Se former pour optimiser l’utilisation de son matériel

À la cuma des Gardes, sur le secteur de Bains-Vergezac en Haute-Loire, un groupe d’agriculteurs s’est formé pour développer le semis direct sur leurs exploitations.

Des adhérents de la cuma, toujours demandeurs de formations pour perfectionner leurs semis directs.

« On est parti à l’envers… On s’est formé vingt ans après », explique d’emblée Louis Michel, le président de la cuma des Gardes, en parlant du semis direct, une technique adoptée par plusieurs exploitants sur le secteur de Bains Vergezac. C’est d’abord l’expérience d’un voisin féru d’agronomie, Tanguy de Veyrac, qui a interrogé ce groupe d’agriculteurs. « C’est le premier à avoir essayé, dans les années 90, du matériel pour supprimer le labour, et il avait quelques résultats… » En cuma, car ce type de matériel était trop cher pour une seule exploitation, le groupe a investi dans un premier semoir pour du semis direct et s’est lancé.

Bon an mal an, chacun utilisait le semoir à sa façon, tentait différentes approches. Mais, vingt ans plus tard, alors qu’ils devaient renouveler le matériel, certains utilisateurs ont fait un bilan et mis en avant la fragilité de l’outil, la difficulté de son utilisation, l’importance du coût d’entretien, et les résultats souvent décevants sur les cultures.

Bousculer les habitudes

Conclusion, les adhérents de la cuma ont souhaité se renseigner et se former pour optimiser l’utilisation d’un tel semoir. Ils se sont alors tournés vers la fdcuma, et ont suivi une première formation avec le commercial de la société Sky, fabricant du semoir, à Nantes. « On est monté en bus, et on a assisté à une réunion non pas commerciale comme on le craignait, mais avec un intervenant indépendant qui nous a parlé de la vie du sol » raconte Louis Michel, encore étonné de cette approche qui a obligé les agriculteurs à revoir complètement leurs techniques culturales. « Un sol est vivant, nous dit Louis Michel. Il se nourrit de carbone et rejette l’oxygène. C’est pourquoi, un sol doit toujours être couvert. » Et cette vérité a été mise au centre de l’itinéraire cultural par tous les formateurs qu’ils ont rencontrés par la suite dans d’autres formations. « Tous ont préconisé de faire des inter-cultures, ce que l’on ne faisait pas, ajoute Louis Michel. Ces formations nous ont un peu secoués dans nos habitudes, mais ce fut une très bonne chose. »

Le semoir de la cuma des Gardes

En 2019, le semoir direct de la cuma des Gardes a travaillé sur 250 ha.

 

Plus économique et moins chronophage

Rentrés chez eux, les agriculteurs se sont remis en cause. « Contrairement à ce que nous pensions, ce n’était pas un défaut du semoir. Il était mal utilisé ou sur des terres non labourables » explique Raphaël Jammes qui fait de plus en plus de semis direct sur son exploitation. Comme ses collègues, il voit maintenant tout l’intérêt de cette technique plus économique et moins chronophage. « Les agriculteurs réunis à l’invitation de Louis Michel pour parler semis direct avec nous, reconnaissent plusieurs avantages à cette simplification du travail : il permet moins d’interventions sur la parcelle donc un gain de temps et d’argent (7 l de gasoil/ha contre 35 à 50 l avec charrues et herse). Le sol est moins compacté et il retient davantage l’eau. Il est plus aéré grâce au travail des vers de terre qui remontent à la surface pour y chercher les fumiers et les résidus des couverts végétaux et les transformer en matière organique. » Le non labour évite aussi de remonter les pierres très nombreuses sur ces terrains volcaniques. Enfin, les inter-cultures apportent des compléments de fourrages pour les animaux intéressants surtout pour des années de sécheresse comme 2019.

Forts des préconisations retenues de leurs formations, les agriculteurs de la cuma des Gardes ont travaillé et travaillent encore sur les rotations des cultures. Ils font de plus en plus de semis direct, 250 ha aujourd’hui pour la cuma, sauf pour le maïs qui ne donne pas satisfaction. Chacun a fait des essais, non concluants à ce jour. Ils sont d’ailleurs preneurs de conseils, et pour cela, ils reviennent vers la fdcuma ou la Chambre d’agriculture pour aller encore plus loin dans leur démarche.

Pour eux, le plus gros souci pour l’avenir, ce sera l’adaptation au changement climatique et l’alternative au glyphosate.

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