Quel est le débit de chantier réel d’une faucheuse ?

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Quel est le débit de chantier réel d’une faucheuse ?

De la taille des parcelles dépendra aussi le débit de chantier. (Crédit : ©Vicon)

L’analyse du compteur connecté d’une faucheuse de cuma fournit des repères précis sur son débit de chantier réel, compte tenu des déplacements. Décryptage.

Les valeurs de débit de chantier d’une faucheuse à dire d’expert ne donnent d’une première estimation pour qui veut organiser l’activité d’un nouveau matériel. En effet, les conditions du chantier et surtout le poids des temps de déplacement influencent considérablement la capacité réelle d’une machine dans un créneau de temps donné. Heureusement, le déploiement de compteurs connectés dans les cuma fournit aujourd’hui des enregistrements précis à leurs responsables. Collectés et analysés par le service AgroEcoTech de la Fncuma avec l’appui des animateurs du réseau sur le terrain, ces chiffres permettent plus de finesse dans la prévision.

Débit de chantier d’une faucheuse : 38 % du temps passé sur la route

débit chantier faucheuse

Après une saison et plus de 150 ha travaillés, la faucheuse suivie a passé 38 % de son temps sur la route.

En l’occurrence, nous prenons ici le cas d’une faucheuse à plat de 4 m ayant travaillé durant une saison pour une quinzaine d’adhérents totalisant 151 ha d’activité, dans un parcellaire très morcelé. Premier constat : le temps passé au travail dans les parcelles ne représente que 62 % de la durée totale d’activité. Autrement dit, 38 % du temps a été consacré aux déplacements sur les routes. Pour chaque hectare fauché, la machine a ainsi parcouru en moyenne 6,5 km. Il en résulte que le débit de chantier, de 1,9 h/h quand on le mesure uniquement dans les prairies, tombe à 0,8 ha/h si on prend en compte l’ensemble du temps de mobilisation du matériel, déplacements inclus.

Ce phénomène dépend bien entendu de la dispersion géographique des parcelles, et de la manière dont s’enchaînent les travaux. À chaque groupe de vérifier s’il est possible ou pas de le réduire, par exemple en revoyant l’ordre de passage pour grouper les parcelles à faucher dans un rayon d’intervention proche, voire en envisageant des échanges parcellaires.

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Un effet surface indéniable sur le débit de chantier

Second constat : l’effet taille du chantier sur le débit est indéniable avec cette faucheuse. Chacun devine qu’il existe mais l’expérience montre que tous les matériels ne répondent pas à l’identique au type de parcellaire. Dans ce cas précis, pour les parcelles de moins de 1 ha, la machine ne coupe que 1,4 ha/h. À l’opposé, dans celles de plus de 4 ha, qui affichent en moyenne 8,8 ha, elle atteint 2,3 ha/h. Un gain significatif.

Le débit de chantier de la faucheuse varie en fonctionde la taille de la parcelle.

La machine ne coupe que 1,4 ha/h dans les parcelles de moins de 1 ha, tandis qu’elle affiche un débit 2,3 ha/h pour celles de plus de 4 ha.

Dans le premier cas, la vitesse moyenne dans la parcelle s’élève à 6,2 km/h, alors qu’elle monte à 8,7 km/h dans le second. Moins de manœuvres et la moyenne s’améliore, mais jusqu’à un certain point seulement. En effet, au vu des chiffres détaillés, il semble bien qu’on ne gagnerait pas grand-chose à aller plus loin en surface de parcelle. D’autre part, les grandes largeurs de fauche n’améliorent pas forcément ces débits de chantier au-delà d’un certain seuil de surface. Un comparatif sortira prochainement pour mettre face à face les débits de chantier mesurés avec une faucheuse de 4 m, un groupe de fauche double de 6 m et un triple de 9 m. Il donnera des éléments de réponse complémentaires sur l’optimisation des chantiers de fauche.

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