Semis finis, on ne lâche rien !

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Semis finis, on ne lâche rien !

Si l’utilisation d’outils à disques semble être préconisée pour éviter de remonter les mottes sèches, les résidus peu évolués peuvent gêner et empêcher contact sol-graine. (© Entraid)

Les pluies sont attendues. Que ce soit pour ceux qui n’ont pas encore pu travailler leurs sols, ou ceux qui ont déjà semé leurs céréales dans le sec. Sur quoi faut-il alors porter son attention ? Éléments de réponse.

“Aujourd’hui, les sols sont secs à plus de 2 mètres de profondeur, annonce Richard Wylleman, conseiller à la chambre d’agriculture de l’Yonne. La vie microbienne est en grande partie stoppée.” En dormance pour la plupart. Or ce sont ces petits auxiliaires qui lient les agrégats entre eux. Résultat, la terre devient des cendres au moindre travail. Un point sur le retour de la pluie et semis de céréales.

Retour des pluies sur les semis de céréales

Lorsque le sol retrouvera de l’humidité, toute la vie microbienne va se réactiver. C’est une bonne chose. En revanche, le stock semencier d’adventices risque également de reprendre de la vigueur. Idem pour les agents pathogènes et les insectes. Si les températures douces subsistent, « il faudra être très vigilant pour l’inoculum d’orge sur ogre cette année« , précise le conseiller.

La manière dont le sol aura été travaillé permettra à l’eau de s’infiltrer plus ou moins rapidement. Car le premier risque, face à ses sols très peu liés, est l’apparition d’une croûte de battance. D’où l’intérêt de laisser les sols couverts, non travaillés. “Le ruissellement de l’eau dans les fissures peut également créer une asphyxie du sol dans ces zones-là et une levée hétérogène des plantes par la suite”, explique Richard Wylleman.

En cas d’orage, l’érosion peut emporter l’humus du sol et les matières fertilisantes. Il faudra aussi faire attention aux zones submergées où les céréales ont déjà été implantées.

Contact graine sol, OK ?

Lors des semis, il faut être vigilant. Si l’utilisation d’outils à disques semble être préconisée pour éviter de remonter les mottes sèches, les résidus peu évolués peuvent gêner. “Il faut faire attention au bourrage des outils certes, poursuit le conseiller. Mais il faut s’assurer que le contact sol graine soit ininterrompu.”

L’autre défi de l’année reste le désherbage des parcelles implantées. “Au moment des semis, il y a eu peu de repousses d’adventices et de la culture précédente, faute d’humidité, fait remarquer Richard Wylleman. Celles-ci vont se développer en même temps que la plante semée. Il faudra donc être précis et rigoureux dans le désherbage des parcelles implantées. D’autant que les résidus de récolte peu dégradés risquent d’absorber les herbicides.”

Vigilance sur le désherbage

Deux cas de figure s’offrent aux agriculteurs. « Si la parcelle est propre ou présente peu de levées de graminées, il convient de retarder l’intervention de pré-levée qui était prévue et choisir une stratégie de post-levée précoce, explique Arvalis dans une note. En revanche, si la parcelle est sale ou présente un historique de fortes infestations, le programme pré-levée puis post-levée (voire double post-levée d’automne) reste in fine supérieur en efficacité à la seule post-levée.

Avec le passage d’outils à disques, ce sont les vivaces qui ont pu reprendre de la vigueur. Là, la chimie sera la seule arme des agriculteurs. Quant aux ravageurs, les résidus pailleux leur ont permis de bien se cacher. Avec le retour de l’humidité et des températures douces, il faut s’attendre au retour des limaces et des ravageurs volants tels que les pucerons et les cicadelles. Ce n’est donc pas le moment de relâcher la pression.

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