La cuma, comme une évidence

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La cuma, comme une évidence

Alexandre Lacombe, Après une période de transition de trois ans, Sébastien Viennot et Simon Belin ont repris la gouvernance de leur cuma, sans hésitation.

À la cuma des Deux Vallées située en Côte-d’Or, le renouvellement des générations ne pose pas de problème. Au fil des ans, le conseil d'administration a changé de têtes, tout naturellement.

Petit coup de jeune à la cuma des Deux Vallées. Trois trentenaires représentent désormais la cuma. S’il ont peu d’expérience à leur poste de président, trésorier et secrétaire, ils en connaissent un rayon sur les cuma. La transmission des valeurs et des engagements dans la cuma était une évidence. Alexandre Lacombe, Simon Belin, eux, sont tombés dedans lorsqu’ils étaient petits. Tandis que Sebastien Viennot a découvert le modèle lorsqu’il s’est installé. Retour sur la transmission et gestion d’une cuma.

Transmission et gestion d’une cuma : valeurs et engagements

C’est en 2015 que tout a commencé. À cette époque, la moitié des exploitations de la cuma sont en cours de transmission. Dont celles des responsables. Un changement de génération doit s’opérer aussi bien dans les élevages qu’à la cuma. Pour certains, adhérer à la cuma était une évidence.

“On a grandi avec la cuma, se souviennent Alexandre Lacombe et Simon Belin. Nos pères y étaient très impliqués. À la maison on a toujours entendu parler de la cuma et on m’a toujours expliqué le fonctionnement.” C’est donc naturellement, lorsque les deux jeunes reprennent leur exploitation familiale, qu’ils adhèrent à la cuma et qu’ils reprennent des responsabilités. En 2018, après le suivi d’un DiNA qui met en lumière la nécessité de passer le relais à un nouveau conseil d’administration et de consolider leurs rôles, les jeunes prennent donc progressivement leurs responsabilités.

Période de tuilage nécessaire

Après quelques années de tuilage, Alexandre Lacombre reprend le poste de président. Il y a de ça trois ans. “Je me suis dévoué, de toute façon, il en fallait un, avoue t-il. J’ai aussi suivi une formation pour le matériel et j’ai un attrait pour ça, ce qui a facilité ma décision.”

Il le reconnaît, prendre un tel poste peut faire peur. “Quand on n’est pas à l’aise, qu’on ne connaît pas bien la cuma, on peut avoir des craintes. Notamment sur l’organisation du travail, la gestion administrative ou encore celle du matériel.” Mais grâce à la période de trois ans de transmission des compétences, le président est davantage à l’aise. Et il est en capacité d’impulser de nouveaux projets. »

Des nouveautés avec des arrivées

Parmi eux, le président a proposé à la dizaine d’adhérents d’investir dans une moulin à farine mobile pour l’alimentation des animaux. “Cet investissement a redynamisé la cuma et depuis deux ans, nous accueillons de nouveaux adhérents, reconnaît le président. Nous sommes désormais une quinzaine.” Autre nouveauté, la création d’un groupe Whatsapp pour mieux échanger entre les membres de la cuma. “Cet outil nous permet d’organiser les chantiers, de savoir où est le matériel, estiment les trois adhérents. Ça facilite grandement le travail du responsable.”

Ce ne sont pas les seuls projets menés par ces jeunes depuis qu’ils sont à la tête de la cuma. Simon Belin, lui, a mis sa touche dans la gestion comptable. Il est trésorier, comme son prédécesseur. “Il fallait du monde qui s’engage pour faire perdurer la cuma, estime t-il. Je n’avais pas vraiment le choix que de reprendre les rênes. Mais j’avoue aussi que je n’ai pas de difficultés à tenir ce poste. J’aime bien manipuler les chiffres.”

Vers le numérique

Parmi les nouveautés mises en place, il y a la création d’un tableur Excel pour faciliter l’enregistrement des volumes des matériels mais aussi des heures travaillées. “Grâce à mes anciens collègues, j’ai créé des formules afin de faciliter la facturation des outils, explique le trésorier. Ça me fait gagner beaucoup de temps.”

L’autre nouveauté, ce sont les carnets de travaux. Beaucoup plus précis, ils permettent aussi au bureau de mieux suivre la cinquantaine de matériels avec leur utilisation, l’entretien réalisé ou encore les remarques des adhérents. “C’est plus clair et on accède plus facilement à l’historique”, ajoute Simon Belin.

Plus que du matériel

Si pour ces deux compères la cuma était une évidence, ça l’était moins pour Sébastien Viennot. “Je ne connaissais que de très loin le modèle des cuma, avoue t-il. Je savais le bénéfice que cela pourrait m’apporter au niveau de la mécanisation. Mais lorsque j’ai repris l’exploitation, mon prédécesseur avait à coeur que je continue de m’y engager.”

Ce jeune agriculteur qui n’est pas de la région, a donc joué le jeu, d’autant qu’il n’y avait que très peu de matériels sur la ferme. “Je n’ai repris que des parts sociales dans la cuma, précise Sébastien Viennot. C’est beaucoup moins onéreux que de racheter du matériel.” Cette décision, il ne la regrette pas. “C’est aussi un moyen d’insertion facile, estime t-il. Être dans un groupe permet aussi de ne pas rester enfermé dans son exploitation. C’est plus qu’un partage de matériel.”

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