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Moissons 2016 : la production de blé française au plus bas depuis 30 ans, alors que les cours mondiaux s’effondrent

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Moissons 2016 : la production de blé française au plus bas depuis 30 ans, alors que les cours mondiaux s’effondrent

Moisson 2016 catastrophique avec un taux de rendement le plus bas depuis 30 ans.

L'effondrement de la récolte de blé en France a été confirmé par de nouvelles estimations officielles vendredi, une situation d'autant plus catastrophique pour les agriculteurs du pays que les prix mondiaux sont au plus bas en raison d'une moisson record attendue dans les autres pays producteurs.

Article mis à jour le 16 juin. A lire aussi sur le sujet : [MOISSON 2017] LE POTENTIEL EST LÀ… SAUF SI IL CONTINUE À FAIRE 30°C

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Sur l’exploitation de Clément Babouillard, en Côte d’Or, la moisson de blé est en recul de plus de 40%, ce qui « conjugué aux mauvais prix va causer un
gros déficit », indique-t-il à l’AFP. La production nationale de blé tendre devrait atteindre 29,1 millions de tonnes, en chute de 29% par rapport à 2015, selon une estimation d’Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture diffusée vendredi.
Le rendement des champs de blé français est attendu en baisse de 30% pour la récolte 2016, au plus bas depuis 1986, année de forte sécheresse, car « les cultures ont souffert d’un excès d’eau et du manque de luminosité » en raison des intempéries du printemps, souligne Agreste. « La floraison puis le remplissage des grains se sont déroulés dans de mauvaises conditions ». De plus, « les conditions climatiques ont favorisé la prolifération des maladies et des ravageurs », rappelle Agreste. Les intempéries ont été « fortement préjudiciables aux volumes comme aux qualités des céréales à paille », souligne également l’établissement public FranceAgriMer. Localement, au Nord de la Loire en plus des rendements « catastrophiques », la qualité est touchée avec une forte proportion de petits grains qui « va nécessiter un travail de nettoyage et de criblage (…) pour constituer des lots homogènes, satisfaisant aux exigences de l’ensemble des débouchés », selon FranceAgriMer.C’est dans le bassin parisien et les régions du nord et de l’est de la France que la chute des rendements est la plus forte: -40% en Ile-de-France, -38% dans les Hauts-de-France et -31% dans le Centre-Val de Loire par rapport à la moyenne 2011-2015, selon les calculs du ministère. Cette baisse drastique de la récolte française arrive au moment où les autres grands pays à blé que sont les Etats-Unis, le Canada, l’Ukraine ou la Russie connaissent eux une production record, ce qui fait s’effondrer les cours mondiaux et accroît les difficultés des agriculteurs français.

Production mondiale record

Le Conseil international des céréales (CIC), basé à Londres, vient ainsi de prévoir une récolte mondiale pratiquement au même niveau que celle, déjà record, de l’été 2015, à quelque 730 millions de tonnes. A la bourse de Chicago, les cours du blé américain étaient proches cette semaine des plus bas niveaux constatés depuis dix ans. Le syndicat Orama, qui constitue la branche « grandes cultures » de la FNSEA, avait déjà tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière sur cette situation. « Il y a des catastrophes que l’on n’imagine pas », avec dans certaines fermes des rendements « trois fois moins élevés que d’habitude », ainsi que « la moitié ou les trois-quarts du chiffre d’affaires en moins », avait souligné Philippe Pinta, président d’Orama. « On parle pour la Bourgogne de 10 à 15% des exploitations qui ont des difficultés majeures » car dans cette région, « la moitié des exploitants vont avoir une quatrième année en négatif ». « Il va falloir des mesures extraordinaires, avec probablement pour une partie d’entre eux une cessation (d’activité) », explique Dominique Chambrette, vice-président de l’Association des producteurs de blé (AGPB). Le cabinet Agritel estimait pour sa part dans une note publiée cette semaine « qu’une exploitation céréalière de 120 hectares sera au minimum en déficit de 60.000 euros » cette année. « De nombreuses restructurations sont hélas à venir au sein des exploitations céréalières, comme c’est déjà le cas dans l’élevage », selon son directeur général Michel Portier. Les « rendements faibles » conjugués aux « prix bas », cela « donne un résultat net pour les producteurs de céréales qui est très mauvais », a confirmé mercredi le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Le ministre a rappelé qu’il avait présenté la semaine passée « des mesures et un plan qui portera sur des allégements de charge, sur des garanties bancaires, sur des prêts de trésorerie ». Ce plan n’est toutefois pas encore chiffré, et le ministre a annoncé qu’il allait « faire une évaluation » dans les prochaines semaines et que le montant en serait dévoilé début septembre.

Paris, 5 août 2016 (AFP)

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