La clé de la compétitivité des élevages polonais résiderait-elle dans l’alimentation ? Oui, que les éleveurs soient dotés de cheptel de 700 bovins ou de dix fois moins, leur performance tient à leur optimisation technico-économique. Car une vache laitière polonaise produit en moyenne 11 000 l de lait chaque année, contre 8 500 en France. Retour sur l’élevage laitier polonais.
Optimisation nutritive
L’objectif des éleveurs polonais est de nourrir leurs vaches avec un fourrage de qualité et peu cher. Possible ? Il faut croire. Exit les tourteaux de soja importés de l’autre bout du monde. Il est remplacé par l’ensilage de maïs cultivé sur l’exploitation ou sur celles voisines si l’assolement n’est pas suffisant. Les agriculteurs favorisent l’affouragement vert. Les techniques de séchage des fourrages ou d’enrubannages ne sont pas utilisées, trop coûteux selon eux. Toutefois, la Pologne bénéficie, sur son flanc Est, de terres fertiles à haut potentiel, faciles à travailler et plates.
Mais, « ce qui me frappe le plus, annonce Nassim Hamiti, chargé de mission agroéquipement à la Fncuma, après un séjour là-bas, c’est l’optimisation de leur culture de luzerne. Alors qu’en France, les éleveurs sont satisfaits d’effectuer quatre coupes en une année, là-bas, ils en réalisent sept. » De quoi optimiser les apports nutritifs de cette plante, ainsi que le matériel nécessaire à sa récolte. En entente avec leurs voisins, ils n’hésitent pas à partager leur matériel, mais le système des cuma n’existe pas.
Peu d’attrait aux marques
Du côté du matériel, les Polonais sont plutôt bien équipés. Ils favorisent le coût d’utilisation et les services liés à une machine plutôt que sa marque ou un concessionnaire. La puissance des tracteurs est, elle aussi, optimisée.
En France, la puissance moyenne des tracteurs est de 180 ch contre une centaine en Pologne. Tout comme le choix d’utiliser un matériel d’occasion. Surtout pour les plus petites exploitations.
Selon une enquête menée en 2019 pour la filiale polonaise de Kubota, dans plus de 71 % des cas, l’achat d’un tracteur se fera au comptant (grâce aux économies de l’agriculteur).
Aides PAC ?
S’ils sont si bien équipés, autant du point de vue du matériel que des bâtiments, c’est aussi grâce aux aides structurelles que distribue l’Union Européenne depuis leur entrée en 2004. Ce sont ces aides qui permettent également aux coopératives laitières d’acheter le lait à un bon prix. Entendez, environ 700 €/1 000 l.
En France, le cours du lait frôle difficilement les 520 €/1 000 l, avec des cahiers des charges contraignants. Avec une filière aussi forte, même si moins organisée qu’en France, la Pologne ne connaît pas la crise.
L’accès au foncier, ça coince
Si tout semble rose en Pologne, il faut tout de même avoir en tête que le principal frein au développement de l’agriculture dans ce pays est l’accès au foncier.
En effet, peu de terrains sont disponibles et le coût du foncier se situe en moyenne autour des 50 000 €/ha, contre 15 000 en France. Le système de fermage est peu utilisé alors qu’en France, il concerne un quart de la SAU.
Pourquoi on parle de l’élevage laitier polonais ?
L’intégration de la Pologne dans l’Union Européenne, il y a de cela une vingtaine d’années, rime avec réussite. Au lieu d’opter pour des aides surfaciques, le pays a choisi des aides structurelles. Ainsi, l’agriculture polonaise est devenue très performante et profite d’infrastructures et de matériels optimisés.
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