Des résultats rafraîchissants dans la lutte contre le gel

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Des résultats rafraîchissants dans la lutte contre le gel

Tondre ras le couvert, l’écopâturage et l'anticipation des risques sont trois leviers d'action de lutte contre le gel.

Terminé, le Giee Adaptation au changement climatique, en Gironde, tire les leçons de ses trois ans d’observations. Parmi elles, l’effet bénéfique de la combinaison d’une conduite stricte du couvert et de l’itinéraire technique. À la clé : la bonne humidité, pour faire grimper les degrés.

Non, tout n’a pas encore été raconté dans la lutte passive contre le gel en viticulture. Après trois ans d’observations attentives, le Giee « Adaptation au changement climatique », en Gironde, fait encore des découvertes en la matière. Plus précisément, les viticulteurs du groupe épaulés par la fédération des cuma 33-47, la Chambre d’agriculture de Gironde, Guillaume Delanoue, ingénieur à l’IFV et le climatologue et entrepreneur Jean-François Berthoumieux, ont expérimenté de nouveaux leviers d’action. Ces derniers conduisent à de nouvelles potentielles préconisations. Primo, tondre ras le couvert. Secundo, l’écopâturage apport un avantage. Tertio, anticiper le risque en avançant certains travaux.

Lutte passive contre le gel en viticulture : ne pas former de barrière isolante

D’après les observations effectuées de 2023 à 2025, le principe à garder en tête, « c’est ne pas former de barrière isolante », rapporte Annabel Garçon, conseillère à la Chambre d’agriculture de Gironde. À défaut, on accentue le risque gélif. « Les observations effectuées nous ont permis d’émettre l’hypothèse que, par exemple, un travail du sol trop proche dans le temps d’un épisode à risque produit des bulles d’air dans le sol qui joue le rôle d’isolant. Ces dernières empêcheraient alors la restitution de la chaleur emmagasinée dans la journée. Car en général, une journée ensoleillée précède la nuit de gel. »

D’après les observations du Giee, le même mécanisme se jouerait avec le paillage couché au sol. Celui-ci constituerait une barrière en réfléchissant les rayons et la chaleur du jour. Le tout n’est donc pas de tondre ras. Il faut aussi se préoccuper des déchets de tonte sur les parcelles à risques. « On observe ainsi un effet positif de l’écopâturage, poursuit Annabel Garçon. En consommant l’herbe, l’effet est aussi de stopper le pompage de l’eau dans le sol. Car il a été observé qu’il faudrait un certain niveau hydrique dans le sol pour qu’il conduise la chaleur. »

Préconisation sûre pour lutter contre le risque de gel : ne pas laisser le couvert haut. Les observations du Giee recoupent là d’autres déjà faites et dans d’autres régions. « Un couvert développé capte l’humidité du milieu et amène à un accroissement du risque de gel. D’où le conseil de tondre. Mais pas la veille ou l’avant-veille, il faut anticiper. »

Objectif : restituer des watts au mètre carré grâce au sol

Un équilibre difficile à trouver. Car un sol saturé en eau peut avoir un effet négatif. « Un sol détrempé ne servira pas à lutter contre le gel, au contraire. » À ce propos, Jean-François Berthoumieux voudrait désormais aller plus loin en mesurant différents apports et quantités d’eau stockées dans le sol et les effets sur la conduction de chaleur, sa restitution comme méthode passive de lutte contre le risque de gel. Les observations doivent donc maintenant être suivies de vérifications.

En effet, au travers du Giee, l’une des premières manipulations a été une observation aérienne. Grâce à de la détection thermique par avion, « lors d’une nuit de gel sur Saint-Emilion, on a vu des hétérogénéités de températures au niveau du sol de parcelles de vignes côte à côte, aux caractéristiques similaires, mais avec des températures au sol de plus ou moins 2 à 3 degrés.

La différence principale était un état d’humidité du sol différent. On veut donc maintenant regarder comment augmenter la capacité du sol à être moins gélif de 3 degrés au ras du sol, à 10 cm et à 1 m du sol, avec des apports d’eau les jours précédents le ou les risques de gel. Et apporter ainsi 100 à 180 W/m2 à l’air froid et sec ». « La question est aussi de savoir si ça peut tenir sur 2 ou 3 nuits de gel d’affilée » dit-il. Ce travail continue notamment au travers d’un projet européen appelé An-Gel. Encore faudra-t-il qu’il gèle – ce qu’on ne souhaite pas non plus ! – A suivre.

Deux piliers dans la lutte passive au Giee de Gironde

Taille tardive et gestion de l’enherbement à l’annonce d’un gel, tels sont les deux principaux leviers testés par les viticulteurs du Giee Adaptation au changement climatique. Entre 2023 et 2025, sous cinq appellations, sur des sols variés, en bio, en conversion ou conventionnel, en cave coop comme en chai particulier, tous participent à des tests et à des observations pendant la période à risque de gelées.

Car ils sont tous concernés par cette menace. Notamment à cause du changement climatique, faisant débourrer plus tôt, et à cause de la précocité des cépages. La taille tardive a eu l’effet escompté. Mais les viticulteurs remontent une possible perte de vigueur lorsque la pratique est menée deux, voire trois années consécutives.  » Une rotation de chantier et des amendements sont à prévoir pour maintenir le potentiel de récolte « , soulignent-ils.

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