La prairie sous toutes les coutures

Pas moins de quatre journées techniques dédiées aux prairies étaient organisées par les fédérations de Cuma de la région Sud-Ouest en septembre.

Les Hautes-Pyrénées ont ouvert le bal le 10 septembre au Col des Palomières, suivies de près par les Pyrénées-Atlantiques (à Musculdy, voir notre vidéo) et le Tarn et l’Aveyron, qui organisaient une journée conjointe à Montlaur (Aveyron) le 12. La Haute-Garonne a fermé le bal, le 17 septembre à Rebiréchioulet. Voici un résumé de ces journées techniques, dont le succès démontre à lui seul  l’implication des éleveurs sur ces thématiques, et l’intérêt d’investir à plusieurs.

 

Dans les Hautes-Pyrénées, journée prairie sous la pluie

Malgré pluie et brouillard, une centaine de personnes se sont retrouvées le 10 septembre au Col des Palomières, 800 mètres d’altitude au-dessus de Bagnères-de-Bigorre, pour une journée sur le thème de l’optimisation fourragère. Les démonstrations ont été très limitées à cause du temps. Dommage car les machines étaient là, l’idée étant de présenter une chaîne complète, y compris la fertilisation. La trentaine de fournisseurs ont pu présenter leurs machines, prenant date pour le surlendemain à Musculdy. Le forum débat animé par Patrick Caperaa de la Chambre d’agriculture mettait en présence témoignages d’éleveurs et discours de techniciens. Denis Manse, venu en voisin d’Argelès-Bagnères, basé sur l’exploitation intelligente de ses 50 ha de prairies permanentes pour l’essentiel par ses 50 mères allaitantes et la suite, complétées par la montée en estive des deux tiers du troupeau. Frédéric Sans d’Antin, éleveur laitier est passé d’un système basé sur le maïs à différents méteils, mélanges de graminées et légumineuses, toujours sous forme d’ensilage, implantés sans labour. Avec à la clé une amélioration de l’état du troupeau et de bons résultats économiques. Karine Chatain, de la Chambre d’Agriculture, ainsi que Sandrine Frayssinet de la société Barenbrug et Laurent Cipière de Jouffray Drillaud ont complété les témoignages.

Jean Morère

Nos photos:

img 0762  A 800 mètres d’altitude, la météo n’a pas épargné les participants, qui ont pourtant répondu à l’appel.
65 hautes py journee prairies Le forum-débat a permis d’illustrer le fait que l’autonomie fourragère prend des chemins très variés, tout en mobilisant la vigilance et la technicité de l’éleveur.

 

Tarnais et Aveyronnais ont « boosté leurs prairies » à Montlaur

Matin en salle, après-midi au champ : l’organisation de la journée technique organisée par les fédérations des cuma de l’Aveyron et du Tarn était bien huilée. Michel Weber, de la Chambre d’agriculture de l’Aveyron a résumé : « Les besoins des troupeaux peuvent se télescoper avec ceux des prairies. Les questions à se poser : quels besoins en herbe, pour quel troupeau ? Où se situent les surfaces en herbe ? Quel est mon potentiel de production de l’herbe et est-il atteint ? ». Jean-Pierre Lannes, Jacques Mouls et Rémi Mazerand (voir photo ci-contre), trois agriculteurs qui travaillent sur l’autonomie alimentaire, ont témoigné, avant l’intervention de Vladimir Goutiers, chercheur à l’Inra de Toulouse et spécialiste des prairies multispécifiques semées. Ce dernier a présenté les résultats de ses travaux les plus récents, ainsi que le logiciel CapFLOR (toujours en cours de développement avec des groupes d’agriculteurs, voir Entraid, septembre 2013, p. 54.), destiné à concevoir les prairies semées les plus adaptées au projet d’exploitation. Après un repas en salle, les quelque 200 participants, rejoints par d’autres visiteurs, se sont rendus sur la parcelle pour les démonstrations, où les attendaient un programme fourni sur l’implantation et le rechargement des prairies, l’entretien et la fertilisation, puis la récolte des légumineuses.

Elise Poudevigne

Nos photos:

trois agriculteurs Trois agriculteurs ont témoigné de leur travail sur l’autonomie protéique et les prairies multispécifiques semées.

