Bonus fourrager, à quel prix ?

Quel est le seuil économique à partir duquel cela vaut le coup de les implanter pour suppléer au manque de ressources, plutôt que d’acheter à l’extérieur.

A partir de quel seuil économique, est-il intéressant d’intégrer des cultures fourragères complémentaires par rapport à un achat de fourrage à l’extérieur? La Fdcuma Charentes a proposé quelques repères technico-économiques.

Dans le contexte climatique actuel, nombre d’élevages accusent régulièrement des déficits fourragers. Il peut alors être opportun d’implanter des cultures fourragères complémentaires aux cultures classiques de maïs fourrage ou d’herbe. L’enjeu est de pouvoir déterminer le seuil économique à partir duquel cela vaut coup de les implanter pour suppléer au manque de ressources, plutôt que d’acheter à l’extérieur.

La Fédération des cuma des Charentes s’est appuyée sur le guide Nouvelle-Aquitaine des prix de revient des matériels cuma, sur le tarif des matériels et de temps de travail édité par les chambres d’agriculture, ainsi que sur des retours d’expérience d’agriculteurs. Elle a mis en évidence les chiffres clé (matériels + coût main-d’œuvre + GNR, hors coût de semences et intrants) de diverses cultures fourragères alternatives.

Ce travail a été présenté lors de la «journée élevage» du 5 décembre 2019. Journée organisée par le service élevage des chambre d’agriculture de Charente et Vienne.

Cinq itinéraires à la loupe

En tout, cinq cultures ont été comparées.

  • Crucifères fourragères implantées classiquement ou en simplifié, pour une récolte pâturée, un affouragement en vert ou plus rarement un ensilage. Cette option fourragère est assez peu courante. Elle semble un peu plus développée en élevage ovin. Elle n’est plus trop au goût du jour. Il est très rare de mécaniser cette récolte compte tenu des conditions météo et du coût de mécanisation final trop élevé au vu du rendement et de la difficulté de parvenir à un stockage de qualité. Aussi, les crucifères fourragères sont plutôt réservées au pâturage.
  • Méteil à dominante graminées semé à une densité de 150 à 200 kg/ha. Récolté en ensilage direct avec un cueilleur maïs rotatif ou une coupe directe. Attention aux récoltes trop précoces avec des risques de coulage au silo.
  • Méteil à dominante légumineuses semé à une densité de 150 à 200 kg/ha. Récolté en ensilage, enrubannage ou affouragement en vert. Rendement estimé à 6 t MS/ha. Attention à limiter des brassages afin d’obtenir un bon niveau de protéines.
  • Moha et trèfle associés semés en été en direct juste après la récolte de la culture précédente afin de garder la fraîcheur du sol. Différents modes de récolte possibles, y compris le fourrage. Rendement estimé à 3 t de MS/ha. Les rendements observés sont souvent assez faibles (parfois quasi-nuls). C’est une culture « aléatoire » directement liée aux conditions climatiques de l’été.
  • Sorgho fourrager implanté en classique, en plein ou avec des lignes fermées (1/2 ou 1/3) à une date pas trop précoce (> 12 ° au sol) après les semis de maïs. Rendement estimé à 9 t de MS/ha.

 

Comparaison des coûts de mécanisation des cultures fourragères « alternatives » (matériels + coût main-d’œuvre + GNR, hors coût de semences et intrants).

 

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La Fédération des cuma des Charentes a restitué au cours de son AG en mars, cette étude menée fin 2019, sur les itinéraires et les coûts de mécanisation relatifs aux cultures fourragères pouvant faire office aussi de cultures intermédiaires ou de couverts végétaux.

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