8000 ha de betteraves touchés par le Rhizopus

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8000 ha de betteraves touchés par le Rhizopus

Dans les parcelles où moins de 5 % de betteraves sont touchées par le rhizopus, les betteraves peinent à atteindre la moitié des rendements habituels. (© Entraid)

La campagne betteravière est complètement chamboulée dans l’est de la France avec des pertes de rendement d’environ 50 % et des parcelles abandonnées. Le point de la situation.

Pas besoin d’aller très loin dans le champ pour constater le couac. Entre les betteraves chétives, des trous apparaissent. C’est là où la racine est en train de se désagréger. La pourriture fait son œuvre. Il n’y a pas que dans la parcelle d’Alexandre Fleuriet, agriculteur dans la Marne, qu’on voit ça. Ce phénomène s’observe à des dizaines de kilomètres à la ronde. Dans l’Aube où il se situe mais aussi dans la Marne, comme en Alsace. “Au niveau de la sucrerie Cristal Union d’Arcis sur Aube, 39 % des surfaces sont en attente d’être récoltées, annonce le betteravier, qui a participé aux réunions d’échange. Cela représente 8 000 ha.” À ce rythme-là, la campagne sera vite achevée. Le point sur le rhizopus de la betterave.

Récolte de betteraves, 50 % de rendement en moins

Ces parcelles sont en attente de décision. Sur leur surface totale, plus de 20 % des betteraves sont concernées par le rhizopus, qui fait pourrir la racine. Si la situation s’est stabilisée fin septembre 2026, les sucreries doivent faire face à une situation historique. “Ces betteraves sont susceptibles d’obstruer la filtration ainsi que gêner la cristallisation à l’usine, explique l’agriculteur. Certaines betteraves sont envoyées à la distillerie d’Arcies sur Aube, mais les autres doivent attendre la fin de la campagne pour connaître leur sort. »

Dans tous les cas, les rendements sont très impactés. Estimés entre 45 et 50 t/ha pour les parcelles récoltées à ce jour. C’est moitié moins que d’habitude. En Alsace, la situation est identique. “Nous avons arraché 4 ha, le rendement est de 66 t/ha contre un potentiel de 85, annonce Laurent Boime, agriculteur dans le Bas Rhin. Pour 6 ha de la sole atteinte de Rhizopus, nous avons récolté 20 à 30 t/ha.”

Plannings chamboulés

Forcément, ce constat chamboule les plannings d’arrachage des agriculteurs, déjà retardés par la sécheresse. Comme à la cuma de Sourdon qui rassemble une douzaine d’adhérents autour de l’arracheuse, nouvellement arrivée. “Les sucreries nous demandent d’arracher les betteraves au plus près de l’enlèvement, pour ne pas les stocker trop longtemps en tas, explique Alexandre Fleuriet qui est également vice-président de la cuma. Forcément le tour des parcelles a été revu selon les diagnostics des agents de plaine.”

La cuma a la chance de pouvoir s’appuyer sur une bonne machine mais aussi sur ses deux salariés chauffeurs. “Ils sont assez souples au niveau des horaires et peuvent arracher à la dernière minute”, fait remarquer le vice-président. Les adhérents n’ont quant à eux, qu’à fournir que deux bennes pour le transport jusqu’au tas.

Payer les frais fixes

“C’est une perte sèche, alors qu’il faut compter entre 2 200 et 3 000 €/ha pour produire une betterave, estime Alexandre Fleuriet. Certains sont assurés, d’autres non et recevront une légère indemnisation.” Pour cet agriculteur, les frais d’arrachage sont estimés à 215 €/ha, chauffeur et carburant compris. Un prix qui se veut en dessous des entrepreneurs du secteur. Mais qui risque bien d’augmenter, faute de volume.

En effet, cette année, la cuma a choisi de renouveler son arracheuse. Pas vraiment la bonne année. Avec l’achat d’une intégrale Grimme Rexor 6 200 de six rangs à près de 600 000 euros. “Nous avons embarqué de nouveaux adhérents dans cet investissement, annonce le vice-président. En 2027, les engagements devraient avoisiner les 600 ha. Malgré la conjoncture, les 16 adhérents jouent le jeu et s’engagent tout de même pour une durée de cinq ans.” Un renouvellement qui ne tombe pas à point nommé.

Cette année, la vraie question, pour le groupe, réside dans la facturation des adhérents. “Est-ce qu’on facture les charges fixes, à tous, tout de même ?”, s’interroge le vice-président.

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