La méthanisation, créatrice de valeur

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La méthanisation, créatrice de valeur

Sur place, Valbioénergie dispose d’une capacité de stockage équivalente à 18 mois de matière : « C’est également une sécurité pour approvisionner nos fermes en cas de besoin, notre priorité restant l’élevage », souligne  Dominique Hirtzberger. (©GRDF)

Installé avec son fils sur une exploitation de 330 hectares produisant 1,1 million de litres de lait par an, Dominique Hirtzberger s’est lancé en 2017 avec quatre autres éleveurs dans la création de l’unité de méthanisation Valbioénergie.

Président de la SAS Valbioénergie à Val-de-Briey (54), Dominique Hirtzberger se dit très satisfait de cette diversification. Elle lui a permis de faire évoluer ses pratiques agricoles tout valorisant mieux ses effluents d’élevage. « Nous étions tous confrontés aux mêmes problématiques, notamment en matière de gestion des rotations et de stockage des effluents, explique-t-il. La méthanisation est apparue comme une opportunité et une solution pour valoriser l’ensemble de nos effluents, qui représentent 60 à 70 % de la ration. »

Mieux piloter la ration pour produire plus

Mise en service en septembre 2020, l’unité produisait 150 Nm3 de biométhane par heure injectés dans le réseau. À ce jour, sa production atteint 180 Nm3/h, qui couvrent les besoins en chauffage de 1 300 foyers.

« Grâce au soutien de la chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle, de la commune de Val-de-Briey et de GRDF, nous avons pu concrétiser ce projet, souligne Dominique Hirtzberger. Nous collaborons également lors de portes ouvertes ou de formations afin de faire connaître notre métier et le travail réalisé. »

Pour 2026, les associés visent 220 Nm3/h sans apport supplémentaire de matières premières grâce à une ration optimisée. Dorénavant, l’été, le fumier est mélangé aux ensilages de seigle, de sorgho, d’herbe et de luzerne. L’hiver, il est associé à l’ensilage de maïs, soit 20 tonnes de maïs pour 60 tonnes de fumier.

Pour Dominique Hirtzberger la méthanisation est dynamisante. « Elle a permis par exemple à certaines exploitations de se convertir à l’agriculture biologique.»

La Cuma au service de l’organisation collective

Les associés et la SAS Valbioénergie adhèrent à la Cuma des Trois Cantons. Le matériel acquis pour la méthanisation (deux tracteurs, deux bennes, une tonne à lisier et une chargeuse) peut également être utilisé sur les exploitations, simplifiant ainsi l’organisation du groupe.

Pour les épandages de digestat, Valbioénergie s’est équipée d’un automoteur Vervaet, d’une rampe à pendillards, d’un déchaumeur à disques et d’une rampe à patin destinée aux prairies. « Valbioénergie a investi en propre dans ces matériels spécifiques à la méthanisation afin de préserver l’équité entre les adhérents de la Cuma », explique le président.

L’unité produit uniquement du digestat liquide. Celui-ci reste cependant épais en raison de sa forte teneur en fibres, ce qui ne permet pas son épandage avec des systèmes sans tonne. Grâce à ces investissements, les associés sont autonomes pour intervenir au moment le plus opportun pour les cultures tout en limitant le compactage des sols.

Un site reconnu pour son engagement en faveur de la qualité de l’eau

« Valbioénergie est labellisée SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux). La méthanisation peut contribuer à la préservation de la qualité de l’eau. Ce label renforce la visibilité de nos pratiques. Personnellement, cette diversification m’a permis de réduire de 25 % l’utilisation de produits phytosanitaires et de 37 % celle des engrais minéraux grâce au digestat. D’autres associés ont, quant à eux, pu maintenir leurs prairies, participant ainsi à la préservation des ressources naturelles », indique Dominique Hirtzberger.

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