Le bon usage du digestat en filières qualité

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Le bon usage du digestat en filières qualité

Le digestat peut servir l’autonomie azotée des systèmes agricoles, notamment biologiques (©Entraid).

Le digestat issu de méthanisation a des atouts intéressants, a fortiori dans les systèmes en agriculture biologique. Un guide résume les bonnes pratiques de la valorisation des engrais organiques. Il se destine aux productions certifiées AB, mais aussi à celles d’autres labels.

Le digestat s’avère un fertilisant organique complet. Il présente un réel intérêt dans un système de production agricole. De plus la méthanisation constitue une possibilité d’introduire de l’azote. Autrement dit, elle est un moyen de limiter la dépendance des exploitations aux achats extérieurs, en particulier celles qui sont fortement déficitaires en azote. Retour sur le digestat en agriculture bio.

Digestat en agriculture bio : une source de fertilisation

Les fermes spécialisées en grandes cultures biologiques sont souvent dans ce cas. Ceci renforce l’intérêt d’une valorisation de digestats dans ces systèmes.

Néanmoins, des règles d’usage encadrent cette possibilité. « Il faut les connaitre pour sécuriser ses pratiques et éviter les risques de non-conformité », indique un guide sur l’utilisation des engrais organiques en filières labélisées.

Un fertilisant organique particulier

L’utilisation de certains produits est tolérée en agriculture biologique lorsque les gisements autorisés ne couvrent pas les besoins nutritionnels des cultures. Le digestat de méthanisation fait partie des ressources ici concernées. « C’est un moyen souvent intéressant sur les plans technique et économique de fertiliser ses cultures biologiques », résume Vincent Martin (Aile), rédacteur du guide. Pour autant, « le digestat est un engrais particulier. Les agriculteurs y sont peu habitués. Le meilleur conseil que l’on peut garder en tête pour bien le valoriser, c’est de se former. »

Reste que la réglementation encadre strictement son utilisation en agriculture biologique. « Notamment sur l’origine des intrants méthanisés », précise le document qu’ont construit Aile et la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire dans le cadre du projet Val’Or.

Le digestat, produit certifiable

Tout d’abord, il est possible au producteur du digestat de le faire certifier. « Cette démarche n’est toutefois pas obligatoire », pose le document.

« En particulier lorsque la ration du digesteur intègre des biodéchets, l’utilisateur peut avoir intérêt à demander à son fournisseur cette certification ‘utilisable en agriculture biologique’ », ajoute Vincent Martin.

Pas de digestat issu d’élevage industriel en AB

Le cadre d’utilisation du digestat sur les cultures biologiques se veut assez souple. Toutefois, il exclut surtout les effluents issus d’élevages industriels de cette possibilité. Cette détermination d’élevage industriel ne concerne que des ateliers porcins ou avicoles. Le guide en rappelle les critères : « Un élevage industriel a été défini comme étant en système caillebotis (ou grilles) intégral ou en cages et dépassant les seuils de la directives n°2011/92/UE. ». Par exemple pour la filière porcine, ces seuils sont ainsi à 3 000 places d’engraissement ou 900 truies.

La production biologique n’est pas la seule filière qualité qu’interroge le développement de la méthanisation. Au regard des risques, notamment d’altération organoleptique ou même sanitaires, différentes AOP fromagères réglementent aussi l’usage du digestat sur les cultures fourragères.

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