Construire une nouvelle équipe quand trois cuma fusionnent

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Construire une nouvelle équipe quand trois cuma fusionnent

Dans le secteur de Luché-Pringé, dans la Sarthe, des agriculteurs à la recherche de matériels performants à des coûts intéressants se retrouvent dans la cuma de la Vallée du Loir, une entité née de la fusion de trois collectifs. (©UCPDL)

Dans le secteur de Luché-Pringé dans la Sarthe, trois cuma n’en font plus qu’une. C’est une nouvelle histoire qui s’installe.

C’est l’histoire de la fusion de trois cuma. À Luché-Pringé, dans la Sarthe, dans une société qui verrait la montée de l’individualisme et de l’égoïsme, les jeunes agriculteurs du secteur ont pris une autre option, celle de travailler ensemble pour bénéficier de matériels performants à des coûts intéressants. C’est aussi grâce à l’initiative de leurs prédécesseurs qu’ils pourront trouver leur place dans une organisation au dynamisme motivant. En effet, en 2024, trois cuma du coin décident de fusionner. En quelque sorte, leur initiative tire un trait sur le passé et pose les premières lignes de la future histoire.

Une fusion de trois cuma pour trouver un nouveau souffle

Pourtant, la partie n’était pas gagnée ! Car avant même de parler de la fusion des cuma, l’état des lieux préliminaire pointait clairement les perspectives limitées, dans les trois groupes. Certes, des différences émergent dans le fonctionnement. D’un côté, des cuma plus petites : les Charbonnais (déchaumage, pulvérisation, broyage) et la Vallée de l’Aulne (épandage fumier et lisier) se concentrent sur quelques activités. De l’autre, la cuma d’Ecosse, qui se distingue par son hangar, est plus ouverte mais vient d’arrêter ses activités d’ensilage et de battage. Pour autant, l’analyse confirme que les trois coopératives ont en point commun que leurs responsables étaient proches de la retraite. Ainsi, l’arrivée d’une nouvelle génération était indispensable et Mathieu Boudvin, le président de la nouvelle entité, salue cette fusion, « la solution pour mettre les forces vives dans une seule unité ».

Cette dernière s’appellera cuma de la Vallée du Loir, un nom en parfaite cohérence avec la zone d’activé du collectif. Plusieurs Dinacuma(1) auront été nécessaires pour le faire émerger. S’il y a bien un travail juridique qui reste indispensable, il sert surtout de prétexte pour permettre aux différents protagonistes de travailler ensemble et d’établir un cap, un projet…

Pendant plus de 18 mois, les membres motivés se retrouvent ainsi pour « phosphorer » sur leur projet. À l’issue du processus, l’ambiance du groupe a changé. Une volonté forte de respect entre les membres s’affirme, et en cas de besoins, les règles sont écrites et appliquées. Ainsi, la fusion de cuma a réellement apporté un plus à la vie du collectif. Un autre phénomène remarquable est qu’au fil des réunions, l’ancienne génération se fait plus discrète et passe la main, tout en apportant des conseils avisés.

La naissance d’un leader différent

Une philosophie se consolide au fil du temps : la gestion d’une cuma ne peut-être l’affaire que d’une seule personne. C’est ainsi que chaque membre trouve sa place dans la future organisation et qu’une confiance s’installe entre eux. Pour autant et comme dans tous les groupes, la présence d’un leader est nécessaire, avec une différence par rapport au passé où cette personne faisait toutes les tâches. Aujourd’hui, son rôle est surtout de veiller au partage des missions. Il doit savoir déléguer et parfois aussi, trancher. En résumé, le leader moderne doit avant tout animer le groupe, avec une volonté de mettre en avant la solution collective. D’ailleurs Mathieu le confirme : « C’est réellement un travail d’équipe. Je remercie mes collèges pour leur appui au quotidien. »

Un salarié partagé

Le pressage en balles cubiques est une activité majeure de la cuma de la Vallée du Loir, qui a notamment l’intérêt de renforcer la présence d’un tracteur de forte puissance partagé avec des adhérents. Elle nécessite en outre la présence d’un chauffeur compétent. Alors que la cuma a embauché un salarié à plein temps en CDI, le président précise : « Comme la cuma a le statut de groupement d’employeurs, Julien va aussi chez des adhérents. La solution permet d’apporter un service de qualité, avec un salarié qui connaît les parcelles… »

Convivialité et rigueur

Mathieu Boudvin confirme la nécessité de prendre en compte la convivialité. À l’achat des matériels, car elle en renouvelle, la cuma impose la signature de bulletins d’engagements, avec des rendez-vous au hangar. Pour communiquer, la cuma s’est mise à WhatsApp. Là aussi, des règles sont fixées : on n’y raconte pas n’importe quoi !

Signes enfin que la cuma de la Vallée du Loir fonctionne bien, des demandes de prestations complètes se confirment pour les épandages de lisier, tandis que de nouveaux agriculteurs souhaitent y adhérer.

(1) Dinacuma : Dispositif d’accompagnement des cuma dans leurs projets stratégiques

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