Un petit tour en secteur rural avant les municipales de 2026. « Je suis le maire sortant, mais je n’ai effectué qu’un mois de mandat, en raison, malheureusement , du décès de mon prédécesseur, » décrit Olivier Crabié, candidat aux élections municipales sur la commune de Montalzat, dans le Tarn-et-Garonne. Il revient sur les élections municipales 2026 en milieu rural.
« Être présent »
« Montalzat est une petite commune rurale. Hormis les exploitations agricoles, il y a peu d’entreprises et pas d’école, donc cela simplifie sa gestion en tant que maire. Malgré tout, il faut être présent quand quelque chose ne va pas, » décrit Olivier Crabié.
Il estime à une trentaine le nombre d’exploitations agricoles sur la commune, deux fois moins qu’auparavant. La commune de Montalzat bénéficie notamment de l’activité de la cuma de Saint-Julien, qui compte une solide équipe de salariés. « La cuma compte trois salariés, bientôt quatre. En été, avec les saisonniers, ce chiffre monte à huit, » observe-t-il. »
Quant à la campagne électorale pour les élections municipales de 2026, « cela se passe très bien. Il n’y a personne en face ! Le plus complexe, finalement, a été de constituer une équipe. Personne ne veut y aller, » souligne-t-il.
Autoroute et agrivoltaïsme
Interrogé sur l’engagement en termes de temps, il estime cela à un tiers de son temps. « Je suis assez proche de la retraite, j’ai ralenti l’activité sur la ferme. Mais je ne sais pas comment une personne à plein temps pourrait assumer cela. »
En termes de problématiques, « c’est relativement calme » ici. Lors d’un mandat précédent, l’équipe municipale a dû gérer le remembrement lié à l’arrivée de l’autoroute, « c’était plus intense, mais ça s’est bien passé, » estime-t-il.
« Aujourd’hui, la question qui se pose, ce sont des acteurs qui arrivent et qui souhaitent installer de grands parcs agrivoltaïques, de 12 ou 13 hectares. Le souci, c’est que ces projets ont, au final, peu de lien avec l’agriculture. Ce n’est pas en mettant quelques « vaches-tondeuses » en dessous que l’on maintiendra de l’élevage, » souligne-t-il.
« Le préfet se positionne contre, de toute façon. Cela règle la question pour le moment. » Malgré tout, Olivier Crabié reste vigilant sur le sujet : « si un de ces projets est autorisé, ils vont se multiplier. Or, tels qu’ils sont proposés aujourd’hui, ces projets ne favorisent pas une agriculture productive. »
Élections municipales 2026 en milieu rural : l’inconnue des reprises d’exploitations
À l’inverse, Olivier déplore les obstacles des projets d’élevage, de manière générale. « L’élevage, les gens en général sont contre. Un projet de méthanisation, ils sont contre, une association se monte… les porteurs de projets abandonnent. »
« Ici, les habitants sont assez souples vis à vis des activités agricoles. On produit beaucoup de fruits. » Le souci, analyse-t-il, c’est que nous n’avons pas de repreneurs. Beaucoup d’entre nous vont arriver à la retraite, à la limite d’âge d’ici 10 ans, et on ne sait pas ce qui va se passer. Que vont devenir les fermes ? Ce sont quasiment les seules entreprises de la commune. Le reste des habitants va travailler ailleurs. »
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