Pourquoi se lancer dans la culture de clémentiniers ?
La zone de production des clémentines remonte vers le nord. En Espagne, les températures sont trop chaudes au sud de Valence, notamment la nuit. Les clémentines restent vertes. Elles sont passées en chambre de maturation et ramollissent. De notre côté, nous cherchions de nouvelles cultures pour diversifier nos revenus. Avec les sécheresses notamment, les céréales ne donnent plus grand-chose.
Côté français, l’offre de clémentines de Corse offre des volumes assez limités, les cours sont hauts et c’est l’un des rares produits qui s’achètent bien.
Techniquement, à quoi avez-vous été confrontés ?
D’autres agriculteurs se sont lancés avant nous dans les Pyrénées-Orientales. Nous avons planté en 2021 de petites surfaces, avant la sécheresse. les arbres se sont très bien comportés, nous avons vendu une première récolte -symbolique- dès 2023. C’est un fruit méditerranéen qui résiste assez bien au manque d’eau, mais aussi au vent et au gel. La plantation coûte autour de 10 000 € l’hectare, ce qui est bien moins que d’autres cultures comme le kiwi qui a besoin de palissage par exemple.
Ici la référence c’est la pêche : le clémentinier, qui est persistant, a besoin d’un peu d’eau et de nutrition toute l’année, mais sans pics. Il demande plus de nutrition mais moins d’intrants que le pêcher, donc ça s’équilibre sur ce plan. Par contre, il n’y a besoin ni de palissage, ni de taille, ni d’éclaircissage, c’est une culture qui se récolte bien, soumise à peu de chocs et que vous avez un mois pour ramasser en hiver. Il n’y a pas de maladie jusqu’à présent, quelques ravageurs -mineuses, cératite, trips, mais rien de nouveau.
Dès la troisième année, nous avons pu écouler de petites récoltes grâce à un vendeur, un cahier des charges et une marque pour atteindre les GMS. Les retours des tests qualitatifs sont excellents et nos produits se sont écoulés pendant toute la saison.
Est-ce qu’il y a des spécificités en bio ?
Les insecticides autorisés sont très limités en France, même en conventionnel. On utilise les pièges et des bandes enherbées. Mais au final ce n’est pas ça qui pose le plus de souci en bio. Ce qui coûte le plus cher, c’est la nutrition.
L’arbre est un bâton pendant deux ans mais il s’installe. Il faut donc prendre garde à l’enherbement au départ, c’est la plus grande difficulté en bio.
Au niveau économique, est-ce que la culture de clémentiniers fonctionne ?
Oui, les coûts de production sont inférieurs à ceux de la pêche. Ils atteignent 50 centimes par kilo pour des fruits qui s’écoulent à 5 € le kilo en GMS, avec 8 à 9 fruits de beau calibre par kilo. Les cantines nous demandent d’ailleurs des fruits plus petits !
Nous avons planté 22 ha en 2024, 10 autres en 2025, et notre projet c’est d’aller vers 200ha en conventionnel et 8 en bio, pour aboutir à environ 6000 tonnes.
Avez-vous envisagé des acquisitions de matériels en cuma ?
La cuma nous a davantage servi à rapprocher nos réflexions et mettre nos besoins en commun. Pour l’instant, nous achetons nos matériels hors de la cuma.
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