Le contexte international tumultueux laisse peu de choix aux agriculteurs français que de subir. Depuis le début du conflit en Iran, les marchés, qu’ils soient physiques ou spéculatifs s’emballent. « Le dollar, valeur refuge, s’apprécie, lance Arthur Boy, économistes à l’AGPM (association générale des producteurs de maïs). Les produits européens gagnent donc une légère compétitivité. » Les répercussions du conflit en Iran sur les marchés agricoles sont notables chez nous.
Des répercussions du conflit en Iran sur les marchés agricoles
Une bonne nouvelle donc. Mais serait-ce la seule? « Avec la hausse du cours du pétrole et des engrais, on a pu constater des cours du blé et du maïs en légère progression par rapport aux cotations d’il y a un mois », ajoute Majda En-Nourhi, chargée d’études économiques chez FranceAgriMer. Mais cette tendance haussière pourrait retomber comme un soufflé.
Car depuis fin février 2026, il faut dire que les marchés se sont emballés. À l’annonce du conflit en Iran, les cours du pétrole et des engrais ont bondi. En cause, plusieurs points chauds au Moyen Orient pourraient bloquer l’acheminement du l’or noir produit dans la région, mais aussi des engrais.
Reprise du trafic
Le plus connu, le détroit d’Ormuz. Là il y transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole, 30 % de l’urée et 20 % de l’ammoniac. De quoi affoler les acheteurs. Benoît de Pietrement, président de la section céréales chez FranceAgriMer relate « un doublement du prix du GNR et des livraisons incertaines. » « Outre l’explosion des prix des ces denrées, le prix du fret a augmenté lui aussi, relate la chargée d’études. Les blocages ou destructions de navires rendent les convois plus risqués impactant les primes d’assurance à la hausse. »
Mais depuis, on constate une reprise du trafic via la Cap de Bonne Espérance qui permet de relier l’Europe à l’Asie. « Après une hausse de 15 % des prix du fret, 28 % du prix du baril de pétrole, et une flambée des cours de l’azote, on remarque un tassement des cotations, fait-elle remarquer. C’est d’autant plus flagrant que Donald Trump a annoncé sa volonté de mener une guerre courte. Depuis, tout s’est calmé. »
Répercussions du conflit en Iran sur les marchés agricoles : taxe qui pèse en plus
Mais les niveaux de mi-février 2026 ne sont pas atteints de nouveau. « Il y aussi l’effet des taxes carbone MACF appliquées sur les engrais qui provoque une hausse brutale du prix de cette denrée », fait remarquer Jean Jacquez, chargé d’études économiques chez FranceAgriMer. Le risque est que face à ces hauts niveaux de prix, les agriculteurs n’apportent pas la dose d’engrais suffisante pour assurer le rendement de la plante. »
Les cours des céréales ont aussi progressé mais dans une moindre mesure. La baisse de l’euro a provoqué une remontée des cours du blé tendre. « Les bilans sont encore lourds, précise Majda En-Nourhi. L’état des cultures de blé et de maïs dans le monde est favorable. Les productions sont revues en légère hausse tandis que la consommation se tasse. » Seuls bémols, les blés d’Europe occidental souffrent du froid, alors que ceux américains sont dans le sec. En maïs, la production de maïs en Amérique latine semble être pénalisée par un temps sec et chaud.
Étrange hiver
Plus localement, des dégâts de gel dans les Etats Baltes et en Ukraine font craindre une baisse de la production cet été, précise Jean Jacquez. En France, et au sud de l’Europe, les pluies ont pu être bénéfiques dans certaines zones, tandis qu’elles ont été délétères dans d’autres.
» Chez nous, le mois de février 2026 a été le quatrième plus doux depuis 1900. Malgré une séquence hivernale ponctuelle en décembre. Mais c’est aussi le plus pluvieux depuis les années 50. « Les sols très humides n’écartent pas le risque de sécheresses au printemps, alerte Abir Mahajba, cheffe de projet Céré’Obs, chez FranceAgriMer. Toutefois, l’assèchement des sols tardif à retardé les travaux de semis d’orge de printemps. »
Bon état des cultures globalement
Seulement 32 % des surfaces étaient emblavées début mars 2026, alors qu’en moyenne, ce sont 64 % à date. Un hiver doux qui ne pénalise pas les cultures. Au contraire, elles sont dans de très bon états végétatifs. Hormis en Occitanie où les pluies ont dégradé les potentiels de rendement. « Les blés sont tous tallés et le stade épis 1 cm est atteint dans 18 % des cas, annonce la cheffe de projet. C’est en avance. Arvalis relate une forte hétérogénéité dans l’avancement des cultures de céréales à paille. Il faut cependant être vigilants aux bio agresseurs, aux apports d’engrais nécessaires selon le stade de la plante. » Les agriculteurs doivent surveiller les gelées tardives.
« La reprise des cultures au printemps sera déterminante, note Majda En-Nourhi.. Tout comme la durée du conflit au Moyen Orient. Si les prix du pétrole, de l’énergie et de l’engrais, ne s’effondrent pas prochainement, on risque de voir une inflation qui va se répercuter sur le prix des aliments. » Une situation à surveiller donc mais à ne pas trop anticiper.
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