Le lavandin à Montcuq renaît en cuma

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Le lavandin à Montcuq renaît en cuma

Le lavandin renaît de ses cendres à Montcuq dans le Lot. Comment ? Grâce à une cuma-SAS. (© Entraid)

Sur les plateaux calcaires et ensoleillés du Lot, la filière historique du lavandin renaît de ses cendres. À Montcuq, un groupe de producteurs a su allier la force du réseau Cuma et la création d’une SAS pour bâtir une filière intégrée, de la récolte mécanique de précision jusqu’à la distillation industrielle. Immersion technique au cœur d’un chantier millimétré.

Pour comprendre ce renouveau, il faut remonter aux années 2016-2017. Face à la forte volatilité des cours des céréales, les échanges bimensuels au sein du CETA de Montcuq (Centre d’Étude des Techniques Agricoles) font germer une idée audacieuse : diversifier les assolements en renouant avec les plantes à parfum, historiquement adaptées aux étés secs et aux sols caillouteux du Quercy Blanc. Pour sécuriser les aspects agronomiques et les débouchés, le groupe s’associe dès le départ avec la coopérative SCA 3P. Chaque producteur s’engage alors en plantant 27 hectares de lavandin, matérialisant le projet en novembre 2018 pour une première récolte en juillet 2020. Retour sur la culture du lavandin dans le Quercy.

Culture du lavandin dans le Quercy : organisation du chantier en cuma

Aujourd’hui, la récolte, qui s’étale sur 15 jours à trois semaines dès l’apparition de 60 % de fleurs fanées, est une mécanique de haute précision. Le débit de chantier repose sur une ensileuse Claas Jaguar 830 (achetée d’occasion en 2020) équipée d’un cueilleur de lavandin neuf. Cet équipement performant impose une logistique interne sans faille.

Le facteur temps est la contrainte critique du chantier. Le lavandin doit impérativement être distillé au maximum six heures après sa coupe. Au-delà, la plante s’altère par fermentation et devient inutilisable.

Économie circulaire et valorisation de la valeur ajoutée

La force de ce modèle réside également dans sa durabilité économique et environnementale. Les « pailles » (résidus végétaux issus de la distillation) font l’objet d’un retour au sol. Ramenées aux champs et stockées en tas, elles vont se composter pour ensuite être épandues pour amender les terres en matière organique.

Sur le plan commercial, la valorisation est totale et sécurisée. Il conditionne l’huile essentielle en fûts industriels de 1 000 litres. 100 % des volumes sont commercialisés auprès de leur partenaire, la SCA 3P. Les débouchés industriels se divisent en deux marchés. 90 % intègrent les circuits de fabrication de lessives et 10 % partent vers la cosmétique de haute qualité.

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