Comment assurer une bonne remise en route de la moissonneuse-batteuse ?

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Comment assurer une bonne remise en route de la moissonneuse-batteuse ?

Enlever les impuretés et résidus polluants (rodenticides) des organes est le préalable à la remise en route de la moissonneuse-batteuse.(©Nicolas Thibaud)

Inspecter et entretenir la moissonneuse-batteuse avant d’attaquer les premières récoltes épargne des charges et des mauvaises surprises.

L’entretien de la moissonneuse-batteuse avant l’hivernage et avant la remise en route est fondamentale. Elle évite les dérives du prix de revient. Elle permet aussi de prolonger l’utilisation de la machine lorsque son renouvellement coûte trop cher. Faisons le tour de la machine pour bien préparer sa remise en route avec Nicolas Thibaud, expert en agroéquipements.

Inspection globale hors tension

Le remisage aura dû être fait correctement. Toutefois, cela n’affranchit pas de contrôler la propreté, les niveaux et le bon fonctionnement de l’ensemble au printemps. Il faut nettoyer tout endroit pas tout à fait propre. En particulier enlever les éventuels appâts anti-rongeurs, pour ne pas qu’ils se retrouvent dans la trémie dès les premiers ares récoltés.

Méthode la plus efficace, le jet d’eau à basse pression et haut débit. Sinon un souffleur de 5 000 m3/h environ. Ouvrir toutes les trappes pour accéder aux zones où s’accumulent des résidus, inspecter le réservoir à pierre. S’assurer de l’absence de corps étrangers ou de rongeurs dans tous les organes, de l’avant à l’arrière, coupe comprise.

inspection d'une moissonneuse-batteuse

Même s’ils emblent anodins et parfois peu importants, le nettoyage et la vérification d’absence de corps étrangers sont essentiels.(©Nicolas Thibaud)

Inspection globale sous tension

Durant l’hiver, il est conseillé de mettre en route la machine une fois par mois pendant 15 minutes. Cela favorise la recharge de la batterie et le maintien du bon fonctionnement d’ensemble.

Avant la moisson, la batterie doit être à 100 %, avec le liquide au bon niveau. Quand on allume la console, vérifier les éventuels codes alarme, voir s’ils méritent une intervention. Si le condenseur de la climatisation est sale, passer de l’air comprimé.

Si les filtres de cabine sont encrassés (présence de résidus), autant les changer. Leur prix est dérisoire comparé au prix de revient de la machine.

Moteur et transmissions

Lors du remisage, la vidange, le changement des filtres, le remplissage du réservoir de GNR devraient éviter les mauvaises surprises à la remise en route. Courroies et chaînes sont parfois hivernées détendues.

Un contrôle de leur tension s’impose avant la moisson, selon les préconisations de la notice du constructeur. Si besoin, utiliser les réglettes de contrôle pour s’assurer du bon débattement des chaînes et des courroies (de l’ordre de 1 à 2 cm de garde).

chaîne moissonneuse

Vérifier les tensions des chaînes et des courroies permet de les ajuster si nécessaire, et d’assurer l’efficacité de la machine.(©Nicolas Thibaud)

Vérifier l’état et la lubrification des roulements. Démarrer le moteur, quelques minutes au ralenti, pour contrôler s’il y a des fuites (joints spi, boîtier entre le moteur et les cinématiques hydrauliques et mécaniques, durites d’huile, liquide de refroidissement, boîte de vitesses…).

Coupe et autres organes frontaux, convoyeur

Le lamier est-il fonctionnel ? Les sections et les doigts escamotables se meuvent-ils sans contrainte ? Un examen de l’état des sections et des bagues peut prévenir de futurs déboires. Un pincement des sections pendant la récolte peut entraîner une casse au niveau des biellettes, voire un début d’incendie.

Les chaînes du convoyeur doivent être tendues selon les préconisations du constructeur (souvent en termes de nombre de barrettes touchant le fond du convoyeur). Veiller à ce que la tension soit identique à gauche et à droite de cet organe. En profiter pour vérifier le bon fonctionnement du bac à pierres.

sections de coupe moissonneuse-batteuse

Comme beaucoup d’autres postes, l’entretien des sections des coupes aurait dû être fait avant l’hivernage. Il est toutefois utile de s’assurer de la fluidité de son fonctionnement.(©Nicolas Thibaud)

Organes de battage

Vérifier le serrage convergent des organes de battage. L’espace entre batteur et contre-batteur doit être deux fois plus petit à la sortie qu’à l’entrée. Pour vérifier et changer le serrage, des clés Allen, des cales d’épaisseur voire un pied à coulisse seront utiles. Par exemple, 14 mm à l’entrée et 7 mm à la sortie pour de l’orge, 20 et 10 mm pour du pois.

