Certes, l’équipement de protection individuelle agricole (EPI) protège un travailleur contre les risques chimiques. Toutefois, leur utilisation ne s’envisage qu’après une mise en œuvre de mesures de prévention pour réduire ou supprimer les risques à la source. Les EPI constituent le dernier niveau de protection face au risque. « Le respect de ces principes permet non seulement de répondre aux exigences réglementaires, mais aussi de préserver durablement la santé et la sécurité des travailleurs », précise Angéline Maupin, consultante chez HSSE Consulting.
Quels sont les équipements de protection individuelle agricoles à utiliser ?
« Par définition, une seule et même personne porte ses EPI, rappelle Angéline Maupin. Leur efficacité dépend de leur port systématique et de leur ajustement ». Les risques identifiés, les caractéristiques des produits manipulés et des conditions d’emploi figurant dans l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et sur les étiquettes déterminent le choix des EPI.
Chaque équipement de protection individuelle agricole correspond à une fonction précise. Les principaux utilisés sont les combinaisons ou tablier de protection chimique de catégorie III et de type 4,5 ou 6 et les gants de protection (réutilisables ou jetables) adaptés aux différentes phases de travail. Tout aussi importants, les lunettes de protection ou les écrans faciaux protégeant les yeux et le visage, les appareils de protection respiratoire équipés de filtres A2P3 ainsi que des bottes de protection chimique. Ces équipements doivent répondre aux normes européennes en vigueur.
Penser à changer les filtres à charbon
Pour les opérations de préparation de la bouillie, de mélange ou de chargement de produits présentant un risque d’inhalation, d’irritation ou de volatilisation, le port d’une protection respiratoire adaptée est particulièrement recommandé. Les filtres doivent être changés régulièrement afin de garantir leur efficacité.
À noter qu’un masque à charbon actif a une durée de vie limitée, estimée à 21 jours d’utilisation consécutifs. Sa fréquence de remplacement dépend donc de l’intensité d’usage : en viticulture, il sera renouvelé deux à trois fois par campagne, contre une à deux fois en grandes cultures.
Comment conserver les équipements de protection individuelle agricoles ?

Tout comme les bidons vides, les EPI souillés, détériorés ou périmés sont à éliminer via la collecte Adivalor (© Axe-Environnement)
Les EPI sont à stocker hors du local phytosanitaire dans un endroit propre, sec et à l’abri de la poussière. Les prescripteurs recommandent de conserver le masque respiratoire dans une boite hermétique ou dans son emballage d’origine. Cela évite toute contamination et saturation en particules.
La collecte Adivalor prend en charge l’élimination des EPI souillés, détériorés ou périmés.
Quid de la protection en élevage ?
En élevage, l’opérateur et l’employeur adapteront les EPI à plusieurs types de risques. Manipulation des animaux, exposition aux produits vétérinaires, de nettoyage et de désinfection… De même pour l’exposition aux poussières et aux gaz présents dans les bâtiments.
Par conséquent, sont recommandés le port de chaussures ou bottes de sécurité, gants, vêtements de travail ou combinaisons, lunettes ou visières, masques respiratoires et parfois protections auditives.
Focus sur les obligations de l’employeur en matière d’EPI.
Conformément aux dispositions du code du travail, l’employeur doit préserver la santé et la sécurité de ses salariés. Il a donc l’obligation de leur fournir gratuitement des EPI. Forcément, il fournira des EPI adaptés aux risques encourus ainsi qu’à leur morphologie. Et bien entendu, en bon état de fonctionnement. L’employeur veillera à leur port effectif et assurera leur remplacement lorsque l’efficacité n’est plus garantie. L’employeur informera le salarié sur les risques d’exposition. Il le formera sur les conditions d’utilisations des EPI, leur entretien et les vérifications avant chaque usage.
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