Quelles réponses à l’agribashing ?

De plus en plus, les agriculteurs ont le sentiment que les associations, les ONG et le monde des médias en général s’emploient à dénigrer de manière systématique leur profession. Quels sont les fondements de l’agribashing et comment y faire face?

Face à l'agribashing, on observe l'étonnant succès des chaînes d'agriculteurs comme celle d’Antoine Thibault d’ "Agri Skippy” qui, sur Youtube, entend montrer la réalité de l’agriculture.

Ces critiques, que l’on regroupe sommairement sous le terme d’«agribashing», ont des répercussions non négligeables sur les mentalités et les comportements des consommateurs. Parallèlement, elles provoquent un certain malaise auprès des professionnels de l’agriculture.

Du petit cercle militant au grand public

Traditionnellement, les critiques adressées au monde agricole émanaient essentiellement de personnes militant au sein des associations et des ONG. Leur message de lutte contre les dérives de l’agriculture ciblait avant tout les nouvelles technologies cristallisées par l’introduction des OGM. Ces critiques ne franchissaient que très rarement le cercle des milieux alternatifs. Or, depuis quelques années, ce discours, toujours porté par les militants, s’est répandu pour atteindre désormais un plus large public.

Plusieurs raisons à l’agribashing

Plusieurs raisons contribuent à la popularité de l’agribashing. Tout d’abord, les médias traditionnels (presse écrite, télévision ou radio) ont accordé une plus grande place à cette parole critique vis-à-vis de l’agriculture.

Ensuite, il ne faut pas négliger le fait que le discours d’agribashing est souvent porté par des personnes qui militent au sein de jeunes associations. Cette nouvelle génération tourne le dos aux médias traditionnels et déploie ses messages en utilisant des canaux de communication plus modernes. Elle utilise abondamment Instagram, Facebook, Twitter ou Youtube. En conséquence, le public touché est beaucoup plus large et souvent plus jeune.

Enfin, l’agribashing, pour faire passer son message, muscle son discours. Il n’hésite pas à recourir à des images chocs pour dénoncer l’élevage intensif ou l’épandage de produits phytosanitaires, à l’instar de l’association L214.



Les agriculteurs ne sont pas visés!

Il convient d’établir une distinction franche entre les agriculteurs et l’agribashing. En effet, ce ne sont que très rarement les professionnels qui sont la cible du phénomène. Mais plutôt tout un système et ses méthodes de production. Ainsi, les détracteurs s’attaquent aux produits phytosanitaires, à l’élevage intensif, aux nouvelles technologies incarnées par l’agrochimie ou les biotechnologies ou encore à l’industrie agroalimentaire.

Paradoxalement, en France, l’opinion a toujours une bonne image de la profession d’agriculteur. Selon un récent sondage Ifop, 68% des Français font confiance aux agriculteurs sur les plans sanitaires et environnementaux. Il est intéressant de remarquer que les Français considèrent que les agriculteurs sont victimes d’un modèle de production intensif qui les dépasse. 82% d’entre eux ont conscience que le secteur agricole traverse une crise grave et profonde.

Maintenir et renforcer le dialogue

Pour combattre l’agribashing, les professionnels de l’agriculture ont donc intérêt à être présent sur les mêmes terrains médiatiques que les détracteurs. Ainsi, les agriculteurs et les représentants de la profession ne doivent pas hésiter à investir les journaux télévisés ou radiophoniques, à répondre à des enquêtes, participer à des reportages et, bien sûr, à publier sur les réseaux sociaux. Pour renouer le pacte de confiance auprès des consommateurs, il convient d’expliquer la réalité de la profession et de maintenir le dialogue. Toujours dans un cadre bienveillant !

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