Une fois le réglage fait, reporter les valeurs du serrage dans le logiciel de la machine. À ce stade, deux choses à comprendre : d’une part les préconisations des constructeurs sont à prendre avec des pincettes, car elles ne tiennent pas compte de l’usure des composants. D’autre part, la pertinence de ces pré-réglages sera à vérifier au champ.

batteur et contre-batteur moissonneuse-batteuse

Vérifier la cohérence des réglages entre batteurs et contre-batteurs, au millimètre près, selon les cultures. (©Nicolas Thibaud)

En comparant une batte en service à une batte neuve, on peut juger de son état. Une usure de 2 mm pénalise le débit de 10 % environ. Pour les plots fixés sur les rotors, vérifier leur serrage. Avant le remisage, il est conseillé d’évaluer leur usure pour un changement intégral au moment du remisage. Changer des battes et des plots en mai – juin coûte très cher. Mieux vaut les remplacer en morte-saison.

Entretien de la moissonneuse-batteuse : organes de séparation

Sur les modèles à rotor(s), la distance entre les plots et les corbeilles est à contrôler. Concernant la table de préparation et les grilles de séparation, il est conseillé de les enlever au remisage, de les nettoyer, voire de les passer à l’huile de lin.

Avant la moisson, lorsqu’on les remet en place, s’assurer de leur positionnement en rapport avec la première culture à récolter. Sont-elles mises aux bons crans, les lamelles ont-elles de la bonne hauteur ? Là encore, des cales d’épaisseur aideront aux réglages.

Pour les paliers des secoueurs, se fier aux règles du constructeur pour leur remplacement, en termes d’heures d’utilisation.

Élévateurs, broyeurs et éparpilleurs

Pour les élévateurs de grains et des ôtons, il s’agit surtout de contrôler la tension des chaînes.

Pour les broyeurs, les éventuels remplacements de couteaux et contre-couteaux auront dû être faits avant l’hivernage, pour profiter de prix de pièces de rechange encore raisonnables.

Test à plein régime

Cette étape peut révéler des fuites hydrauliques et des défauts de tension des chaînes et courroies. Des bruits et vibrations bizarres peuvent alerter sur des anomalies mécaniques.

Entretien de la moissonneuse-batteuse : les pneumatiques

Surveiller l’état des pneus. Après les avoir surgonflés pour le remisage, rétablir une pression pour le travail selon les indications du manufacturier et du constructeur.

Attention, les poids des machines annoncés par ces derniers sont souvent sous-estimés. Il est recommandé d’ajouter 0,1 à 0,2 bar à la préconisation.

Lors des premiers hectares

Comparer les valeurs remontées par le contrôleur de pertes avec les échantillonnages du chauffeur (tests des bacs, abaques…).

De même, les premières parcelles sont l’occasion de vérifier les bons paramétrages du quantimètre et de l’humidimètre.

performances moissonneuse

Un contrôle des performances de la moissonneuse est nécessaire pour valider ou ajuster les pré-réglages.(© Nicolas Thibaud)

L’entretien moissonneuse-batteuse au quotidien

Vérifier les niveaux, contrôler les tensions des chaînes et des courroies, graisser.

Le dépoussiérage est important : en plus de nettoyer et diminuer les risques d’incendie. Il permet un examen visuel, en particulier en mettant les organes en fonctionnement.

Les enjeux de l’entretien en chiffres

  • 100 à 400 % d’économie sur les pièces détachées en procédant à une révision avant l’hiver ;
  • Pour une machine hybride d’entrée de gamme : prix estimé de l’entretien en novembre : 4 000 à 5 000 € ; en mai : 12 000 € ;
  • Un défaut de battage de 20 % d’imbattus diminue la vitesse de récolte (1 km/h) ou augmente la consommation de GNR ;
  • 2 mm d’usure sur les battes : débit de chantier réduit de 10 %.

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