Prix du lait: Guillaume reconnaît devant des éleveurs que « ça ne va pas »

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Depuis quelques semaines, de nombreux accords ont été annoncés avec tambour et trompette entre la grande distribution et des industriels laitiers ou des coopératives, dans le but affiché de mieux rémunérer les éleveurs.

03/05/2019 - 15:00

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a reconnu jeudi devant des éleveurs que le prix du lait n'était pas à la mesure des attentes suscitées par la loi Alimentation, en dépit des accords passés par plusieurs industriels avec la grande distribution.

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« Je vous le dis tranquillement, payer du lait à moins de 350 euros [les 1.000 litres] , ce n’est pas sérieux. Il faut changer le système. Payer du lait à 325 ou 330, ça ne va pas. On a un objectif, c’est d’avoir notre autosuffisance alimentaire », a déclaré le ministre à des éleveurs laitiers, lors d’une visite gouvernementale en Charente où il accompagnait le Premier ministre Edouard Philippe.

Depuis quelques semaines, de nombreux accords ont été annoncés avec tambour et trompette entre la grande distribution et des industriels laitiers ou des coopératives, dans le but affiché de mieux rémunérer les éleveurs.

Selon un tableau tweeté jeudi par L’éleveur laitier, magazine professionnel de La France Agricole, parmi les « gros du secteur », le groupe fromager Savencia (Elle-et-Vire, Saint Moret, Tartare, Caprice des Dieux, Saint Albray…) se positionne clairement un cran au-dessus en termes de prix payé aux producteurs au deuxième trimestre 2019, à 350,84 euros les 1.000 litres (+38 euros par rapport à 2018), quand les autres se situent autour de 334 euros.

« Il faut que demain les prix à la production remontent, il ne faut pas nous la faire à l’envers, il faut que tout le monde gagne sa vie », a insisté M. Guillaume.

« On ne peut pas faire de grosses pubs dans le journal pour dire qu’on remonte un peu le prix du lait, et les autres (les éleveurs NDLR) vous ne gagnez pas votre vie. Ce n’est pas possible », a tempêté le ministre aux côtés d’Édouard Philippe.

Le Premier ministre a quelque peu nuancé le propos gouvernemental, soulignant qu' »on ne parlait pas de petites transformations, mais de transformations profondes dans des circuits économiques complexes, dans un milieu où il y a de la concurrence », et que « donc ce n’était pas facile ».

« Ceux qui se sont engagés il y a 17 mois à faire remonter les revenus des agriculteurs devront rendre des comptes », a toutefois prévenu M. Guillaume, qui a assuré que le gouvernement ne « lâcherait rien ».

« Maintenant, il faut qu’on s’assure que les engagements côté État soient tenus et que les engagements des autres côtés de la table soient tenus », a conclu M. Philippe.

Selon Nicolas Girod, secrétaire national de la Confédération paysanne et éleveur de vaches laitières dans le Jura, « l’indicateur » qui avait été défini par l’interprofession laitière CNIEL comme référence pour couvrir les coûts de production des éleveurs laitiers était fixé à 396 euros les 1.000 litres, ce qui donne 39,6 centimes le litre de lait.

« La majorité des contrats signés par les industriels sont autour de 370 euros les 1.000 litres: on est encore loin de ce qui devrait permettre de couvrir les coûts de production » a-t-il dit lors de son audition devant la commission d’enquête sur la grande distribution de l’Assemblée nationale mardi.

Pour la députée de Vendée, Martine Leguille-Balloy, « dans le lait, on arrive à des prix qui ne peuvent absolument pas être rémunérateurs (…) il y a un problème majeur après des annonces beaucoup trop encourageantes », a-t-elle lancé lors de la séance d’audition de la commission d’enquête jeudi.

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