Mercosur : quelles conséquences pour la viande bovine ?

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Mercosur : quelles conséquences pour la viande bovine ?

Avec la mise en application de l'accord du Mercosur, ce sont 99 000 tec supplémentaires qui arriveront sur le marché européen. (© Entraid)

Avec l'application provisoire de l'accord commercial entre les pays européens et ceux du Mercosur, c'est 99 000 tonne équivalent carcasse supplémentaires qui arriveront sur le marché. De quoi déstabiliser la filière française.

À partir du 1er mai 2026, les flux de marchandises pourront circuler entre les pays du Mercosur et ceux de l’Union européenne. Pour chaque produit, des spécificités sont prévues. Ici, pour la viande bovine, ce sont des contingents et droits de douane qui prévus par cet accord commercial mis en application provisoirement. Retour sur le Mercosur et le marché de la viande bovine.

Plus de viande bovine provenant du Mercosur

Au rayon viande bovine, l’accord UE-Mercosur signifie notamment l’ouverture d’un nouveau flux bénéficiant d’un taux réduit. Il prévoit en effet que l’Europe autorisera l’entrée de son marché de 99 000 tec ( tonne équivalent carcasse) supplémentaires. Et ce, à un taux de 7,5 % de droits de douane. L’économiste d’Idele, Baptiste Buczinski, résume ainsi clairement : « La mise en application rend concrète les prévisions que formulions il y a quelques mois. »

Outre le différentiel important sur le plan des coûts de production, l’expert aborde le sujet emblématique de la traçabilité. Pour l’export vers l’UE, elle n’est exigée que dans le dernier élevage et seulement 40 jours avant abattage. « La traçabilité individuelle est très limitée, voire inexistante au Brésil. C’est un gros problème notamment par rapport à la déforestation. »

« À nous, les éleveurs, de travailler nos marges et nos coûts de revient »

Au Gaec de Labouysse, quatre éleveurs tarnais, habitués à commercialiser leurs viandes, livrent leur vision de l’accord commercial entre Union européenne et Mercosur sur la viande.

« Certains pays du Mercosur ont des systèmes d’élevage qui sont construits pour un commerce mondialisé. Ce n’est pas notre cas en France. Les acheteurs qui cherchent des prix et des volumes, type acheteurs publics, grandes cantines centrales, chaînes de restauration hors-domicile, ne feront pas dans le détail. Ils risquent d’acheter ces viandes du Mercosur.

Marchés de niche

L’agriculture française a davantage d’opportunités sur ses propres marchés de niche. Notamment en France et en Europe, où certains pays ne produisent pas leurs besoins en viande. Au niveau des acheteurs privés, nous avons déjà eu des échanges avec les directeurs de grandes surfaces avec lesquels nous avons l’habitude de travailler. Apparemment, ils ne souhaitent pas acheter de viande issue des pays du Mercosur.

C’est également le positionnement au niveau national, par Leclerc, Auchan, Système U.  Mais si ces acheteurs privés ont la clientèle pour ce type de viandes, ils finiront par en vendre. C’est à nous, les éleveurs, de travailler nos marges et nos coûts de revient. Il faut qu’on les fasse tomber. Le monde industriel et privé et les GMS ont beaucoup à nous apprendre de ce côté-là: ils connaissent tous leurs coûts et leurs marges. Quand une chambre froide est quasiment vide, ils réorganisent et éteignent, parce que c’est une charge.

Si on veut pouvoir se mettre sur les rangs, avec en plus nos arguments de proximité et de qualité, il faut connaître et réduire nos coûts de production au maximum. »

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