L’intégration des CIVEs (Culture intermédiaire à vocation énergétique) marque une évolution dans les pratiques agricoles. Ces cultures, implantées entre deux cultures principales, contribuent à alimenter les méthaniseurs tout en s’insérant dans les rotations. « Une part de la production de biométhane va reposer sur les CIVEs», explique Marine Beaufour, référente commerce agricole chez ENGIE Gaz Renouvelables. « Mais ce sont des pratiques encore récentes. On apprend tous les jours ».
L’approche mesurée d’ENGIE Gaz Renouvelables : intégrer sans déstabiliser

De gauche à droite : Benoît David, chargé de développement commercial agricole, Marine Beaufour, responsable du service commercial agricole, et Marie Chevreau, chargée de valorisation agricole. (©Arnaud Marlet)
Sur le terrain, cette phase d’apprentissage est bien réelle. Les agriculteurs doivent adapter leurs itinéraires techniques, en intégrant de nouvelles contraintes, notamment en termes de calendrier cultural et de gestion de l’interculture.
Face à ces enjeux, ENGIE Gaz Renouvelables défend une approche mesurée. L’objectif n’est pas de maximiser à tout prix les surfaces en CIVE, mais de les intégrer de manière cohérente dans les systèmes existants. « On ne pousse pas les agriculteurs à consacrer une part trop importante de leur assolement aux CIVEs », souligne Marine Beaufour. « L’enjeu est de préserver l’équilibre des rotations et de ne pas pénaliser les cultures principales. »
Sur le terrain, cette vigilance est partagée. L’introduction des CIVEs suppose de trouver le bon équilibre entre production d’énergie et performance agronomique, sans déstabiliser les systèmes en place.
Raisonner les itinéraires techniques
La réussite des CIVEs repose sur un raisonnement fin des pratiques. Choix des espèces, dates de semis, gestion de la fertilisation : chaque décision doit être adaptée au contexte pédoclimatique et aux objectifs de l’exploitation. Dans la Manche, Emmanuel et Pierre Fontenay évoquent cette phase d’ajustement. « On teste, on regarde ce qui fonctionne le mieux chez nous. Il faut trouver les bons compromis », expliquent-ils.
L’utilisation du digestat s’inscrit également dans cette réflexion, avec des apports à adapter en fonction des cultures et des périodes. « Produire des CIVEs, ce n’est pas seulement produire de la biomasse, c’est aussi optimiser la production de biométhane tout en respectant les équilibres agronomiques », précise Marine Beaufour.
Capitaliser sur l’expérience collective pour la culture intermédiaire à vocation énergétique

A Sainte- Cécile, la production de biogaz est de 230 Nm3 par heure injecté dans le réseau, soit l’équivalent de la production en besoin de chauffage d’environ 2100 foyers. (©Arnaud Marlet)
Depuis plusieurs années, ENGIE Gaz Renouvelables développe des références techniques sur les CIVEs. L’objectif est d’identifier les pratiques les plus performantes, tant en termes de rendement que de production de biométhane. Ce travail s’appuie sur des retours de terrain, mais aussi sur des partenariats avec des structures techniques et des groupes d’agriculteurs. « On avance avec les agriculteurs et avec nos partenaires. Ce sont des pratiques qui se construisent collectivement », souligne Marine Beaufour. Au fil des campagnes, les références se consolident et permettent de sécuriser progressivement les itinéraires techniques.
Au final, les CIVEs s’imposent comme un levier complémentaire dans les systèmes agricoles. Elles contribuent à la production d’énergie renouvelable tout en participant à l’évolution des pratiques. À condition d’être maîtrisées, elles peuvent créer de la valeur de manière durable, sans remettre en cause les équilibres agronomiques. Une trajectoire que les acteurs du secteur construisent pas à pas, au plus près du terrain.
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