ont gelé un peu en janvier et j’ai déchaumé la parcelle avec un outil à disque à cette période. La semaine dernière, j’ai apporté du compost et déchaumé de nouveau mais avec un déchaumeur à dents.»

Des orges pour la bière

L’heure est aux calculs. Pour l’orge de brasserie, la précision est de mise. Semé à une densité de 330 grains/ha, l’agriculteur la vérifie régulièrement ainsi que la profondeur du semis. De là en dépendra la vitesse de levée et la rigueur de la plante. « En avril, je ferai peut-être un passage de herse étrille pour détruire toutes les dicotylédones mais je sais que je devrai repasser au Bofix pour éliminer les chardons », regrette t-il. Avec une application de fongicide et peut être un régulateur dans quelques mois, les orges seront suffisamment protégées.

Celles-ci seront valorisées par la filière brassicole. Une filière historique dans la région mais qui est aussi mise à mal. « La consommation de bière s’attenue dans le monde entier, fait remarquer l’agriculteur, aussi élu chez Vivéscia. Cette coopérative détient également Malt Europ, la plus grosse malterie de France. Malgré tout, selon la qualité des grains, on peut obtenir une bonification jusqu’à 80 €/ha. »

Casser la rotation

Si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous, l’agriculteur y voit beaucoup d’avantages à la cultiver. « C’est une culture de printemps qui permet de casser la rotation, notamment pour les adventices, liste t-il. Avec 140 unités d’azote par hectare, on peut espérer un rendement autour des 80 q/ha. Et comme son cycle de vie est assez court, elle est peu gourmande en phyto. »

Si rien n’est assuré pour la récolte 2026, et que le contexte politique et économique est maussade, cet agriculteur se veut optimiste. « C’est cyclique. Nous avons eu de belles années, rappelle cet optimiste de nature. Ca reviendra, en attendant, on fait le dos rond. C’est sûr qu’à 175 €/t de blé départ ferme, nos coûts de production ne sont pas couverts. Mais il faut relativiser, on a aussi la chance d’avoir une agriculture diversifiée et de profiter d’outils de transformation performants sur notre territoire. Mais il est vrai que le contexte politique ne nous motive pas. On ne nous aide pas et notre marché de nous protège absolument pas. »

Les semis d’orge de printemps ont débuté : une motivation en berne

À l’image de la filière volaille que la coopérative cherche à redynamiser dans la région. « Ils nous incitent à implanter des poulaillers. Seulement, devenir éleveur, c’est pas mon truc. Pourtant, je serai ravi de profiter d’un compost produit localement. Je suis passionné par l’agriculture, j’aime mon métier. Mais je veux aussi profiter de ma vie personnelle. Et puis à quoi bon ? Pour qu’on dise dans quelques années qu’on n’a plus besoin d’œufs ou de volaille de chair français » , se questionne- t-il.

Alors Brice Charlet avance. Demain, il ira semer ses pois protéagineux, qui accueilleront la fétuque cultivée pour ses semences. « Je sèmerai peut-être mes betteraves, mais il faut arbitrer entre un sol qui peut devenir trop sec et les risques de gel. D’autant que le sol doit encore se réchauffer. » Une chose est sûre, il va apporter son engrais, le premier passage sur les blés et le second sur ses colzas.

Pilotage de l’azote

Les premiers apports, un peu plus tardifs, dépendent de la quantité d’azote restante dans le sol. Quant aux suivants, ils dépendent de la dose calculée. « Pour le troisième apport, j’utilise l’outil satellite Farmstar pour piloter la fertilisation, poursuit le Marnais. Pour apporter la bonne dose, c’est un prestataire équipé d’un épandeur à modulation qui vient en mai. »

Une stratégie qui n’évoluera pas cette année. « Je me suis couvert relativement tôt, avoue Brice Charlet qui consomme de l’ammonitrate et de la solution azotée. « J’ai acheté un premier camion à 350 €/t en juin 2025, précise-t-il. Et un second en octobre à 365 €/t. J’espérais que les prix allaient diminuer mais lorsque j’ai vu que c’était l’inverse et qu’il n’y avait pas forcément de marchandise, je me suis empressé d’en acheter. En ammonitrate soufré, j’avais acheté un camion complet en juin. »

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