TCS, une voie directe vers l’intensification fourragère

Elevages
Les légumineuses, en culture pure ou en méteil, sont à la base de l’intensification fourragère travaillée par Erwan Caradec.

Les légumineuses, en culture pure ou en méteil, sont à la base de l’intensification fourragère travaillée par Erwan Caradec.

20/04/2017 - 08:41

Les méteils cultivés en culture dérobée alimentent de façon non négligeable le système d’élevage intensif de l’Earl Caradec. Avec une Sau de 155 ha, Erwan et François Caradec récoltent environ 250 ha/an.

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Leur ration individuelle inclut 3,7 kg d’ingrédients achetés, dont 1,4 kg de tourteau de colza et 300 g d’urée, et permet à la petite centaine de vaches de l’Earl Caradec d’atteindre une production moyenne de 10 400 l/an (à 41 TB et 32,5 TP). Erwan et François Caradec dépensent 92 €/1000 l et disposent de 155 ha de Sau pour nourrir leur cheptel. De leur sole, ils consacrent 60 ha environ à des cultures en grande partie vendues: céréales, maïs grain et haricot.

Leur système fourrager se base sur 40 ha de maïs (ensilage en plante entière et épis), 50 ha de prairies et une dizaine d’hectares de luzerne. Il repose aussi sur une grande part de méteils ensilés. 14 kg bruts/VL, également prévus dans les rotations, en culture dérobée.

«En surface développée, nous récoltons 250 ha/an», car les agriculteurs de Douarnenez, adeptes des pratiques de conservation des sols, sont habitués à réaliser trois cultures en deux ans, voire trois récoltes de plantes différentes en moins d’un an. En effet, la parcelle qui jouxte la stabulation est un exemple.

D’ordinaire une prairie, pratique pour le pâturage : «on l’a fauchée à l’automne 2015», pour une récolte enrubannée, «puis nous avons implanté un méteil», qu’ils ont récolté au printemps suivant, juste avant un cycle de maïs ensilé en 2016. Cet hiver, une culture de blé s’y développait. Après la moisson 2017, les éleveurs réimplanteront une prairie.

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Les deux types de méteils sont conservés dans le même silo.

Plus de 25 t MS/ha produites sur un an

Un méteil, un maïs et un blé, «ça fait une rotation rapide entre les deux prairies, avec du rendement», résume Erwan Caradec, satisfait de valoriser plusieurs fois des potentiels intéressants. «En maïs ici, en culture sèche, nous avons fait 15,5 t MS/ha.» Le méteil, l’éleveur pratique depuis 25 ans. A l’heure actuelle, il en cultive deux types: le premier est un mélange triticale, avoine, féverole, pois assas et vesce, plutôt destiné aux génisses. Il précède les cultures de haricot dont l’implantation peut être tardive.

En effet, l’ensilage de ce mélange se fait en juin. L’éleveur en obtient 14 à 16 t MS/ha, à presque 0,8 UF. Le second assortiment (féverole, pois assas, vesce et avoine noire) est plus orienté vers la production de protéines. Erwan Caradec l’utilise notamment pour l’hivernage de ses cultures de luzerne. Tous les ans, il sème le méteil en automne: «Je produis la plupart des semences. Le mélange me revient à 200 €/ha.» L’ensilage au printemps rend environ 12 t MS.

Après quoi, la luzerne connait un cycle de production classique avec trois coupes, jusqu’à l’implantation du méteil suivant qui préserve le champ de légumineuse de l’enherbement hivernal. En dérobée d’un maïs, ce mélange présente des taux de MAT «proches de 15%». Avec de la luzerne, Erwan Caradec constate que cette teneur se renforce encore.

Des plantes indispensables

Les légumineuses, incontournables pour améliorer le degré d’autonomie alimentaire des troupeaux, le sont aussi pour les systèmes travaillant en conservation des sols. «Sans légumineuses, nos systèmes ne fonctionnent pas», rappelle l’éleveur, passionné de la vie du sol. Outre leur rôle de porte d’entrée ouverte aux molécules d’azote, elles ont «un effet inoculation des sols en bactéries» qui est tout aussi important à ses yeux.

L’EARL CARADEC FAIT PARTIE DU GROUPE TCS 29

250 agriculteurs du département qui travaillent sur le sujet de la conservation des sols composent le groupe TCS 29. Ils testent notamment des cultures en association. Avec un climat adouci par l’omniprésence maritime. « Ici, le soja n’est pas adapté », confirme Jean-Philippe Turlin, animateur du groupe. Pour apporter plus de protéines via les récoltes fourragères, « il y a notamment des essais de maïs-tournesol-haricot. »

Retrouvez l‘intégralité du numéro spécial hors-série élevage paru en avril 2017.

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