Épandage sans tonne en Bretagne : jusqu’à 278 m³/h de débit de chantier en cuma

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Épandage sans tonne en Bretagne : jusqu’à 278 m³/h de débit de chantier en cuma

Le Massey Ferguson 7726 reçoit l’enrouleur à l’avant et la rampe SlurryKat de 24 mètres à l’arrière. L’ensemble pèse environ 11t (© cuma Bretagne).

La cuma de la Vallée de l’Ardenne, à Rannée, et la cuma des Landes Fourragères, à Martigné-Ferchaud, ont investi ensemble dans un dispositif d’épandage sans tonne. Autour de deux tracteurs aux fonctions complémentaires, l’ensemble associe pompage, transport du lisier par tuyaux et épandage à la rampe. Un chantier réalisé à Coësmes, en Ille-et-Vilaine, permet de mesurer concrètement les capacités de cette nouvelle organisation.

Pour réaliser des chantiers d’épandage sans tonne en Bretagne, deux cuma deux cuma du sud-est de l’Ille-et-Vilaine se dotent d’un équipement complet. Elles ont choisi pour cela d’investir conjointement 210 000 €. Dans les champs, elles épandent donc les effluents liquides sans tonne attelée derrière le tracteur. Le lisier est acheminé depuis le lieu de stockage jusqu’à la parcelle par un réseau de tuyaux. Sur le chantier, deux ensembles se répartissent les opérations. Lun assure le pompage et l’alimentation du réseau, tandis que l’autre déroule les tuyaux et réalise l’épandage. Cette complémentarité structure toute l’organisation du travail.

Épandage sans tonne en Bretagne :  jusqu’à 1 400 mètres de tuyaux embarqués

Le Massey Ferguson 7726 constitue l’ensemble d’épandage. À l’avant, il reçoit un enrouleur comprenant 400 mètres de tuyau de 4 pouces et 600 mètres de tuyau de 5 pouces. Une longueur supplémentaire de 400 mètres peut être ajoutée, portant la capacité totale du dispositif à 1 400 mètres. Cette longueur permet d’adapter l’installation à la configuration du site et à l’éloignement des parcelles.

La manutention reste un point important : une fois rempli, le tuyau représente environ 12 à 15 kg par mètre.

Une rampe de 24 mètres pour travailler avec précision

À l’arrière du Massey Ferguson prend place une rampe SlurryKat de 24 mètres. Équipée de deux broyeurs, elle peut fonctionner sur toute sa largeur ou avec une coupure à 12 mètres. Cette possibilité apporte de la souplesse lors des reprises, en bordure de parcelle ou lorsque les conditions imposent de réduire la largeur de travail. La rampe affiche un poids de 1,8 tonne.

Le tracteur bénéficie également d’un guidage RTK, utile pour maintenir des passages réguliers et exploiter correctement la largeur disponible.

Le second tracteur au pompage pour l’épandage sans tonne en Bretagne

Le tracteur Case IH est affecté à l’alimentation du chantier. Il est équipé d’un bras de pompage et d’une pompe SlurryKat avec broyeur.

À l’avant, un compresseur Varimount 350 complète l’installation. Ce deuxième ensemble alimente en continu la ligne de tuyaux jusqu’au tracteur d’épandage. La séparation des fonctions permet ainsi à chaque machine de conserver un rôle bien identifié pendant le déroulement du chantier.

À Coësmes, 307 m³ épandus sans tonne sur 10 hectares

Le dispositif a notamment été utilisé à Coësmes, sur une parcelle de 10 hectares. La dose demandée était de 30 m³/ha. Au total, 307 m³ ont été épandus, une quantité cohérente avec l’objectif fixé pour la surface.

Le tracteur a travaillé à une vitesse moyenne de 3,5 km/h. Le débit instantané a atteint jusqu’à 278 m³/h, ce qui montre la capacité de l’installation à alimenter une rampe de grande largeur.

Le système d'épandage sans tonne Slurrykat

Le tracteur Case assure le pompage et l’alimentation du réseau ombilical depuis le stockage. Le chantier mobilise ainsi deux opérateurs dont un qui assure surtout de la surveillance lors des phases de pompage (©Cuma Bretagne).

L’installation du chantier a nécessité 20 minutes. L’épandage proprement dit a duré 1 h 10, puis le repliement du matériel et des tuyaux a demandé 20 minutes supplémentaires. Il a donc fallu 1 h 50 pour réaliser le chantier complet.

Rapporté au seul temps d’épandage, le volume traité correspond à une moyenne d’environ 263 m³/h ; en intégrant l’installation et le repliement, la moyenne globale atteint environ 167 m³/h. Ces deux repères permettent de distinguer la performance de la machine en fonctionnement du temps réellement mobilisé sur le site.

Une organisation à anticiper pour l’épandage sans tonne en Bretagne

Les temps relevés à Coësmes rappellent que la performance d’un chantier ne se résume pas au débit instantané. Le choix du parcours des tuyaux, leur déploiement, la mise en place du pompage et le repliement font partie intégrante de l’intervention. Avec 40 minutes consacrées à l’installation et au rangement pour 1 h 10 d’épandage, la préparation du chantier joue un rôle déterminant dans le résultat global. L’expérience acquise collectivement devra permettre d’affiner encore cette organisation selon la distance, l’accès au stockage et la forme des parcelles.Un premier chantier riche d’enseignements

Ce chantier de 10 hectares donne un premier aperçu concret du potentiel de l’investissement réalisé par les deux cuma, qui visent un volume annuel de 25 000 m3. Il met en évidence l’intérêt d’un ensemble cohérent, depuis le pompage jusqu’à la répartition au sol, mais aussi l’importance de la coordination entre les conducteurs. L’étude projetait un coût moyen de 2,31 €/m3 mais particulièrement variable selon les cas. Les chiffres recueillis sur le terrain constituent désormais une base utile pour comparer les prochains chantiers, ajuster la préparation et apprécier les performances dans des contextes de parcelles différents.

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