Sécheresse : le fourrage hydroponique, une piste pour les éleveurs privés d’herbe ?

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Sécheresse : le fourrage hydroponique, une piste pour les éleveurs privés d’herbe ?

Germination d'orge pour alimentation animale en fourrage vert hydroponique. (©Entraid)

Avec la sécheresse de cette été, les éleveurs ont perdu énormément de production. Une perte qui va impacter l’alimentation et le stock pour leurs troupeaux. Demetech, une start-up du Jura propose une solution pour obtenir du fourrage vert toute l’année.

Produire du fourrage vert à l’intérieur d’un bâtiment, sans dépendre ni de la pluie ni de la saison, c’est la promesse de Démétech. Pour cela, il produise du fourrage hydroponique. Le principe n’a rien d’une révolution. Il consiste à faire germer des graines en conditions contrôlées pour obtenir une pousse tendre, riche et consommable en quelques jours. Ce qui change, c’est la mise en œuvre. L’entreprise propose un système entièrement automatisé, pensé comme une source d’alimentation régulière, indépendante des caprices du climat extérieur.

Le fourrage hydroponique expliqué en vidéo

Une automatisation nécessaire au fonctionnement du fourrage hydroponique

fourrage hydroponique

L’entreprise Demetech était présente au Sommet de l’élevage 2026. (©Entraid)

L’argument central est la faible présence humaine. Pour un éleveur déjà mobilisé par la gestion de la sécheresse, c’est un point notable. « Un intervenant, il va rentrer dans le tunnel maximum 1 h, 1 h et demie par semaine. C’est très peu ! » explique Emmanuel Russo, directeur de projet.

Le fonctionnement est simple dans son principe. Les graines, de l’orge pour l’instant, sont d’abord trempées dans un volume d’eau précis, puis triées pour écarter les éléments impropres. Elles entrent ensuite dans le tunnel et progressent d’un jour à chaque étape. Quand de nouvelles graines entrent d’un côté, le fourrage arrivé à maturité sort de l’autre : c’est ce que l’entreprise appelle un système sans fin.

Le premier tunnel produit environ 1,5 tonne par jour, et un second, prévu à 2 tonnes, doit suivre. Des essais ont aussi été menés avec des mélanges orge-lentilles, ainsi qu’avec des légumineuses pour relever la teneur en protéines.

Des résultats prometteurs, mais à nuancer

Reste la question que se posent tous les éleveurs : est-ce rentable ? Les premiers chiffres avancés viennent de la ferme laitière d’un associé de l’entreprise, située à seulement 50 mètres du tunnel. Le suivi a démarré début 2025 et les analyses courent jusqu’en juillet 2026.

Pour être plus précise, l’équipe a recoupé les données du contrôle laitier de 2021 à 2026. Dans ce troupeau de race Montbéliarde, la moyenne serait passée de 6 000 à 8 700 litres de lait, soit environ 18 % de production en plus, tout en allégeant nettement la facture d’aliments achetés. « On a récupéré 18 % de volume de lait en réduisant de 40 % ses coûts de concentré. »

Dans un contexte de sécheresse, cette baisse de la dépendance au concentré pourrait avoir son importance, car c’est justement ce poste qui pèse lorsque l’herbe manque. Il faut cependant garder un regard critique : ces résultats proviennent d’une seule exploitation, liée à l’entreprise.

Une commercialisation à venir

L’équipe précise que son fourrage complète la ration sans la remplacer, et aucun prix d’installation n’a été annoncé. Pour les éleveurs intéressés, la démarche se fait sur mesure : étude des besoins, examen des aides financières possibles avec des partenaires, puis conception et pose par des sous-traitants. L’agriculteur n’a à fournir qu’une dalle et un bâtiment adapté.

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