Petite méthanisation à la ferme : est-ce encore rentable aujourd’hui ?

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Petite méthanisation à la ferme : est-ce encore rentable aujourd’hui ?

Les effluents d’élevage liquides ont un pouvoir méthanogène relativement faible. Cela contribue à la moindre productivité des petites unités autonomes de production de biogaz (©Entraid).

Qu’elles soient en valorisation de chaleur ou en cogénération inférieure à 100 kWe, les unités de méthanisation à la ferme, alimentées par au moins 85 % d’effluents d’élevage sont un bon moyen d’améliorer le bilan environnemental de certaines exploitations. Mais dans les conditions actuelles, les équilibres économiques sont rarement atteignables.

Certes, les systèmes de petite méthanisation à la ferme sont autonomes en effluents d’élevage. Mais ils présentent des performances économiques moindres par rapport à des unités de plus grande envergure. Néanmoins, leur bilan environnemental est positif. En effet, ce type de traitement « reste un bon moyen de gérer les effluents et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre par l’agriculture », résume Hugo Kech (chargé de mission biogaz d’Aile) qui participait à une étude Ademe sur la question.

La petite méthanisation à la ferme est-elle un modèle rentable ?

Ces formats concernent des systèmes couverture de stockage récupératrice de biogaz (souvent valorisé en chaleur seule). Mais aussi des unités mésophiles alimentant généralement une cogénératrice de moins de 100 kWe.

La première question qui se pose est celle de leur rentabilité. Or, sans le soutien d’une subvention ou par un tarif d’achat incitatif, et en ne considérant que la production d’énergie, la réponse est souvent négative.

petite méthanisation

La récupération de biogaz en couverture de stockage du lisier, comme ici au gaec des Bois (Hénanbihen, 22), est un bon moyen d’assurer un chauffage des bâtiments d’élevage. (©Aile)

Un moyen de nuancer une mise aux normes

Pour autant 85 % des répondants à l’enquête indiquent que si c’était à refaire, ils concrétiseraient à nouveau leur projet de petite méthanisation.

Les auteurs du travail indiquent : « La rentabilité de ces installations s’apprécie en prenant en compte les investissements évités », par exemple pour la mise aux normes du stockage.

Aussi, « les aides incitatives sont essentielles si l’on veut que les élevages décarbonent. »

Sans soutien la petite cogénération n’est plus viable

En cogénération, c’est la vente d’électricité qui fait la rentabilité du système. Or le dispositif d’achat BG16 qui avait permis le développement, a été abrogé fin 2025.

Dans le cadre du tarif BG16 : « Nous avions une recette autour de 240 €/MWh vendu », indique Hugo Kech, en comparant au prix spot « plutôt de l’ordre de 105 €/MWh en moyenne sur l’année dernière. »

Pas d’autoconsommation électrique

Au regard du non-alignement entre production et besoin, l’idée d’une autoconsommation de l’électricité s’exclut d’emblée. Ne serait-ce qu’une installation de 33 kWe, « ça produit beaucoup » coupe l’expert en situant le repère de production annuelle « aux environs de 250 MWh injecté.

Or, une ferme laitière classique avec 120 vaches consomme autour de 60 à 70 MWh/an, qui plus est de façon irrégulière. »

Économies de gaz

Concernant la chaleur, en revanche, l’autoconsommation constitue la principale méthode de valorisation. Cette voie s’adresse en priorité à des exploitants ayant de forts besoins en chaleur. On pense en priorité à des exploitations porcines, ou éventuellement à des élevages laitiers intégrant un atelier de transformation.

L’enquête identifie qu’en moyenne, les exploitations concernées ont économisé 12 t de propane avec leur couverture de fosse. Cela représente une économie d’environ 10 000 € quand le gaz vaut 800 €/t.

Pour plus d’information, retrouvez aussi ces articles sur www.entraid.com :

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