Elles sont au cœur de l’action. À l’instar de l’été 2022 lorsque l’incendie de Baugé avait marqué le département. Cette année encore, les cuma locales soutiennent l’action des secours lors des départs de feu, notamment dans ces trois secteurs. Retour sur les incendies agricoles et la mobilisation des cuma.
Incendie près de Saumur : la mobilisation exemplaire du monde agricole
Près de Saumur, le 23 juin 2026, tout d’abord. L’incendie qui se déclare dans la forêt de sa commune touche directement le trésorier de la cuma de Saint-Macaire du Bois. Samuel Coulot doit en effet déplacer des génisses d’une prairie en feu. Un collègue agriculteur, Tony Godineau, prend déjà les devants pour faire venir les premières tonnes à eau et déchaumeurs. Une fois ses animaux en sécurité, Samuel contacte aussi les cuma et méthaniseurs voisins, notamment la cuma du Puy aux Verchers-sur-Layon, celles de Vihiers et de Cléré-sur-Layon.
La cuma de Saint-Macaire mobilise son déchaumeur mais ne possède pas de tonne. Toutefois, elle met à disposition ses tracteurs pour que les exploitations et les entreprises du secteur puissent en atteler un maximum. Pendant que les pompiers s’occupent des bois, les agriculteurs enchainent les allers-retours de citernes et déchaument dans les champs.
Mobilisation et organisation
Au bout de deux jours, Samuel lance un appel sur les réseaux afin de trouver des agriculteurs volontaires pour prendre le relai : « C’est là que j’ai commencé à recevoir de nombreuses réponses. C’était parfois des agriculteurs éloignés géographiquement. Mais ils étaient prêts à venir aider », témoigne-t-il.
« Il y a eu une vraie mobilisation des agriculteurs, c’est une vraie fierté pour la profession. Et l’esprit cuma a joué ! ». Témoignage supplémentaire de ce maillage local : En sa qualité de président, Christophe Berson a également reçu de nombreux appels spontanés. Il les a renvoyé vers son trésorier, référent désigné sur le secteur
Une AG ordinaire, exceptionnelle jusqu’au bout
Le 25 juin 2026, c’est jour d’assemblée générale à la cuma du Jeu. Habituellement, les adhérents se retrouvent à leur bâtiment de Mauges-sur-Loire. Fuyant les températures de la 2ème canicule 2026, ils tiennent exceptionnellement leur réunion annuelle dans une salle communale. Entre présentation des comptes, vote des résolutions et démonstration du logiciel MyCuma Planning & Travaux, l’AG suit son cours. Place au traditionnel repas. Ce moment convivial, qui conclut la matinée, est toujours essentiel. Il permet aux participants de prolonger les échanges. Mais cette année, à peine les entrées sorties du frigo, premier appel : la parcelle de l’un d’eux à pris feu.
Deux premiers adhérents partent, laissant leur assiette remplie et leur siège vide. Puis les coups de fils s’enchaînent. Du renfort est nécessaire. Alors que les camions de pompiers rechargent leurs citernes sur le parking de la salle des fêtes, tout le monde s’active pour ranger la salle et les restes du repas, qui seront apportés aux adhérents partis sans manger et aux pompiers. La tonne et les déchaumeurs de la cuma vont sur place pour soutenir les pompiers. Le feu ne se propagera ni aux parcelles mitoyennes, ni au bois d’à côté.
Autour du 11 juillet 2026, deux incendies se déclarent à deux jours et quinze kilomètres d’intervalles sur les communes de Daumeray et de Champigné. En 2022, la cuma du Rodiveau avait déjà été de ces nombreux renforts à se déplacer sur l’incendie de Baugé. Elle s’est naturellement mobilisée à nouveau. Plusieurs adhérents se sont relayés pour amener des tonnes à eau sur les lieux et arroser les bordures de champs et de routes afin de réduire les risques de propagation.
« Il devient nécessaire de créer des procédures pour que notre aide soit plus efficace »
Mais pour Benoît Sénéchal, trésorier de la cuma, il reste beaucoup de choses à construire au niveau local pour faciliter la coopération entre les SDIS et les agriculteurs, et notamment les cuma.
« Maintenant que les risques d’incendies deviennent de plus en plus importants, il devient nécessaire de créer des procédures pour que l’aide que nous apportons aux services d’incendies soit la plus efficace possible. Il faudrait que dès cet hiver, on puisse organiser des rencontres entre nos structures pour recenser les ressources, désigner des référents, mettre en place des procédures et des formations, etc. Aujourd’hui, c’est très simple de faire des modifications sur les tonnes agricoles pour pouvoir les raccorder aux camions de pompier, mais l’organisation et l’intervention sur des zones où des incendies sont en cours, ça ne s’invente pas ! »
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