Rémi Mazerand : déjà autonome en aliment, il a diminué la pression d’adventices et de parasites (luzerne) en modifiant les mélanges d’espèces de ses prairies, et obtient des rendements en lait équivalents pour ses 250 brebis.
Jacques Mouls : en modifiant le mélange d’espèce de ses prairies et en mesurant l’herbe, il la valorise mieux et a stoppé la complémentation « céréales » pour ses brebis.
Jean-Pierre Lannes a complètement changé son système de production. Passé de 51 à 62ha de production, et de 50 Prim’Holstein à 60 Montbéliardes et Prim’Holstein, il économise en intrants (de 100t à 30t d’aliment), en charges de mécanisation et en travail.

dmos Plus de 250 personnes étaient présentes l’après-midi. Elles ont pu profiter des témoignages de Cuma qui travaillent avec des semoirs de semis direct, des conseillers en machinisme des fédérations et de la Chambre sur une gamme de matériels adaptés aux prairies, et visualiser en direct un contrôle pulvé.
aitchinson Le semoir « Grass farmer » d’Aitchinson a suscité de la curiosité. Conçu en Nouvelle-Zélande, il est muni de disques doits qui ouvrent le sol, suivis d’une rangée de dents munis de socs en T inversé. Elles créent une petite cavité pour la graine, qui conserve l’humidité pour de bonnes conditions de germination. Une herse constituée de chaînes balaie le sol derrière pour faire retomber une peu de terre fine

 

Franc succès à Musculdy

Le 12 septembre, 700 personnes -dont 150 élèves- sont venues à Musculdy, petite commune du Pays Basque de 250 habitants. Temps favorable, ensilage retardés, implication fortes de tous les partenaires : les conditions étaient réunies pour réussir cette journée. Les 34 exposants ont fait fonctionner tous les matériels de l’épandage jusqu’à la récolte en passant par le semis, l’entretien des prairies et toute la chaine de récolte jusqu’au séchage des fourrages. Démonstrations, forum et ateliers se sont succédé pour couvrir les préoccupations des éleveurs. Les résultats non immédiatement visibles seront suivis par les techniciens présents. Un forum consacré à l’autonomie fourragère et protéique a permis de confronter expériences d’éleveurs et avis de techniciens et de semenciers. L’après-midi un atelier sur l’implantation de légumineuses et plus particulièrement la luzerne a montré qu’il est possible de cultiver cette espèce dans de nombreuses exploitations sauf en sols non ressuyant. La principale difficulté réside dans la récolte et la conservation de ce fourrage. En piémont pyrénéen, seuls l’enrubannage (pas toujours satisfaisant) ou le foin avec séchoir, en bottes, en balles ou en vrac, sont possibles. Les cuma des environs ont pu montrer leur dynamisme avec des équipements modernes mais qui nécessitent des surfaces importantes pour être amortis. Ainsi retourneurs d’andains pour le compostage, système de pose de clôtures mais aussi sur-semis ou semis direct ont démontré leur efficacité pour un coût acceptable. Par ailleurs l’état d’avancement du projet de la cuma Elgarrekin en séchage de fourrage collectif a été présenté. La journée s’est terminée avec des démonstrations de broyage dans des pentes. La Cuma Elaudi se rappellera longtemps de son vingtième anniversaire !

Arnaud Charon

Notre vidéo(cliquez)


Nos photos:

64 semis L’entretien des prairies ainsi que les semoirs pour semis direct ou sur semis ont particulièrement mobilisé les visiteurs (marques Aitchison, Vredo, APV, Sky agriculture, Underhaug)
forum prairies 5 Le matin s’est déroulé un forum consacré à l’autonomie fourragère et protéique et l’après-midi un atelier était dédié à l’implantation de légumineuses et plus particulièrement la luzerne.
 64 fosse pedo
 64 compostage

 

Entretien des prairies à Rebiréchioulet (Haute-Garonne)

Le matin la fédération des cuma de la Haute-Garonne a accueilli des matériels prêtés par des cuma du secteur. L’après-midi s’est déroulé en trois temps, d’abord la présentation de l’épandage de fumier, sur le thème « quel est la quantité que j’épands dans mes prairies ? ». La fédération a ensuite présenté du matériel d’entretien des prairies (herses de prairie, broyeurs), avec l’appui de Jean-Luc Soudais, sur comment mener ses prairies. Enfin a été abordé le rechargement des prairies avec un semoir polyvalent, suivi de démonstrations des différents outils. Sept cuma étaient représentées à lors de cette journée : Charlas avec son épandeur à fumier Leboulch, Boulogne avec son épandeur Jeantil, les Vallées avec une herse étrille équipée de racleur, Nizan-sur-Gesse avec sa Herse émousseuse ébouseuse Agrimat, les Trois Coteaux avec sa herse de prairie Ponge, Saint Pé-Delbosc avec son Boyeur Kuhn et Saman avec son Broyeur d’accotement Desvoys, mais aussi le semoir de semis direct Semeato de Julien Lacroix.

Bastien Puech

Nos photos:

31 journee prairie

 

La centaine d’agriculteurs présents a pu comparer le travail des différents outils, et s’informer sur les techniques d’entretien des prairies, qui tendent à se développer.

 

journee haute garonne

 

Entraid Vidéos

Quelle sera la place des cuma dans la PAC 2020 ?

Zapping 2019: de Super Mario aux distances de freinage d’urgence

[Interview] Des collectifs pour des actions efficaces

Entraid Magazine de novembre 2019

A LIRE également

Nos offres
d'abonnements

Papier + 100% numérique

Recevez votre magazine chez vous en plus de l’abonnement numérique

Je m'abonne
abonnement