« L’Inde est le premier producteur mondial de tracteurs dans le monde, en nombre d’unités », précise Christophe Aubé. Le président d’Agreenculture fait partie de la délégation qui a accompagné Emmanuel Macron au sommet sur les impacts de l’intelligence artificielle à New Delhi en Inde, en février. Avec un objectif : vérifier l’appétence des Indiens pour les tracteurs autonomes.L’Inde est un grand producteur de petits tracteurs. « On est sur des volumes colossaux, de toutes petites unités à des coûts de production dérisoires », décrit Christophe Aubé. C’est-à-dire qu’un tracteur de 50 cv s’achète en Inde l’équivalent de 12 000 €. Attention, on parle d’unités très simples, en gros d’un moteur avec 4 roues ! »
30 ch par hectare
« Les exploitations restent toutes petites. Une partie des agriculteurs reste à la bêche et à la fourche, et l’autre se mécanise à vitesse grand V. On est en général à 30 ch pour un hectare. Donc quasiment en sur-mécanisation », résume Christophe Aubé. Le gouvernement indien n’hésite pas à subventionner la mécanisation des usages à coups de subventions.
Par ailleurs, « les Indiens sont extrêmement intéressés par les tracteurs autonomes, et par les nouvelles technologies dans leur ensemble », résume Christophe Aubé. « Il y a bien entendu plein de conditions préalables : il faut que ça soit utile, rentable, déployable. Mais le principal frein en France par exemple, c’est l’envie. Or en Inde, on sent qu’il y a une envie forte. C’est un pays où la digitalisation des usages est beaucoup plus avancée que chez nous », constate-t-il.
Tracteur autonome en Inde : une envie de modernité
« La population indienne est très jeune, et très connectée : la plupart sont nés à l’ère des smartphones et ont accédé aux nouvelles technologies toute leur vie », explique Christophe Aubé. « Il n’y a quasiment pas de problème de réseau internet dans ce pays, même dans les zones rurales. »
« Il n’y a pas de barrière psychologique au fait de déléguer la conduite. Pour tout dire, les jeunes Indiens ont même envie de faire différemment de leurs parents, et voient dans le tracteur autonome une manière de rompre avec le passé. »
« Comme dans les années 1960 en France, tout le monde a des proches agriculteurs là-bas. Les nouvelles générations ont envie d’avoir une carrière, le beau salaire que leurs offrent les postes dans les grandes villes. Ceux qui ont une ferme familiale se verraient bien la reprendre à distance. »
E-farmer à distance
« Le souci principal de cette nouvelle génération de propriétaires terriens, c’est de trouver de la main-d’œuvre qualifiée pour appuyer cette gestion à distance. C’est paradoxal dans un pays où la main-d’œuvre est partout, mais conduire un tracteur, et notamment s’il est doté d’options, cela demande beaucoup de compétences. Les nouvelles générations qui se projettent dans l’agriculture voient donc d’un bon œil les machines autonomes qu’ils pourraient piloter et suivre à distance. Ils se voient un peu comme des’e-farmers », analyse Christophe Aubé.
Tracteur autonome en Inde : un leader des petites machines
Avec environ un million d’unités vendues par an, l’industrie indienne de l’agroéquipement s’est développée de manière stratégique (et logique) autour des petites machines robustes. Trois maîtres-mots : concevoir des machines abordables, fiables et facilement réparables. Les machines sont sobres et doivent s’adapter à des sols parfois difficiles, être dotées de dispositifs de refroidissement adaptés. Les grandes marques (Mahindra, Tafe, Escorts) ont établi en Inde un réseau de proximité très fin et des dispositifs d’accès financier qui les rendent très attractifs.
Pourquoi ce sujet ?
L’Inde est un grand pays de production de petits tracteurs. Le gouvernement incite à la mécanisation des exploitations qui travaillent souvent de toutes petites parcelles. Pourquoi ce pays intéresse les industriels français ? Nous avions envie de savoir.
Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :





