Sècheresse et canicule, gérer l’urgence fourragère et envisager l’avenir

Pour les cultures fourragères, c’est la troisième année consécutive où survient sécheresse aggravée par de faibles réserves en eau à la fin de l’hiver et des températures exceptionnelles. Les conséquences sont lourdes et la situation impose des actions. Le Gnis met en avant les cultures dérobées fourragères notamment.

La prairie est la première culture fourragère impactée par ces successions de sécheresses estivales.

Les prairies sont au premier rang des cultures fourragères impactées. Leur perte de la productivité immédiate est une évidence. D’autre part, leur potentiel de production est largement entamé pour l’avenir. En effet, et d’autant plus en situation de surpâturage, certaines plantes disparaissent, au profit d’autres appréciant ce contexte mais qui ne présentent pas d’intérêt fourrager.

Dans l’immédiat, cette pénurie de fourrages à pâturer entraîne la nécessité de nourrir avec des fourrages stockés initialement prévus pour l’hiver et pour lesquels les frais de récolte multiplient par trois le prix de revient par rapport au pâturage.

Miser sur les dérobées fourragères

Les solutions et décisions à prendre sont multiples et à adapter en fonction des conditions du foncier (disposition des parcelles), du type d’animaux, du mode d’exploitation prévu. Une possibilité pour reconstituer du stock est de miser sur les cultures dérobées fourragères. L’année climatique a avancé la date des récoltes, ce qui ouvre plus de possibilités pour réussir ces intercultures qui commencent par un choix parmi plus de 25 espèces disponibles: des crucifères, des légumineuses, des graminées comme le moha, le millet, le sorgho. Pour aider à choisir en fonction du mode de valorisation et de la période prévue pour cette récolte… Le Gnis propose désormais une réglette dédiée aux dérobées fourragères, similaire à la célèbre réglette qui existe déjà pour le choix des espèces prairiales (contact : sylvie.barbe@gnis.fr).

Sur les prairies elles-mêmes, le groupement rappelle qu’il est préférable de limiter les surfaces accessibles aux animaux afin d’épargner l’essentiel de la surface, ceci en vue d’éviter les dégradations liées au surpâturage. Il souligne aussi que les conditions difficiles pour la prairie sont aussi des périodes favorables au sursemis, soit pour produire rapidement des stocks avec des ray-grass d’Italie ou hybride et des trèfles hybrides, soit pour viser une restauration plus durable de la prairie avec du ray-grass anglais et du trèfle blanc géant.

La betterave fourragère, une solution pour l’avenir

Sur le long terme, on peut penser aussi à l’aménagement parcellaire sur les points d’eau mais aussi des parcelles arborées: de l’ombre pour les animaux et les plantes. En ces conditions d’été exceptionnelles, remarquons enfin le comportement des betteraves fourragères qui, même d’apparence «fanées», surprendront par leur faculté de récupération dès que les conditions redeviendront favorables. L’occasion de préciser que les betteraves pourront se pâturer au fil dès la fin août.

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