Traite robotisée : les 3 meilleures façons d’économiser de l’énergie

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Traite robotisée : les 3 meilleures façons d’économiser de l’énergie

La traite robotisée consomme plus d'énergie que la traite manuelle. Les économies sont à trouver en aval du robot. (©Ferme Derval)

Le robot de traite entraîne une surconsommation électrique sur laquelle l’éleveur a peu de moyens d’action. Les principales économies sont à rechercher via d’autres équipements.

Selon le référentiel 2024 établi par l’Institut de l’élevage (Idele), la consommation électrique des fermes bovines laitières françaises s’élève à 59 kWh pour mille litres de lait en système salle de traite, et à 73 kWh en système robot de traite (valeurs médianes). En moyenne, le robot génère donc une surconsommation d’électricité de 24 %. En traite robotisée, la chasse aux économies commence à l’aval du robot. Le point sur l‘économie d’énergie d’un robot de traite.

Top 1 = Récupérer les calories du condenseur du tank

Pour refroidir le lait, le tank comprend un compresseur et un condenseur du liquide frigorigène (groupe froid). Ces changements d’état génèrent de l’énergie calorifique. Un échangeur (à plaques ou tubulaire) peut la récupérer afin de la restituer à un circuit d’eau. L’eau préchauffée à 50 °C permet une économie de la consommation du chauffe-eau jusqu’à 75 %, soit 14 kWh par mille litres de lait (gain réduit de 10 % en présence d’un pré-refroidisseur).

L’Idele estime le retour sur investissement à cinq ans. Sur la base d’un coût de 0,15 euro/kWh, le gain peut atteindre 13 euros par vache et par an. Il faut souligner ici l’importance du nettoyage du matériel :

  • dépoussiérage du condenseur pour optimiser le fonctionnement des ventilateurs du tank ;
  • détartrage du chauffe-eau et du récupérateur de chaleur.

L’économie peut atteindre entre 3 et 10 kWh/1 000 litres.

Enfin, une bonne aération du local est essentielle pour limiter la température autour du condenseur. Des tests à dans la ferme expérimentale de Derval ont montré une surconsommation de 3 kWh/1 000 litres dans un local fermé.

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Récupérer des calories au niveau du condenseur du tank peut sauver jusqu’à 13 €/vache/an. (©Ferme Derval)

Top 2 = Pré-refroidir le lait

Il est aussi possible d’installer un second échangeur de chaleur en amont du tank à lait : c’est le pré-refroidisseur dont le rôle est de récupérer, via un circuit d’eau, les calories du lait sortant à 35 °C du robot de traite. Avec un lait ramené entre 17 et 23 °C, le tank réduit sa consommation d’énergie de 45 % en moyenne, soit 8 kWh par mille litres. L’eau tiédie entre 18 et 22 °C est destinée à l’abreuvement du troupeau ou au lavage des quais.

L’Idele estime le retour sur investissement entre deux et sept ans. Sur la base d’un coût de 0,18 euro/kWh, le gain peut atteindre 11 euros par vache et par an. De nombreuses installations intègrent déjà un pré-refroidisseur et l’Ademe vise 100 % d’équipement d’ici à 2035.

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Pré-refroidisseur installé à la ferme expérimentale de Derval. (©Ferme Derval)

Top 3 = Commander un tank économe

Le tank est en général la propriété de la laiterie. L’éleveur a donc peu d’emprise sur ce levier d’action, mais il peut faire la demande d’un tank économe à l’occasion d’un renouvellement. Ce tank nommé Opticool a été mis au point par Serap Industries et ses partenaires au cours du projet Tank 2020. L’économie peut aller jusqu’à 40 % de la consommation du tank soit 8 kWh par mille litres de lait.

Pour un élevage avec robot de traite, le gain peut être plus élevé car la quantité de lait à refroidir simultanément est faible. L’Ademe vise un taux d’équipement de 25 % en 2035 et 60 % en 2050, sachant qu’avec 100 % des exploitations laitières équipées, l’économie est estimée à 755 GWh/an soit 13 % de la production annuelle d’un réacteur nucléaire.

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Le système de type Opticool permet jusqu’à 40 % d’économie sur la consommation d’énergie du tank à lait. (©Serap Industries)

50 % de la consommation électrique du bloc traite imputables au robot

La ferme expérimentale de Derval en Loire-Atlantique s’est équipée en 2008 d’un robot de traite pour 70 vaches. Elle a installé en 2012 un pré-refroidisseur de lait et un récupérateur de chaleur. Depuis, elle mesure ses consommations électriques. Le bloc traite consomme globalement 52 kWh pour mille litres de lait, dont 50 % sont imputables au robot, 25 % au tank et 25 % au chauffe-eau. Mais il existe peu de marge de manœuvre pour réduire la consommation électrique du robot de traite. Celle-ci varie toutefois selon les marques, les options proposées, et l’âge du matériel.

À Derval, le changement de génération de robot en 2021 a fait baisser la consommation de 26 à 22 kWh par mille litres.

Le top 3 en chiffres-clés :

  • Top 1 : Jusqu’à 13 €/vache/an en récupérant des calories du tank
  • Top 2 : Jusqu’à 11 €/vache/an en pré-refroidissant le lait
  • Top 3 : Jusqu’à 8 kWh d’économie par mille litres de lait avec un tank économe

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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