Après la signature de mise en application provisoire de l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur fin février 2026, les premiers flux ne devraient pas débuter avant le 1er mai 2026. Mais les conséquences seront elles, bien visibles dans certaines filières. L’application provisoire du Mercosur aura des impacts sur le marché du sucre européen mais aussi sur celui de l’éthanol.
Quelle est la situation actuelle des échanges de sucre avec les pays du Mercosur ?
Pour le moment, il y a quasiment pas de sucre en provenance de ces pays qui arrivent en Europe. Avec cet accord, c’est environ 190 000 tonnes de sucre qui pourraient arriver dans l’UE. Pour être plus précis, Timothé Masson, agro économiste à la CGB (confédération générale des planteurs de betteraves) explique « qu’en réalité un volume de sucre transite par l’UE dans le cadre d’une optimisation des flux. Ce sucre n’y est pas consommé, il est directement exporté. Cela correspond à environ 500 000 tonnes chaque année. »
En revanche, le Brésil avait l’opportunité d’importer plus de 300 000 t de sucre en Europe à des droits de douane restreint à 98 €/t au lieu de 400 en moyenne. « Elle ne l’a jamais fait, assure l’agro économiste. Ce contingent sera supprimé en mai prochain. »
Quelles sont les impacts du Mercosur sur le marché du sucre ?
Si au niveau de la quantité, cela peut rester acceptable, « c’est toujours du sucre en trop », estime Timothé Masson. Surtout en France où nous sommes déjà largement excédentaires et nous en exportons. « Le sucre du Mercosur n’arrivera pas dans les placards des Français.
En revanche, il prendra la place du sucre brut que nous vendons aux raffineries italiennes et espagnoles. Car notre prix n’est pas compétitif. Le marché du sucre français risque d’être asphyxié. »
Et pour l’éthanol ?
Là c’est moins supportable. Avec cet accord, l’Union Européenne va importer 8 millions d’hectolitres d’éthanol, brésilien principalement, chaque année. « C’est la moitié de ce qu’on produit en France, met en perspective l’agro économiste. Ca va fragiliser la filière et plomber les prix à la baisse. Cela intervient sur un marché peu stable et qui subit déjà une concurrence avec l’importation étrangère. »
Le manque de vision n’incite pas les industriels à investir dans cette denrée qui permet également de faire tampon avec un sucre peu rémunérateur.
Comment les produits du Mercosur peuvent être aussi compétitifs ?
Même si le coût du fret peut varier et être élevé, il demeure toujours moins cher d’importer des marchandises d’Amérique Latine. L’échelle des exploitations là-bas permettent de faire de nombreuses économies.
De plus, la monoculture y est largement pratiquée et l’utilisation de certains produits phyto est moins encadrée. « Les filières sont intégrées, ajoute Timothée Masson. Si bien que les deux tiers des surfaces de cannes à sucre appartiennent aux usines. »
À l’inverse, en France, on constate une baisse de rendements de 10 % en moyenne sur dix ans. Et les coûts de l’énergie pèsent dans la transformation de la betterave en sucre.
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