NTG, où en est-on ?

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NTG, où en est-on ?

D'ici deux ans, les agriculteurs pourront utiliser des variétés issues des NTG, mais celle-ci devront être signalées sur l'étiquette. ©LD

En juin 2026, la Commission Européenne a donné son feu vert au déploiement des NTG 1 dans l'Union européenne. Mais qu'est ce que ça change vraiment ? Réponses avec Clarisse Bonhomme, chargée de missions au service économie dans Chambres d'agriculture.

Clarisse Bonhomme, chargée de missions au service économie dans les Chambres d’agriculture, a étudié de près la filière des semences en France. Dans plusieurs notes publiées, elle constate une baisse de la production de semences en France avec un affaiblissement du maillon de la multiplication. Mais aussi un retard des pays européens quant à l’utilisation des NTG (nouvelles techniques génomiques). Entraid lui pose quelques questions.

En juin 2026, la Commission Européenne a autorisé l’utilisation des semences issues des nouvelles techniques génomiques (NTG). Qu’est ce que c’est ?

Ce sont des variétés de plantes sélectionnées à l’aide de nouvelles techniques génomiques. Elles sont issues d’une implantation, d’une modification ou de la désactivation d’un gène ciblé déjà présent dans la nature pour son caractère vertueux. Elles vont permettre d’accélérer la recherche variétale pour tenter de trouver des espèces capables de mieux résister aux aléas notamment.

Ces techniques, à l’inverse des NTG 2, ne sont pas assimilées comme des OGM. Car ces derniers restent interdits en France.

Quand va t-on pouvoir utiliser ce type de semences ?

Le texte d’application consolidé est à venir. Pour le moment, on sait juste que l’utilisation de ces NTG 1 seront possibles d’ici deux ans. Des essais variétaux sont ils possibles auparavant ? On ne le sait pas encore.

Les variétés issues de ce type de techniques seront étiquetées en tant que telles. Quant à l’agriculture biologique, elle, a indiqué refuser leur utilisation.

Qu’est-ce qui va changer pour les agriculteurs français ?

Pour le moment, rien. D’ici deux ans, on peut imaginer qu’ils pourront semer des variétés issues des NTG 1. Les semenciers développaient déjà ce type de plantes dans des pays où les techniques sont autorisés. On imagine aisément qu’ils sont prêts à les développer pour les pays européens.

Le prix des semences risquent t-il d’augmenter ?

Forcément, les investissements des semenciers dans ces nouvelles technologies vont être importants. Les répercuteront-ils sur le prix de vente des semences ? C’est à eux de choisir.

Toutefois, la sélection variétale risque également d’être plus rapide, ce qui apportera de la productivité aux entreprises sélectionneuses. Si on suit la loi de l’offre et la demande, les semences issues des NTG 1 se feront plus rares dans un premier temps, ce qui risque de renchérir les coûts. En face, il faudra que l’agriculteur s’y retrouve avec des variétés qui réponde à ses enjeux. Mais quoi qu’il en soit, le prix devra être acceptable pour l’agriculteur.

L’utilisation de semences fermières sera t-il encore possible ?

A priori oui. Encore une fois, on attend la publication du texte détaillé. Cependant, il semblerait que les semenciers optent pour le même système qu’actuellement. Avec des certificats d’obtention du végétal et une utilisation modérée des brevets.

Concrètement, les variétés issues des obtenteurs seront disponibles aux autres sélectionneurs. Sauf dans certains cas, où les variétés seront brevetées. On imagine ce cas lors de grosses nouveautés ou avancées. Cela dit, il semblerait qu’un comité de surveillance soit instauré pour  s’assurer du caractère abordable des semences et d’un accès équitable aux agriculteurs.

Sait-on vers quels critères se dirigent les obtenteurs ?

Chaque obtenteur axe ses innovations sur les critères qu’ils définissent et selon leurs priorité. Avec les NGT 1, la sélection actuelle sera accélérée et plus précise. On sait que les critères concernant la résistances aux herbicides et l’activation de production de substances insecticides seront interdits.

Dans d’autres pays où les NTG sont déjà autorisées, les obtenteurs travaillent sur la résistance des blé et du riz à certaines maladies. Ou encore pour améliorer les intérêts nutritionnels des tomates par exemple. Mais attention, les NTG ne sont pas LA solution aux défis que doit relever l’agriculture, c’est une des clés. D’autant que certains caractères se situent sur plusieurs gènes, ce qui ne facilite pas la tache.

Va t-on combler notre retard ?

Il est vrai que l’autorisation d’utiliser les NTG 1 est une bonne nouvelle pour l’agriculture française. Les autres pays avançaient sur la technique et nous commencions à prendre du retard. Même s’il est relatif face à des techniques encore jeunes.

La Chine, qui n’autorise pas les OGM dans l’alimentation humaine, a par exemple, commencé à faire des essais pour les cultures de riz ou de blé avec des autorisation pour les cultiver localement. En Europe, cela devrait arriver grâce à l’arrivée d’un texte solide.

Les obtenteurs français seront-ils compétitifs face aux concurrents des autres pays ?

L’avantage, c’est qu’ils sont prêts et qu’ils connaissent déjà les techniques. Ils ont un vrai savoir-faire ce qui leur permet d’être assez réactifs. Quant aux multiplicateurs de semences, ils sont déjà de moins en moins nombreux. On imagine aisément qu’il n’y aura pas davantage de semences multipliées mais plutôt que les variétés issues des NTG viendront compenser les vieilles variétés.

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