L’intercuma pour l’arrachage de betteraves : une nécessité

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L’intercuma pour l’arrachage de betteraves : une nécessité

Lors d'une journée consacrée à l'organisation de chantiers d'arrachage de betteraves, chaque cuma a pu exposé son organisation.

Le 9 janvier 2026, une journée intercuma réunissant treize agriculteurs représentant huit cuma marnaises se déroulait à Chalons-en-Champagne dans la Marne sur la thématique des arrachages de betteraves.

Dans la Marne, parmi les cuma du territoire, plus de la moitié disposent de matériels en lien avec la culture de la betterave. On y retrouve notamment 16 arracheuses, soit environ un tiers des cuma qui en sont propriétaires. Retour sur l’arrachage de betteraves en intercuma.

L’arrachage de betteraves intercuma ça marche

Cette rencontre avait deux objectifs. Le premier permettait de favoriser les échanges entre les cuma du secteur. Dans un second temps : présenter, comparer et analyser les différents systèmes d’arrachage, leurs avantages, leurs limites et les données économiques associées.

Les participants ont pu découvrir les différents systèmes d’arrachage plus ou moins adaptés aux spécificités de chaque cuma. Les chantiers d’arrachage avec automotrice avec l’utilisation d’une ou plusieurs machines, présence ou non d’un salarié, organisation du planning. Les arrachages avec une intégrale avec la conduite des machines, le renouvellement, le financement.

Analyse économique

Ces échanges portaient principalement sur l’organisation des chantiers : surface arrachée, modèle des machines, réalisation des entretiens, adhésion à d’autres cuma pour mutualiser les coûts et l’organisation… Chaque cuma a partagé ses pratiques et ses retours d’expérience.

Par ailleurs, les données économiques ont été analysées : date d’achat et prix des machines, surface arrachée jusqu’au coût de revient des machines. Ces données ont ensuite été comparées avec les moyennes nationales ce qui a permis à chaque groupe présent de se situer par rapport à la tendance générale. Les systèmes moins répandus ont été abordés : les chantiers décomposés ou combinés avec une estimation de leur coût.

L’intercuma pour réduire les coûts

À l’image de la cuma de Chanteraine qui s’appuie sur la cuma d’Attila. Toutes deux distantes d’un trentaine de kilomètres. C’est cette dernière qui possède une arracheuse intégrale Holmer T4 datant de 2016. Celle-ci est, d’ailleurs, en cours de renouvellement. À deux, c’est un groupe d’une vingtaine d’adhérents qui utilisent le service, soit 650 ha en moyenne chaque année à récolter.

« Pour ce chantier, nous sommes deux responsables, un dans chaque cuma, explique Brice Charlet, un des deux. Au début de la campagne, nous recevons les plannings d’enlèvement des betteraves de chaque adhérents. En fonction de ceux-ci, on estime combien de jours l’arracheuse doit être présente dans chacune des deux cuma. »

Pour cela, les responsables savent que la machine peut récolter 1ha/he en moyenne. « On s’applique à ne travailler ni les week-ends et ni les jours fériés, précise le responsable. Cela nous laisse un peu de marge si les conditions météos se complexifient. Notre objectif est d’avoir terminé au 10 décembre. »

Arrachage de betteraves en intercuma : une réunion en début de campagne

Chaque cuma s’organise pour optimiser au maximum l’arracheuse dans le temps imparti. « Nous organisons une réunion pour déterminer les jours d’arrachage pour les trois premiers tours d’enlèvements de chacun d’entre nous, ajoute Brice Charlet. Le planning de l’usine les conditionnent souvent, mais il y a aussi la disponibilité des adhérents ou encore le parcellaire. Pour le dernier tour, là on se réunit et nous prenons davantage en compte la météo, les conditions du chantier, les semis à réaliser ensuite. Cette période là demande plus de rééquilibrage. »

Pour la réalisation du chantier, l’adhérent est en charge de définir son besoin en benne et tracteur. Ce sont les agriculteurs du groupe qui viennent en renfort. « Nous avons défini un nombre de point de benne pour un hectare arraché, calcule le Marnais. Selon le tonnage transporté, on déduit les points. Ramenés au nombre de jours travaillés, le groupe équilibre ses heures d’entraide. » Ainsi, le groupe obtient un coût de chantier compris entre 180 et 200 €/ha. Avec le chauffeur, un saisonnier embauché et le carburant.

Renouvellement en cours

Le groupe qui lie les deux cuma est en pleine mutation. « Notre arracheuse devient frayeuse, lance le responsable. Mais le renouvellement implique d’avoir davantage de volume si nous voulons maintenir notre coût de revient. » Pour illustrer ses propos, le betteravier explique « en 2019, nous avons acheté notre arracheuse 450 000 euros. Maintenant, elle nous coûte 650 000 €. C’est une sacrée prise de risques d’autant que même si nous sommes convaincus que la betterave est une bonne culture pour nos rotations, il ne faut pas oublier qu’elle n’est pas toujours rémunératrice et qu’elle pâtit comme d’autres cultures de décisions politiques ambivalentes. »

La rencontre a aussi été l’occasion de rappeler l’importance des règles de conduite et de sécurité, ainsi que sur la formation des salariés et chauffeurs. Celle-ci permettent d’éviter au maximum les risques d’accidents et d’aborder l’assurance des machines et de la cuma.

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