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Des fils chauffants pour lutter contre le gel

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Des fils chauffants pour lutter contre le gel

Une grappe de raisin prometteuse, protégée par le câble chauffant visible sur le fil de palissage.

Une installation antigel qui se révèle pérenne n’utilise pas de paraffine, ne propage aucune fumée sur le village. Les fils chauffants, une solution vertueuse adoptée par la cuma des Chapelots à Chablis, dans l'Yonne.

Créée en début d’année à Chablis (Yonne) par sept viticulteurs, la cuma, présidée par Guillaume Gicqueau-Michel, protégera avec des fils chauffants antigel 10ha de vignes, dans la zone associée à la Montée de Tonnerre qui porte son nom. «Nous aurons en commun le poste à haute tension, qui doit être installé et raccordé par Enedis cet hiver. Il sera installé sur un terre-plein situé près de la route et de la ligne à haute tension. L’année sans gel, le système est coûteux, mais s’il survient, la récolte est sauve», se réjouit Guillaume.

D’une puissance de 2.000kW, le poste représente un investissement d’un montant de 20 à 25.000€/ha avec un engagement sur 15ans. Chaque adhérent aura accès aux prises et à l’énergie, mais devra s’équiper individuellement de fils chauffants de 15 ou 17W/m dont le coût varie de 50.000 à 70.000€/ha selon le fournisseur. L’énergie sera facturée par EDF à la cuma, qui refacturera la consommation de chacun, relevée sur les sous-compteurs.

Fils chauffants antigel: salvateurs face au gel d’avril

Le soulagement de Guillaume, du Domaine Louis Michel & Fils, est palpable pour 2022. «Allumer les bougies ne suffisait plus à protéger nos vignes. Nous n’intervenions qu’en bas de côte, mais avec l’hiver court et doux dû au réchauffement climatique, la vigne débourre plus tôt. En cas de gelée noire, elle n’est plus au repos, donc bien plus sensible.» Tous n’ont pas la chance de disposer d’une ligne à haute tension alentours, tel Daniel Séguinot, qui a pourtant investi en 2018. En l’absence de réseau électrique, chaque armoire est raccordée à un groupe électrogène loué pour la saison.

Guillaume Gicqueau-Michel a installé des fils chauffants

Guillaume Gicqueau-Michel a installé des fils chauffants. « L’année sans gel, l’installation est coûteuse, mais s’il survient, la récolte est sauve. »

Toute la France est venue découvrir l’installation de fils chauffants antigel, qu’il a étendue en 2021 sur une autre parcelle, avec une mise en route salvatrice la veille du fameux gel d’avril! Le câble enterré sort au pied de la première treille. Lié au fil porteur du palissage, il fait une boucle en bout de ligne et revient, ce qui fait deux boucles pour chacune des huit treilles de 200m, avant d’être à nouveau enterré à la sortie. «Nous avons fait nous-mêmes le chantier. Creuser la tranchée à la mini-pelle, puis dérouler et accrocher les câbles sur 1,5ha, a pris quinze jours à trois personnes.»

80% d’efficacité

«Nous sommes tranquilles pour 20 à 30ans, déclare Daniel Seguinot, qui n’a plus à se déplacer de nuit. Le risque de sectionner un fil ne m’inquiète pas, il se répare. Si l’efficacité n’est pas de 100%, 80% me suffit bien.» Au printemps 2021, il a compté 16 nuits d’utilisation de fils chauffants. La consommation en GNR est de 150l/ha, soit 150€/ha /nuit. «Rien à voir avec le coût des bougies, qui s’élève à 5.000€/ha, plus le personnel mobilisé qui doit ensuite récupérer.»

Avec 300km de câbles commandés dans le Chablisien et une offre en groupes électrogènes limitée, il espère qu’Enedis va enfin s’engager à installer des armoires électriques et fournir l’énergie. En attendant, ses deux filles, avec lesquelles il est associé, assurent aussi le côté «com’» sur les réseaux sociaux.

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