Selon Isabelle Hascoët, Apepha, les agriculteurs et cuma concernés par les fins de contrat photovoltaïques ne sont pas nombreux. Pour le moment, cela ne concerne qu’un de nos adhérents sur 600 par exemple. Le mouvement va s’amorcer en 2030 et prendra beaucoup d’ampleur en 2040.
Pourquoi ?
Ces pionniers se sont lancés dans le photovoltaïque dès 2007. À l’époque, il s’agissait de très gros investissements risqués. Les banques, faute de références techniques et économiques, ne voulaient pas suivre. Depuis, les tarifs de rachat garantis ont baissé car le prix des centrales a baissé. Mais le temps de retour sur investissement s’échelonne toujours entre 10 et 15 ans. Par contre, une fois la centrale photovoltaïque amortie, si elle est en bon état, elle peut produire un kWh très compétitif à 3 centimes. Cela recouvre les charges fixes comme l’assurance, la maintenance, le tarif d’utilisation du réseau.
Comment s’organise une fin de contrat photovoltaïque ?
Première règle : il n’y aura pas de deuxième contrat avec l’État, via EDF, à l’image de ces premiers contrats sur 20 ans. Les agriculteurs-producteurs peuvent choisir, une fois ce premier contrat à terme, d’autoconsommer seuls et/ou en boucle d’autoconsommation collective. Ou encore choisir de vendre leur électricité sur les marchés via un agrégateur. Mais deuxième règle, avant toute décision, il faut faire auditer sa centrale photovoltaïque pour vérifier qu’elle est encore opérationnelle avant de s’engager dans quoi que ce soit. Des opérateurs agréés -Socotec, Apav, bureaux d’études privés…- réalisent des « audits de dégradation ». Ils font passer des drones avec caméras thermiques pour vérifier les points chauds, identifier les panneaux défectueux. Vérifient les onduleurs, l’intégrité des câbles etc. Il faut voir si la centrale et opérationnelle, ou pas, voire si cela vaut le coup de réinvestir.
Quelle est la meilleure solution ?
Les prix de l’électricité sont aujourd’hui assez bas, mais ça ne sera peut-être pas le cas demain, avec la hausse de la demande en électricité liée aux datacenters par exemple. On ne peut pas prédire ce qui va se passer. Ce que peuvent offrir les agriculteurs-producteurs d’énergie, c’est de la stabilité, un tarif malgré tout assez attractif, et une électricité en « vente directe ». Ils peuvent choisir d’auto consommer seuls ou en boucle d’autoconsommation collective, dans un rayon de 20 km. L’option d’investir dans des batteries commence à devenir intéressante avec la baisse des prix, mais les vendeurs n’insistent pas assez sur les caractéristiques techniques qui comptent pour ces batteries. Nous sommes en train de nous former là-dessus. Concernant l’autoconsommation collective, plutôt que de solliciter des particuliers, je conseille de cibler des professionnels, avec des besoins en journée et l’été, soucieux d’échapper à la volatilité de marchés sur le long terme. Ensuite, ceux qui se sentent intéressés peuvent se lancer dans la vente d’électricité sur les marchés en sollicitant des agrégateurs agréés, à condition d’investir dans un dispositif de pilotage de la centrale à distance. Ces entreprises vont aller chercher des revenus à différentes sources, connecter ou déconnecter votre production. Il faut comparer les offres : certains reversent 70 % de la vente, certains 80 %… ce qui est sûr, c’est que c’est un marché, par définition fluctuant : ceux qui vous garantissent des revenus sur 15 ans vous lancent de la poudre aux yeux. Mais votre centrale est globalement amortie.
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :
La serre d’Adrien et Mélanie est avec puits canadien et photovoltaïque
Bâtiments photovoltaïques : le coup de frein est sérieux
Réussir son projet de bâtiment photovoltaïque en cuma



![[Avis] Herse à paille Agrisem Turbomulch Extra : « une bonne polyvalence »](https://www.entraid.com/wp-content/uploads/2026/09/Herse-Agrisem-Turbomulch-Extra-350x197.jpeg)

