Enfouir le lisier, combien ça coûte ?

Combien coûte l'épandage de lisier ? Une étude réalisée en Vendée permet de comparer les coûts d'épandage entre différentes solutions : les buses à palettes, les rampes à pendillards et les enfouisseurs à dents. Compte-rendu.

Les aviculteurs de Vendée s’intéressent aux solutions d’épandage qui permettent d’enfouir immédiatement les effluents. Les connaissances sur les systèmes enfouisseurs progressent.

Depuis presque deux ans, les adhérents des cuma ayant des canards produisant du lisier s’interrogent sur leurs futurs investissements. Quel est le coût de l’enfouissement du lisier ? D’où l’après-midi de démonstration, axée sur la gestion des effluents liquides, organisée le 5 octobre à Pouzauges. Un événement en partenariat avec le Geda local, dans le cadre des actions des Bassins versants.

Il y a encore peu d’équipements d’enfouissement, car beaucoup de questions techniques (puissance, débit, entretien, vieillissement…) tournent autour de ces équipements. Des solutions plus simples comme les buses palettes sont encore largement utilisées. La solution des pendillards, quant à elle, s’est un peu plus démocratisée.

Coût de l’enfouissement du lisier : miser sur le partage élargi

Mais avec les évolutions de la réglementation, la buse palette risque d’être mise à mal, avec une interdiction de vente dès 2020 et de son usage en 2025. La nouvelle réglementation sur les effluents de volailles non assainis naturellement remet en cause les pratiques.

Jusqu’à présent, quand les cuma cherchaient une alternative, elles partaient plutôt sur des rampes à pendillards. Désormais, il leur faut choisir entre cette dernière suivie d’un enfouissement immédiat, et l’enfouissement direct.

coût de l'enfouissement du lisier

140-150 personnes attentives aux ateliers, démonstration et témoignages lors de la journée du 5 octobre, à Pouzauges (Vendée).

Pour faire ce choix dans les groupes, la principale difficulté est que tout le monde n’a pas les mêmes contraintes réglementaires. Il existe donc des divergences entre adhérents dans les cuma. Pourtant présents sur le territoire vendéen, les éleveurs de canards de chair ou les gaveurs ne sont pas souvent en majorité dans leur cuma. Or, la majorité voudra-t-elle investir dans un matériel plus onéreux avec des contraintes techniques supplémentaires, même si des aides PCAE sont possibles (40% de l’investissement) ? Pas sûr. Une solution semble apparaître avec le partage élargi. Mais ce n’est pas si simple.

Mieux valoriser l’azote ammoniacal

Les enfouisseurs, quelque soit le type de lisier, et au-delà des contraintes réglementaires, peuvent être une solution pour mieux valoriser l’azote ammoniacal que l’on perd par volatilisation. Le lisier enfoui est mieux utilisé par les plantes, ce qu’il faut prendre en compte dans le coût de l’enfouissement de lisier. Le rendement est maintenu avec des apports d’engrais minéraux réduits. C’est ce qu’a constaté Jean-Marc Richard, responsable de l’activité lisier de la cuma l’Auzance à Vairé (85), lui-même éleveur de canard de chair.

coût de l'enfouissement du lisier

Panneau présenté au dernier Salon aux champs.

Sur une douzaine d’adhérents, celle-ci en compte quatre ayant du lisier de canard. Après un an de débats internes, la cuma s’est équipée fin 2015, d’un enfouisseur à disques «pour limiter les odeurs et pour mieux valoriser le lisier», explique Jean-Marc Richard. L’objectif est atteint, car «aujourd’hui, 80% des utilisateurs enfouissent sur leurs prairies. Ils apprécient aussi l’absence d’odeur. Ils ne voudraient plus revenir en arrière», en dépit des freins à l’achat d’un enfouisseur.

Compenser le temps à enfouir

Parmi ces freins, le débit du chantier et la puissance de traction nécessaire figurent en tête de liste. Pour compenser le temps à enfouir par rapport à l’épandage au système pendillards (suivi d’un recouvrement) ou à la palette, il faut rouler plus vite dans les champs (dans la limite du respect de la prairie) ou augmenter légèrement les capacités des tonnes, pour gagner un peu de temps sur la phase de transport.

Jean-Marc Richard confirme: «Avec notre enfouisseur à huit disques répartis sur 4m, qui a remplacé une buse palette, je fais toujours trois tours en moyenne par heure, avec une tonne de 16m3, soit 2m3 de plus qu’avant. Mais je vais plus vite lors de l’épandage: 7 à 8km/h, contre 4 à 5km/h avec la palette. Cela demande effectivement un peu plus de puissance.» Dans son cas, le chantier se fait avec 140ch.

Au-delà de la demande liée à la vitesse supérieure, sur les enfouisseurs de prairie, la prise de puissance s’explique par l’asservissement hydraulique réclamé (pompe et broyeur-répartiteur) et cela concerne aussi les rampes à pendillards. En effet, des essais du réseau cuma en Vendée montrent que l’effort de traction de l’outil enfouisseur à disques à proprement parler est modeste, environ 15ch, quand il en faut déjà 45 ou 50 pour déplacer les ensembles.

Aller plus loin dans la qualité d’équipement et de travail

Attention, la qualité du travail peut être dégradée. En effet, avec des enfouisseurs à disques inclinés, une trop grande vitesse peut retourner la tranche de terre au lieu de la laisser retomber. Pour parer au manque de puissance temporaire (qui induit par exemple une vitesse d’avancement plus faible dans une montée), il est possible de s’équiper d’un DPA qui conservera le même débit.
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Selon des essais réalisés en Vendée, l’effort de traction de l’outil enfouisseur à disques à proprement parler est modeste, de l’ordre de 15ch pour 4 à 6m.

 

2017-10 essais TOL (1)

Tableau de synthèse de l’essai traction. A titre de comparaison, une charrue 7 corps travaillant à 21cm nécessite 4500 DaN. Un déchaumeur 4m à 16cm, 3500 DaN.

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