Quels sont les intérêts de l’autonomie protéique en élevage caprin ? Ça rapporte de l’argent ! Ou plus exactement, l’autonomie protéique génère des économies d’intrants.
Autonomie protéique en élevage caprin : économisez jusqu’à 8 760 € par an
Le Réseau d’Expérimentation et de Développement Caprin (REDCap) a calculé que cela pouvait économiser jusqu’à 8 centimes d’euros de concentrés par jour et par chèvre. Soit un total de 8 760 € pour un élevage de 300 chèvres. Plus précisément, cela met en évidence l’importance de bien conduire une culture fourragère.
L’étude compare une situation avec de la luzerne à 12 % de Matière azotée totale (MAT) et une autre avec la même légumineuse à 18 % de MAT. Cet écart permet les économies de concentrés dont je viens de parler.
Comment gagner ces six points de MAT ?
Sans parler de six points de MAT en luzerne au sens strict, on peut élargir à toutes les cultures contenant des légumineuses, en pur ou associées. La luzerne pure est un levier puissant pour récolter ses propres protéines végétales. Les prairies multi-espèces sont aussi un bon moyen.
Pour tirer le maximum de protéines de ces fourrages, il faut préserver les feuilles lors des étapes de la récolte.
Quels sont les outils idéaux pour récolter les fourrages en préservant les feuilles ?
Cela débute au semis. La plupart des espèces fourragères montrent le meilleur taux de levée pour un semis à 1 cm de profondeur. Des essais de l’Idele et Arvalis ont montré une bonne performance du semis à la volée, avec un à deux roulages post-semis préconisés.
Pour la fauche, les faucheuses à plat sont les plus indiquées. Les conditionneurs dégradent trop les feuilles.
Pour l’andainage, cela est maintenant reconnu, ce sont les andaineurs à tapis. Bien que ce soient les meilleures solutions techniques, il conviendra toujours de bien régler les outils, par exemple en évitant les remontées de terre, par exemple dues au grattage de taupinières.
Est-il possible de récolter un fourrage de qualité sans ces outils, parfois onéreux ?
Oui, à condition d’adapter des réglages et des manières de conduire. Sur les faucheuses avec organes de conditionnement, il faut minimiser leur action. Bien s’assurer de la hauteur de coupe. Je conseille de vérifier la position des patins pour laisser des pousses hautes de 10 cm minimum.
Ce paillasson assure une bonne ventilation du fourrage fauché, et préserve la capacité de redémarrage des plants. Sans andaineur à tapis, il est possible de préserver les feuilles à condition de limiter la vitesse des râteaux. Si je résume, on peut récolter en préservant la qualité du fourrage avec des outils pas forcément conçus à cette fin, mais cela demande de travailler à vitesse modérée et une technicité accrue.
Pourquoi le collectif agricole est une clé pour assurer l’autonomie protéique des élevages ?
Les prix des matériels rendent difficiles les investissements dans des outils adaptés à la récolte des légumineuses. L’achat collectif, notamment en cuma, facilite les achats.
En plus de cette facilitation, la capacité d’investissement accrue permet d’acheter des équipements aux dimensions et avec les caractéristiques techniques correspondant aux besoins actuels. Parfois même, les cuma dédient des chauffeurs, qui fournissent technicité et souplesse aux éleveurs.
Pour plus d’informations, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :





